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mardi 3 décembre 2013

Garderie, cloître, prison : l'école galvaudée

Ah, le fameux rapport Pisa, ça fait deux jours qu'on en parle.
La droite accuse la gauche, la gauche accuse la droite et bien entendu, les professeurs, comme à leur habitude, les parents.
Soit dit en passant, les dits parents sont aussi sortis des mêmes écoles.
Enfin, il parait que c'était mieux avant...

Faut arrêter un peu : tous les ans, quand votre gosse reprend l' école, vous avez droit au fameux questionnaire : l'adresse, le téléphone, bon,ça se comprend.
Puis le numéro de sécu, les assurances, les vaccins,comme si on amenait les chevaux ou les chiens au chenil.
Et bien entendu, il faut signer le fameux règlement intérieur...

On ne demande pas quels sont les centres d'intérêt des enfants, leurs goûts, leur passion, non ça, ils s' en fichent. Tout ce qu'ils veulent, c'est alimenter un fichier, dont on sait pas à quoi il sert, à part fliquer et coûter du pognon, parce que de toutes manières, il existe encore un livret secret qui suit les gamins comme un casier judiciaire.

Et quand nos têtes blondes arrivent dans l' établissement, c'est interdiction sur interdiction, ne pas aller là, ne pas faire ça...etc...on,parque les gosses comme dans une garderie géante. Surtout qu'ils ne dérangent pas, aucun encadrement réel, les pions étant professionnels précaires, le courant de sympathie qui existait, ainsi que le rôle crucial d'intermédiaire est réduit à néant, les surveillants étant devenus de vrais matons. CDI et infirmeries sont des lieux rationnés et la complicité qui pouvait exister dans ces lieux entre l' adulte et l' ado a disparu aussi.
L' école est devenu un lieu austère, où seul l' administration semble régner, imposant son obsession de tout vouloir contrôler, en premier lieu les absences,les retards qui se transforment en absences au bout de 5 minutes, quand vous recevez les lettres, vous vous demandez si votre gosse sèche les cours, alors qu'il était simplement aux toilettes.
Comment voulez-vous qu' on ait envie d'aller apprendre à l' école?
La cantine : souvent moins d' une demi-heure pour manger, sur des tables dégueulasses, avec une nourriture franchement peu appétissante, des agents qui servent les plats dans une mauvaise humeur et un manque de respect évident. Mais on a pris leur empreinte afin de contrôler qui mange.
Les toilettes : à vomir, pas de papier, le savon, faut pas en parler.
Les salles chauffées au minimum, les gymnases pas du tout,des douches hors service.

Alors, oui, les gamins se regroupent dans leur monde, et deviennent hermétiques au plaisir d' apprendre. Si les parents n'ont pas les moyens de surveiller et de les soutenir au niveau scolaire, il est très facile, malgré des CPE, des directeurs et certains profs qui peuvent être exceptionnels, qu' un enfant décroche.
Et je ne parle pas des climats délétères qui peuvent amener du harcèlement et de la violence.

Et en fait, si on parle en plus des programmes et du niveau pédagogique, mon billet va être interminable...
Juste ça, c'est déjà édifiant, non ?

Et c'est ce que supportent vos gamins au quotidien, en général, au 21ème siècle.



6 commentaires:

  1. Réponses
    1. Je le suis, tu sais théoriquement dans 2 ans maximum ma fille a fini le lycée. Simplement, c'est vrai que le manque de moyens a détérioré les conditions de travail de nos gamins. Et on évite trop souvent de parler de ça. Si tu travaillais dans ta boite dans cette ambiance et dans ces conditions, je crois que tu changerais de boite ou les salariés se mobiliseraient. L' inspection du travail fermerait les locaux.
      Par contre, au niveau de ce que Peillon a fait au primaire, je trouve ça bien. L' école est aussi un lieu de vie.

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  2. L'école n'est que le reflet de ce qui se passe dans la société toute entière.
    Ministres, enseignants, parents , tous responsables et coupables en même temps.

    Autrefois les interdits étaient beaucoup plus forts qu'aujourd'hui. J'ai été enseignant dans des établissements où les élèves de différentes classes ne se mélangeaient pas pendant la récréation.
    Une ligne jaune délimitait leur cour et si par malheur l'un d'entre eux passait la ligne il était immédiatement rappelé à l'ordre par un coup de sifflet du directeur.
    Les mains étaient examinées avant d'entrer en classe, pas de chewin-gum, pas de signe apparent d'appartenance à une quelconque religion, pas de graffitis sur les blouses ou les blousons, pas d'autocollants sur les cartables.
    Les cours de récréation étaient surveillées par les enseignants eux-mêmes. Il m'est même arrivé bien souvent de surveiller également les enfants à la cantine ( sans rémunération spéciale)

    Pas de chahut, et le devoir de lever la main pour parler . pas de manque d'irrespect sinon c'était la "colle" ou la visite à la direction.
    Les devoirs étaient contrôlés, les mots devaient revenir signés par les parents, etc...etc...
    Ce n'était pas obéir pour obéir, c'était juste l'apprentissage du respect de soi et des autres.
    Et on n'en est pas morts, on a appris à lire , à écrire et à réfléchir . Et les parents n'avaient pas plus de temps ou de moyens qu'aujourd'hui.
    Leur rôle était d'éduquer leurs enfants, celui des enseignants était de leur enseigner le savoir ou encore "apprendre à apprendre". Aujourd'hui les rôles sont largement mélangés ( avec Internet on croit tout savoir) .
    Alors je ne sais pas si c'était mieux avant , mais tout ce que je sais c'est quand un enfant était repris même durement par l'instituteur , il n'avait pas le lendemain une horde de parents déchaînés venir lui casser la figure.
    parallèlement s'il lui arrivait de faire des erreurs il le signalait aussitôt aux enfants ou même aux parents.
    C'était le respect mutuel, on ne cherchait pas le bouc-émissaire pour cacher ses propres limites ou ses propres manquements.
    Il n'y avait peut-être pas non plus des ministres qui cherchaient à se faire un nom avec une loi débile ou un gadget éducatif.
    Et pourtant c'était le même "mammouth" qu'aujourd'hui, peut-être même encre plus gros.

    Bref, je connais des écoles rurales qui fonctionnent encore à peu près comme autrefois et crois moi, l'ambiance est tout sauf exécrable , c'est au moment des fêtes de fin d'année qu'on le voit .

    La grande différence c'est qu'aujourd'hui on doit encore plus faire de la place à des cultures et à des classes sociales très différentes et très hétérogènes, à des spécificités dont tout le monde se réclame, et il y en a autant qu'il y a de parents .

    L'école de la République est certainement à repenser mais ce n'est pas en râlant chacun dans son coin que ça va s'arranger .

    Sarkozy avait dit en 2007 ( discours de Latran) ""Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur " . C'est en supprimant des enseignants et des moyens qu'il a mis sa devise en pratique! Quand on veut tuer son chien....
    .
    La casse des services publics qu'il a engagée a permis à beaucoup de dire, "vous voyez bien que le public c'est pire que le privé" et beaucoup applaudissaient parmi les "'élites" ! Comme quoi même les grandes écoles d'hier ne menaient pas toujours à grand chose .
    Mais ça c'était avant...aujourd'hui c'est encore pire.
    Bonne journée "cool" Rosa. pas de panique, ta fille est en de bonnes mains, elle s'en sortira plus forte :)

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    Réponses
    1. "Mais ça c'était avant...aujourd'hui c'est peut-être moins pire, enfin espérons-le ". J'avais corrigé mais pas enregistré avant d'envoyer. 1000 excuses .

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