Utopie

L'utopie n'est pas un luxe, c'est une nécessité.

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mardi 19 avril 2016

Citation de Huxley concernant aussi la philosophie

"Et j'ai à peine besoin d'ajouter que ce que nous appelons connaissance est simplement une autre forme de l'Ignorance - hautement organisée, bien entendu, et éminemment scientifique, mais pour cette raison même d'autant plus complète, d'autant plus productrice de singes irascibles. Quand l'Ignorance était simplement l'ignorance, nous étions les équivalents des lémuriens, des ouistitis et des singes hurleurs. Aujourd'hui, grâce à cette Ignorance supérieur qui est notre connaissance, la taille de l'homme s'est accrue dans une telle mesure que le moindre d'entre nous est maintenant un babouin, le plus grand orang-outan, ou même, s'il prend rang de Sauveur de la société, un authentique Gorille."

Temps Futurs, 1949

vendredi 28 juin 2013

Billet musical pour qui a oublié de vivre

Il est devenu évident pour tous que notre société est en mutation, en évolution, et que de ce réajustement, ne finit pas de se produire des crises au niveau local, car notre société est devenue mondiale, fait le tour du Monde, le Monde est chez nous mais nous oublions qu'il est aussi à nos pieds, maintenant, sur le net, à la télévision et d'un coup d'ailes d'avion, ou sur le rail de la vie, ou de la plus petite voiture...

Nous ne pouvons dénier ce fait, à moins de nous perdre dans la morbidité d'une pensée réactionnaire à rebours d'une évolution qui a commencé réellement lorsque l'OPEP, se créant, a provoqué les premiers réajustements qu'on a appelé les chocs pétroliers.

Nous avons manqué le coche dans les années 80, malgré la chute du Mur de Berlin, car la seule réponse que nous avons eu a été la première Guerre du Golfe. Le ver était dans le fruit, et c'est de là que commencent réellement les  attaques de notre finance devenue folle, d'abord en Asie contre les nouvelles économies émergentes, puis se retournant contre nous.

Et nous oublions de vivre, de profiter, d'innover, de penser à de nouvelles perspectives afin d'avoir cet avenir commun qui est notre futur, dans ce Monde qui est tout autant à nous qu'à un autre, tant qu'il s'offre à nous et qu'on ne le vole plus.

Un jeune espère toujours au début de sa vie, le Monde est à lui, la vie est à lui, à elle, tout est possible et trop souvent, nous nous faisons engluer dans ce pessimisme ambiant de vieillard aigri qui croit que le meilleur est passé depuis longtemps.

Je vous laisse écouter cette chanson de DJ Antoine, Bella Vita, qui montre tous les plus beaux endroits du Monde, dont la plus belle ville de celle-ci, Paris. Rien que pour cela, oui, la vie est belle.



Extraits choisis traduits:
(...)
C'est une belle vie, alors gardez-là dans votre coeur,
cette bella vita.
Qu'importe qui vous êtes
(...)
Je me fiche de qui tu es,
Le Monde est à tes pieds
(...)
Faites-vous plaisir, détachez-vous de tout,
Gardons cela dans notre cœur et soyez libres
(...)
Ne pas payer pour ce qu'on ne veut pas, nous sommes libres
Juste prendre le temps,  lâcher prise,
Laissons l'histoire se dérouler éternellement
Lever son verre et savourer la fête.

La bella vita,
C'est une vie merveilleuse.

mardi 25 juin 2013

Skinheads et convertis radicaux: double face de la misère

L'ennemi vient de l'intérieur, trop souvent. Je suis sur mon Nokia, il n'y aura pas de liens mais il suffit d'allumer la télévision: on a arrêté un groupe de jeunes suspecté de fomenter des attentats dans un but de combat terroriste en liaison avec l'Islam radical.
Ces jeunes viennent des cités, à ce qu'il paraitrait. Ils ont un passé de délinquant tristement banal, suspectés de braquage dont un enlèvement d'une femme enceinte: sordide et lâche. Une partie de ceux-ci sont des français convertis.
Ce qui me frappe, c'est cette dérive rapide vers le salafisme violent, ce qui rappelle un Merah. Des jeunes ne se reconnaissent pas dans notre modèle social et politique, ne sont pas intégrés et nous menacent.
De toute manière, nous en sommes responsables: à présenter l'Islam comme une monstruosité, alors que le salafisme radical dangereux n'est qu'une minorité, comment voulez-vous que ces jeunes chiens perdus sans collier fassent la différence? En d'autres temps, ils auraient fait partie de la bande à Bader, des Brigades Rouges,d'Action Directe, des anarchistes du XIXème siècle...faut dire qu'on a beaucoup médit sur l'extrême-gauche aussi, dans le temps.
Aujourd'hui, heureusement, aucun riche ne se fait égorger pour la "cause" trotskiste en sortie du palace. Aucune femme bourgoise ne se fait agressée par l'extrême-gauche.
Woerth, ce matin, a parlé d'une France malsaine qui détestait les Riches...lui, s'il avait aimé un peu plus les pauvres...mais Woerth a l'habitude de sortir des conneries.

En fait, certains semblent se convertir au fondamentalisme musulman intégriste comme certains se convertissent au fondamentalisme identitaire culturel...les skins sont des petits délinquants, sont aussi en rupture scolaire, rouillent en bas des banlieues périurbaines déculturées comme d'autres rouillent en bas des grands ensembles des quartiers, mais le climat y est aussi miséreux. Une misère intellectuelle et sociale y est aussi prégnante dans les deux cas.

Et tous ces jeunes se transforment en armes contre notre société, en potentielles grenades, en tueurs dormants.

Ce sont les deux faces de la misère.

Comment faire en sorte de changer les choses, à ce niveau? Sans doute cela demande des moyens, une refonte de l'école, un meilleur encadrement des jeunes au niveau de la formation, faire la chasse aux déserts culturels, médicaux, administratifs, logistiques...un sacré chantier...

Mais cela n'est pas le ressort de l'Intérieur et de la Justice, cela, ni celui de la sécurité nationale. Quand on en arrive-là, c'est qu'on a échoué. La société et les politiques ont échoué.

Je veux juste rappeler les paroles de Hollande: "Ce quiniquennat sera celui de la Jeunesse"
Quand vous voulez, Monsieur le Président, quand vous voulez.
Il ne reste que 4 ans.

Billet anti-crise de journée occupée

Demain, quand vous me lirez, car j'écris ce billet la veille, je serai occupée, très occupée.
Comme j'ai du lâcher mon blog en novembre un moment pour cause d'emploi du temps très chargé et que je vous ai promis de ne pas recommencer, enfin si je peux, je prépare donc ce billet pour ce jour de mardi.

Je n'ai pas été très gentille ces derniers temps, avec l'actualité. Il faut savoir que si on la commente sans aucun recul, soit on se suicide, soit on va chercher chez la junk de la famille(on en a toujours une ou un qui planque ses lexomils ou son whisky garantie bouffeurs de neurones) sa camisole chimique. Ou alors, comme une abstinente que je suis, on en rit un peu, beaucoup. C'est toujours mieux de relativiser, ça aide.

Enfin, comme je n'ai guère été tendre avec nous-même, je vais donner des pistes et des trucs afin de se dire que la vie, même avec une France en crise, avec 5 millions de chômeurs, une consommation en berne, des usines qui ferment, une bourse qui va toujours mal, cette vie n'est pas si mal.

-astuce numéro une: écouter un album qui donne la pêche, ou la radio des blogueurs, en bas de mon blog, à droite. La musique adoucit les moeurs et fait du bien à la tête. Tiens, j'ai revu cet excellent documentaire sur France 0 au sujet du Cirque du Soleil et de la tournée consacrée à Michael Jackson. Mais vous êtes libre de votre choix. J'aime bien Guershwin aussi, ou ce cher Satch, tout autant que Georges Michael, Chopin. Enfin, trouvez votre musique fétiche.

-astuce numéro 2: faire du sport, de la gym, se promener, bouger ses fesses, en fait. Cela fait circuler le sang, stimule les endorphines, ensuite avec une bonne douche, ça fait du bien, ça aère la tête.

-astuce numéro 3: dites à vos proches que vous les aimez, c'est gratuit et ça paie plus qu'une inscription aux réseaux sociaux.
Autre variante: saluez vos amis des réseaux sociaux et dites-leur aussi que vous les appréciez.

-astuce numéro 4: ne vous prenez pas la tête avec vos soucis, de toute manière, que vous vous rongiez les sangs ou pas, ça ne va rien changer à votre vie. Autant positiver, on n'a qu'une vie, et soit on en profite, soit on tourne en rond comme un hamster dans sa roue, et puis, des fois, on vire réac, et on finit mal, pire on termine en votant FN... La déchéance...ok, je plaisante quoi que...

-astuce numéro 5: mettez-vous aux vide-greniers, allez dans les marchés, ça fait bosser des gens qui sont loin d'être des feignants, chinez, traquez les occasions, en plus vous recyclez. Ne cédez pas aux envies du machin high tech à la mode. Soyez responsables quand vous consommez, et au moins, si vous ne devenez pas riches, vous serez moins pauvre.

-astuce numéro 6: mettez-vous à la cuisine et remballez les surgelés plein de viande de cheval, faites-vous des omelettes avec des tomates fraiches, des poivrons, des oignons et des herbes, au lieu de décongeler un hachis parmentier avec 8% de viande et le reste dont on sait pas ce que c'est. Mangez des oranges, c'est bon pour le moral n'oubliez pas de boire de l'eau, aussi, on ne le sait pas, mais avant on en buvait, du temps d'avant les sodas, bières, et autres...n'oubliez pas les produits laitiers, les bons fromages qui puent, la vraie charcuterie de qualité. En plus, on fait tourner l'économie locale aussi.

-astuce numéro 7: regardez le ciel et la nature, c'est beau et c'est gratuit. Si vous habitez en ville, pensez aux parc, aux jardins, il y en a toujours dans les parages, même en prenant le bus.

-astuce numéro 8: privilégiez la qualité de vie au salaire élevé, si vous avez le choix. Si vous n'avez pas un gros salaire, dites-vous que certains s'empoisonnent en travaillant trop et perdent leur famille, avec l'obsession de la richesse. Dites-vous simplement qu'il y a toujours plus riche mais aussi plus malheureux que vous.

-astuce numéro 9: de temps en temps, lâchez les actualités, la télé et le web pour un bon bouquin

Voilà, en espérant vous avoir distrait un peu et changé les idées.
Et vous, c'est quoi, vos trucs anti-déprime et anti-crise?

Je tague Nicolas , Juan , Bab, afin de savoir quels sont leurs astuces afin de garder la pêche et le moral

dimanche 16 juin 2013

Les mensonges dans le blogging politique

Tout le monde ment plus ou moins. Les hommes politiques mentent très souvent mais on appelle ça les promesses non tenues. C'est du langage politiquement correct. Seulement, ça lasse, à force.
Tout le monde ment plus ou moins dans sa vie quotidienne, parfois ce sont de petits mensonges anodins, comme lorsqu'on explique un retard, on n'a pas envie de fournir des explications. Quand on est malade, on dit qu'on va bien, on ne veut pas inquiéter les gens.
Ensuite, le mieux est quand même de ne pas mentir.
En politique, nous ne sommes pas des élus, nous n'avons rien à promettre, que nos convictions. Nous n'avons normalement pas intérêt à mentir. Comme dit précédemment, quand les gens s'en rendent compte, c'est là que le couperet tombe.

Il y a deux sortes de manière de mentir: soit cacher la vérité, en la travestissant, en la tordant, soit en s'auto-persuadant qu'on dit la vérité, cette dernière raison est la plus trompeuse. Si vous êtes dans la réalité, vous ne trouverez pas de signes physiques ni de discours incohérent: l'imposteur vit ce qu'il dit, c'est un vrai acteur. Les escrocs pratiquent cette méthode, les mythomanes aussi. D'ailleurs, on a souvent la critique du politique assimilé à un escroc qui revient souvent.

C'est en écoutant la personne qu'on se rend compte à de petites variations dans la voix, des hésitations, des répétitions lourdes. Par exemple, je sais quand mes gosses me mentent, ils ont une expression assez caractéristique.
Tiens, Marine Le Pen ne croit pas à ce qu'elle dit. Mélenchon, si.
Après, croire à ce qu'on dit n'en fait pas la vérité non plus. On peut donc mentir sans le savoir.

Examinons Internet: c'est là que ça devient intéressant. Comment savoir si celui qui écrit ment?
On ne peut que vérifier et corroborer ses dires, ensuite, pour savoir si la personne est sincère...c'est une autre paire de manche.
Un truc que j'ai observé: si la personne n'a aucun intérêt à écrire ce qu'elle écrit, c'est un point positif. Si elle soutient l'action de quelqu'un et qu'elle le critique quand même, c'est aussi positif. Si elle privilégie les faits et ne cherche pas à embrouiller à ce sujet, c'est aussi bien.
Si elle flatte de manière démesurée les gens aves qui elle discute, c'est un mauvais signe. C'est le signe d'une manipulation mentale.

Non, pas évident de discerner les gens sincères des autres.
Moi, j'observe et je réfléchis.
Quand on ment, on finit toujours pas être incohérent. Il suffit d'attendre.

La sincérité n'est pas gage de vérité non plus. Seuls les faits le sont.

En politique, le mensonge ne paye jamais de toute manière.

jeudi 13 juin 2013

Pause musicale : behind blue eyes, the Who

Cette chanson est belle, cette chanson est cruelle, elle ne semble pas dire grand chose mais dit aussi tellement. Née dans les années 70, d'une jeunesse rebelle, déjà semblant engloutie par la vacuité des sens, la vacuité des idées, le désespoir de vivre dans une monde qui vacille déjà.
Rien de bien nouveau : un endroit où l'on vit qui n'est pas adapté à certains, où les sentiments valsent entre haine, amour et solitude, des repères qui n'existent plus, face à un changement qui s'amorce et qu'on refuse, ou qui fait les grandes révoltes de paille, les grandes contestations des futurs dirigeants des conseils d'administration, en fait, ceux qui ont voulu remplacer leurs pairs plus âgés...tristesse, noirceur, derrière des yeux bleus...en 1971.
Et restent sur le carreau, ici comme avant les jeunes condamnés à s'accrocher à des rêves vides de conscience, n'ayant pas été aimés ou aidés, ne sachant que haïr, et ressentir cette sourde colère destructrice qu'on exploite encore....alors qu'ils n'attendent qu'une chose: qu'on soit humain.

Behind Blue Eyes



Personne ne s'intéresse à ce que ça fait
D'être le mauvais gars
D'être un type déplorable
Derrière des yeux bleus

Tout le monde se fiche de ce que ça fait
d'être détesté
D'être celui qui est destiné
À   ne dire que des mensonges qu'on ne croie pas

Mais mes rêves
Ils ne sont pas aussi vide
 que ma conscience semble l'être

Des heures, seul et  solitaire
Mon amour est vengeance

Ce n'est jamais gratuit 

Personne ne sait ce que ça fait 
de ressentir de tels sentiments
Comme je les ressens
Et je vous en veux

Aucun ne mord aussi fort en retour
envers leur rage.
Et rien de ma souffrance et de ma peine
ne se montre à travers.

Mais mes rêves ne sont pas aussi vides
Que ma conscience parait l'être

Des heures, seulement solitaire
Mon amour est vengeance
Ce n'est jamais gratuit


Quand mes poings vont se fermer, ouvre-les pour les dissocier
Avant que je ne m'en serve et que je perde mon calme
Si je dessine un rictus, parle-moi de mauvaises nouvelles
Avant que je ne rie et agisse comme un fou

Si j'avale quoi que ce soit du Malin
Mets tes doigts au fond de ma gorge
Si je frissonne, s'il te plait, donne-moi une couverture
Tiens-moi chaud, donne-moi ton manteau

Personne ne se met à la place 
Du mauvais gars
Du sale type
Derrière ses yeux bleus


Deuxième décennie du 21ème siècle: Limp Bizkit chante la même rage, la même impuissance et la même haine qui cache le désespoir derrière des yeux bleus: 
Que deviennent ces enfants voués à la haine?
Des Skins? Des Racailles?  Des SDF? Des Marginaux? Où est la limite, où est la compassion, où est le monde qu'on leur construit?




 

mercredi 12 juin 2013

La midinette qui sommeille en chacun et chacune

Ce soir, juste envie de parler d'un sujet futile, pour changer: la midinette qui sommeille en chacun de nous.
Celle qui fait qu'on trouve un bébé, un paysage, son chat ou son chien,un demi de bière, un iphone, une gerbe de fleurs, une voiture mignonne...
Celle qui fait qu'on est content de voir un retweet ou un partage d'article, et qu'un lecteur vous dit que ce que vous faites, c'est bien.
Celle qui fait que vous croirez toujours à la fin du racisme et de la faim dans le monde ou du triomphe du christianisme, et du revival de la musique de chambre élisabétaine, du retour de vrais programmes culturels non payant, de l'anonymat du web, des retraites en 2050, de l'éradication des maladies et d'un Grand Prix de France, de la perfection de l'orthographe régnant sur le web, du retour de la croissance avant la fin du mandat, du retour de Nicolas Sarkozy, de l'ère de la croissance verte, de la suprématie de la littérature française, du chômage de certains animateurs télés, de la condamnation de la corrida...et autres espoirs inavouables ou parfois peu recommandable ou porteurs de rêves...de tout bord ou de tout milieu, chaque femme ou homme a un coeur de midinette parfois, qui sommeille et qui va pleurer intérieurement ou extérieurement en laissant son émotion l'envahir...

Celui qui pleure devant la recette parfaite et le meilleur café. Celle qui pleure devant le bruit ultime d'une Lamborghini Diablo qui rugit, ou la carosserie parfaite d'une Jaguar Type E, devant la télévision en voyant une fin heureuse...

Souvent, nous sommes des midinettes, surtout nous les blogueurs, surtout les blogueurs politiques car si nous avions un coeur dur et racorni, nous n'écririons pas autant de billets sur des thèmes aussi différents, avec autant de passion, et d'ironie aussi.

Alors laissons encore parler la midinette qui sommeille en chacun de nous! Soyons optimistes et quoi qui vous tienne à coeur,je vous souhaite que cela arrive, enfin surtout à ceux qui partagent les mêmes élans de midinette. Faut pas pousser non plus ;-)

lundi 10 juin 2013

Nation: cette notion qu'il est urgent de se réapproprier

Mon dernier billet partageait la lettre du cousin de Clément Meric sur ce titre: Le Nationalisme et la Division tuent notre Nation.
Hier, j'ai hésité: hésité à commenter et à réfléchir dessus ou à la communiquer sans commentaires. J'ai finalement pris la dernière option.

C'est la douleur d'un proche qui s'exprime, et j'ai décidé de la laisser brut de commentaires, car elle mérite à ce titre de lui laisser toute sa place dans un billet.

Il y a pourtant plusieurs constats dans cette lettre qui sont vrais, vrais parce que sincères, sortis de la douleur  d'un proche qui a perdu quelqu'un de sa famille et qui accuse.
Il n'accuse même pas les troisièmes couteaux: skins, groupuscules et factions. Il n'en veut même pas à celui qui a porté le coup fatal, qui n'est d'ailleurs pas accusé d'assassinat mais d'homicide involontaire (coups et blessures ayant entrainé la mort), ce que j'appelle un meurtre, un crime. De celui-là, il dit que sa vie est gâchée, alors que ceux qui ont décomplexé son attitude et provoqué son geste, en le désinhibant, sont dehors et ne seront pas inquiétés: Il parle des médias, des politiques, de ceux qui tirent profit de la division qui  nous ronge en ayant mis des barrières: entre les beaux quartiers et les banlieues difficiles, entre les sans-papiers et les citoyens légitimes, entre les arabes et les occidentaux etc...
Il ne croit pas que Serge Ayoub soit dans le même cas, à ceci près je diverge, car il n'est pas une victime, il a profité de son ascendant pour se faire sa cour, comme les autres.
Car les nationalistes racistes sont peut-être des petites gens, mais leurs chefs sont riches et vivent dans ces beaux quartiers.

Justement, qu'est-ce qu'une Nation, celle qu'un franco-libanais gourou d'un jeune d'origine espagnole, voudraient soit-disant défendre à tout prix contre un certain péril?
C'est quoi la Nation, c'est quoi la Nation Française?

En regardant l'étymologie, c'est issu du terme latin nacio: ceux qui sont nés. Cela ne dit pas l'origine des parents ou même la culture. Cela dit que c'est une population qui vit sur un territoire dans lequel elle est née.

Ensuite, on a utilisé le terme nation chrétienne contre la nation païenne, en opposition.
C'est donc assez flou. La Fontaine utilise le terme nation comme on utiliserait maintenant l'espèce, dans ses fables, sur les animaux.
Ensuite, on a estimé que cela englobait ceux qui vivaient dans un état, avec des frontières, régi par des règles politiques communes.

Maintenant, c'est devenu un peu différent. Les Nationalistes ont kidnappé la Nation, à tel point qu'on ne sait même plus ce qu'est cette Nation, c'est devenu flou, fourre-tout, là où on met n'importe quoi.

En fait, qu'est-ce qu'une Nation?
Une population, un peuple? C'est fort possible, oui. La Nation française admet que tout citoyen fait partie d'elle, celui qui a sa carte d'identité, quelle que soit son origine et sa religion. Ainsi, on a donné aux Juifs la nationalité française, ce dont ils étaient privés auparavant, injustement, des parias tout juste tolérés dans la Royauté.
Une langue commune? Oui, maintenant. Mais durant des années, les patois régionaux avaient droit de cité, ce qui n'empêchait pas les différentes régions de se sentir Français et d'être attachés à la Nation.
Une culture commune? Encore faudrait-il définir ce qu'est la culture française...Nombre s'y sont attaqués et personne n'a vraiment réussi à définir toutes ses composantes: car manger une choucroute ou une bouillabaisse ne dérange absolument pas un breton, quand ces deux-là sont bien faits.
Nous avons le béret basque comme symbole national que nous avons d'ailleurs imposé comme cliché international dans tant d'esprits non nationaux. Notre marque la plus prestigieuse en automobile est possédée par une firme allemande, née d'un immigré italien, Bugatti, et fabriquée dans l'Alsace qu'il aimait tant.
Et des exemples comme cela, il y en a tant...

La religion? Mais un de nos hommes politiques les plus brillants, Pierre Mendès France était Juif, ainsi que Léon Blum,  le sont aussi un Moscovisci ou un Copé, diamétralement opposés, d'ailleurs.
La République, notre institution qui nous gouverne prône la laïcité.

Qu'est-ce qu'une nation et plus précisément la Nation Française? Si elle est en danger, on parle d'union nationale, notre armée est composée de tout le monde, Merah a tué d'ailleurs deux maghrébins, un musulman, un chrétien et handicapé lourdement un troisième qui venait des îles.

Un mode de vie? Il faudrait aussi le définir. Une sexualité? Heureusement, certains"nationalistes" n'ont pas encore tous franchi ce pas ignominieux de demander à interdire l'homosexualité, pour cause de "traîtrise" à la Nation.


Le respect des institutions et des acteurs qui les représentent? Mais alors combien de ceux qui attaquent les gendarmes, les policiers, les CRS (se rappeler des dernières manifs pour tous), ceux de nos politiques qui fraudent, ceux qui, à corps et à cris, justifient leurs exil fiscal par des actes de "résistance"....ceux qui refusent de marier des couples homosexuels, en quoi font-il partie plus de la Nation que ceux qui croupissent en prison pour délinquance, ceux qui sont jugés pour leur faciès, pour leur habillement, pour toute autre chose même aussi anodine que se tenir la main?

Ceux qui divisent, dressent les Français les uns contre les autres, instillent la haine, la rancœur, ceux-là font-ils de notre Nation une grande Nation?

Je vous remets ici la devise originelle de notre République:

Liberté, Égalité, Fraternité 
Unité et Indivisibilité de la République
ou la Mort.

Elle est à droite, sur le blog.
Ce n'est pas une alternative: Non, la Nation n'a rien de nationaliste, non, elle est à nous, il est urgent que nous nous la réapproprions. Ceux qui divisent la salissent et la condamnent à la mort par asphyxie.
Aussi, il ne faut ostraciser personne, même ceux dont on aurait envie de les claquemurer dans le monde enchanté des réacs.
C'est de vraie réconciliation dont nous avons besoin aussi, de Fraternité, de compréhension mutuelle, d'arrêter d'avoir peur et d'avancer ensemble. Les politiques doivent le savoir.

Je mets ici en illustration une affiche du CCIF qui avait fait hurler Ivan Rioufol, et qui lui a fait perdre le peu de raison qu'il avait, ce qui lui a valu d'être convoqué par la police judiciaire: voir en lien chez Cpolitweets ici.
Elle se légende ainsi:

NOUS SOMMES LA NATION



Oui, Nous sommes la Nation : les clochards, SDF, petits, grands, pauvres, riches, des banlieues pourries, des campagnes profondes, des faubourgs, des beaux quartiers, Nous sommes la Nation, "blancs, noirs, gris, jaunes", homos, hétéro, trans, gay, bi, et lesbiennes, les "de souche" et les "d'origine", catholiques, musulmans, juifs, bouddhistes, témoins de Jéhovah, protestants etc...et athées,  Nous sommes tous la Nation. Elle est à nous, nous l'aimons.
En fait, la Nation Française, c'est celle pour qui nous savons que nous allons mourir s'il le faut pour la défendre.C'est loin de la peau de chagrin des nationalistes...c'est très loin...


samedi 8 juin 2013

Les bébés, les couleurs et le genre (suite)

Je vais encore faire dans la polémique...c'est encore cette fameuse théorie, oups, ces fameuses études du genre qui nous mènent à un débat. Faut dire que Nicolas a essayé d'expliquer les études du genre ou les gender studies à une catégorie de personnes rétrogrades qu'il nomme les réacs.
J'ai donc repris la terminologie de réac dans un article court, en expliquant que, selon moi, je ne voyais pas trop comment expliquer ces études, qui sont mal connues en France du grand public à des gens rétifs au progrès, d'un esprit très fermé aux nouveautés, pour employer un euphémisme et je finissais sur une touche d'humour.
Ensuite, en commentaire, Ys, une de mes commentatrices régulières, avec qui je ne suis pas toujours d'accord, c'est clair, a voulu m'expliquer la chose: la théorie du genre.
En tant que théorie, ou études, je n'ai, à mon avis, rien lu dans les gender studies, qui révolutionne le concept sociologique, à part des lieux communs que tout le monde connait, et des thèses qui me semblent par trop obscures pour le commun des mortels.
Mais encore une fois, c'est mon avis, pas une vérité.
En plus, la théorie du genre existe bien, voire Les théories du genre, ce n'est pas un gros mot, une théorie, pour moi, il me semble et en anglais, la langue est tellement différente, qu'il existe une polysémie énorme pour un seul mot. En fait, un mot a plusieurs sens et theory a aussi le même sens que celui que nous employons en français. Mais c'est une théorie, pas une idéologie. Elle offre donc la possibilité que des gouvernants puissent s'appuyer sur les travaux développés afin d'influer sur la société, dans un sens positif ou négatif.

Elody reprend mon billet en s'interrogeant sur les commentaires laconiques que j'ai posté:
-il n'y a rien de concret, pour moi, qui puisse convaincre réellement le plus grand nombre et encore moins les réacs qui sont franchement obtus, pour une partie, aux idées novatrices.
Je suis désolée, Elody, d'avoir simplifié mes réponses, c'est vrai que dit comme cela, c'est réducteur.
Je vais donc m'expliquer:
Évidemment que la culture influe sur nos représentations du genre masculin ou féminin. Mais ce n'est pas nouveau, pour moi.
Nicolas reprend l'idée pour expliquer simplement le fait que nous mettons les bébés en bleu pour les garçons et en rose pour les filles: mais comment les autres reconnaissent le sexe d'un bébé dans sa grenouillère sinon? On a donc décidé arbitrairement des couleurs, après, franchement, comme le choix se porte selon les parents, et très souvent la mère, qui a un lien privilégié, avec les bébés, dès la naissance...On peut donc expliquer ce choix par la prépondérance maternelle, et donc que faire? Interdire aux petites filles de préférer le rose, si jamais elles apprécient spontanément la couleur ou s'en foutre un peu, vu que les modes changent? Au début du 20ème siècle, les bébés avaient tous une robe blanche.
Il me semble, mais c'est sans doute possible que je me trompe, qu'on a décidé du rose pour les filles et du bleu pour les garçons au début des années 30. A noter que le rose était un symbole de virilité au Moyen-âge...
Selon le Smithsonian Magazine, les couleurs ont été choisies par les industriels selon un choix majoritaire de consommateurs dans les années 40.
Donc, l'histoire des couleurs et des bébés, ça ne nous amène pas à grand chose.

Je suis une mère et j'ai vu mes deux enfants évoluer, à deux années d'écart: ma fille a eu des jouets de fille et de garçons. Mon fils a joué avec les poupées de sa sœur. Il n'y a jamais eu de différences : nous avons toujours choisi les jouets selon leurs demandes, pas selon nos envies. Quand ma fille a demandé un avion et un 4X4, elle a eu un avion et un 4X4.
Il n'empêche qu'à 15 ans, elle a réclamé du maquillage, qui est parti dans la poubelle suite au fait qu'elle a séché des cours, et elle en a été plus affectée que le zéro en maths que le prof lui a attribué en représailles...Oui, le cours de math aussi, elle a séché, si vous êtes des fidèles de mon blog...
Il n'empêche qu'elle est plus préoccupée par son look que par ses notes.
La société, l'école, les médias, Internet, les copines l'ont formatée d'une certaine manière, oui.
Mais à 16 ans, bientôt, elle a du faire ses propres choix. Nous nous battons donc comme de gros cons de parents, à la militaire, afin de la faire bosser ses cours, en lui ayant retiré toute liberté superflue. J'en suis à lui faire du chantage à l'ordinateur afin qu'elle range sa chambre et fasse ses devoirs. Et ça marche!
Est-ce que les gender study vont amener quelque chose afin que ma fille soit moins obsédée par son apparence et les garçons et prenne plus au sérieux ses études, alors qu'on n'a fait aucune différence dans leur éducation, puisqu'ils ont 2 ans d'écart et qu'on n'est pas sexiste à la maison.
Seulement force est de constater, que par delà l'éducation, les influences extérieures, elle a sa propre personnalité aussi, en dehors du fait que c'est une jeune fille, elle a son identité et sa volonté, son libre-arbitre, même si, en tant qu'éducateur, il nous appartient de la guider au mieux afin qu'elle se réalise.

Voilà, on est au coeur de ce que je n'aime pas vraiment dans les gender studies.
Par delà notre culture, nos influences, nous développons notre individualité et notre propre personnalité.
Le fait que j'ai adoré joué à la poupée et détesté les petites voitures n'a pas fait de moi une accro au ménage, c'est même le  contraire. Mon compagnon, qu'on ne peut qualifier d’efféminé, est celui qui tient la maison en ordre.
Mon fils fait du repassage, ce qui est une exception, ma fille fait exactement comme le fils du voisin, elle prend sa lessive et ne la repasse jamais.

En fait, quand les gender studies prennent en compte les pratiques sexuelles afin de déterminer le genre, là, cela me dépasse, car j'avoue que cela n'a jamais fait une identité, ni un genre, pour moi, les pratiques sexuelles, mais c'est mon avis.
Les gender studies ne sont donc pas infaillibles, donc, il est donc très difficile de s'en servir comme d'un outil infaillible.Leur impact sur la société, en l'état, ne peut donc pas être vérifié et vérifiable, parce qu'on travaille ici sur un facteur qui a toujours été imprévisible : le facteur humain.
J'ai envie de vous envoyer lire l'excellent livre de Herbert: l'incident Jésus.

Si je puis me permettre, nous somme un incident, une suite d'incidents aléatoires. Toute systématisation de l'étude humaine l'oublie. Le genre n'en fait pas exception.

vendredi 7 juin 2013

Cette jeunesse qu'on sacrifie

A 15 ou 20 ans, peut-on dire qu'on est adulte et qu'on n'est pas vulnérable? A cet âge-là, est-on influençable? Il est clair que oui. Surtout dans notre société, qui offre encore un cadre très sécurisant pour nos enfants, au niveau du confort de vie et du fait que nous soyons en paix. Nulle guerre ou pauvreté extrême à tous les coins de rue. L'école couve nos poussins, même un peu trop, nous les couvons aussi beaucoup, certains pour leur donner tout ce qu'ils n'ont pas eu dans leur enfance, d'autres pour se débarrasser d'eux achètent leur manque de présence et de vigilance par des avantages matériels.
L'un se sacrifie pour la paire de jeans ou de chaussures de marques que veulent les enfants prodigues. D'autres, pour le dernier smartphones.
L'enfant ne se rend pas compte très souvent des privations que l'on consent pour lui.

Toujours est-il que nos jeunes vont affronter de plus en plus une société qui se durcit.
Et des adultes bien vissés dans le vie leur propose des alternatives, leur proposent de s'engager pour un monde meilleur, des idéaux.

Il y en a qui sont déboussolés par le décalage entre leur vie confortable d'enfant à la maison et ce qui les attend, une fois adultes.
Il y a ceux qui sont en rupture scolaire, l'école est une garderie géante, faute de moyens, ne s'en sortent pas tous diplomés de là. Loin s'en faut.
L'échec est patent pour beaucoup, que ce soit tôt ou quand on les lâche dans la nature à l'université.


Il arrive donc que des vautours leur tombent dessus, avec une vison fantasmée et quasi-magique du monde qui les entoure, et de comment résoudre leurs souci: ce ne sont pas eux, ce sont les autres le problème.

On les entraine, on les endoctrine, on leur distille la haine, en en faisant des petits soldats bien obéissants, chargés d'en découdre tandis que les chefs, qui ont la quarantaine ou la cinquantaine bien tapée, les envoient au casse-pipe.

Nos jeunes se déchirent et se battent . Les uns ont de meilleures raisons que les autres, soit. Les uns veulent changer le monde en le rendant meilleur pour tous, les autres pensent qu'ils sont menacés et combattent une menace.


Mais il demeure qu'un jeune de 20 ans a tué un autre de 19 ans, poussé par l'idéologie d'un espèce de gourou politique, qui reste bien à l'abri, et se fait interviewé, tandis que l'un est mort, et l'autre va sans doute croupir en prison.
L'un, tenant de la Nation, de la France aux Français, endoctriné, violent, d'origine espagnole, ayant sans doute choisi l'intégrisme politique pour se sentir chez lui ici, a tué un jeune qui défendait la France contre le péril brun, et les discours xénophobes et racistes que revendique le premier...

On marche sur la tête dans ce pays...

Le chômage des jeunes atteint des records: certains rodent afin de capturer les laissez-pour-compte, les lobotomiser, en faire de chiens haineux, des chiens de guerre et les lâcher contre des cibles.
Ma foi, avant, on avait les guerres pour résoudre ce problême...que voulez-vous, on fait avec ce qu'on a...

Les jeunes sont une source d'avenir pour les partis politiques de tout bord. On a besoin d'eux, non pas comme des troupes de choc guerrières, mais comme des regards neufs, du sang neuf, des idées neuves.
Au lieu de ça, des individus sans scrupulent pervertissent notre jeunesse en en faisant des tueurs: des Merah, des Esteban, des Alexandre... mais auparavant il y eut d'autres exemples d'autres bords. Le contexte a juste changé.

Je suis triste et en colère: Clément était un bébé quand j'ai eu mon premier enfant, son meurtier, Esteban, devait être un petit bonhomme qui courait partout en jouant.
Il y a deux victimes dans ce drame: l'un est devenu un symbole, l'autre est devenu un bourreau, un monstre, quoi que dira l'enquête, le mal est fait. Mais celui qui s'est présenté comme un grand Frère, un bienveillant chef, lui, il est assis tranquillement chez lui, il compte sa fortune, il est à l'aise et on l'interviewe...
Une chose pour terminer: Hitler n'a jamais tué aucun Juif de sa main, Franco n'a pas exécuté un républicain non plus lui-même, il me semble. Combien de leaders ont laissé les autres faire le sale boulot tranquillement...

Et nos jeunes tuent ou s'entretuent.

mercredi 5 juin 2013

Sodome, la Bible et les sodomites

Ezechiel 16-49 :  " Voici quel a été le crime de Sodome, ta soeur. Elle avait de l'orgueil, elle vivait dans l'abondance, et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles, et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l'indigent ."
source:
Jerémie 23-14 : "Mais dans les prophètes de Jérusalem, j'ai vu des choses horribles: ils sont adultères, ils marchent dans le mensonge, ils fortifient les mains des méchants, afin qu'aucun ne revienne de sa méchanceté; ils sont tout à mes yeux comme Sodome. Et les habitants de Jérusalem comme Gomorrhe."

Genèse 13-13: " Les habitants de Sodome étaient méchants et de grands pécheurs devant l'Eternel"

Voici quelques citations issues de la Bible, et pour qu'il n'y ait aucune équivoque, elles viennent de Judéopédia, directement d'un site juif, traduit du texte originel. Vous avez le lien ici. Toutes ces citations se réfèrent au mot Sodome.

C'est donc ainsi que les textes de la Torah nous décrivent les sodomites. Il est évident que cela ne s'arrête pas là, il est aussi dit dans la Genèse que, lorsque Lot accueille deux étrangers, les anges, les habitants de Sodome se précipitent et exigent d'abuser sexuellement d'eux. Lot leur propose en vain ses deux filles, s'il s'agit de violer quelqu'un, autant que ce soit des femmes....les habitants de Sodome refusent. Voilà en quoi ils sont d'autant plus coupables.
On voit ensuite que Lot se fait abuser par ses deux filles dont il a une descendance.

Je suis donc d'avis, moi, ici, dans ces interprétations, de voir dans la référence à Sodome une critique et une dénonciation d'une société injuste, mauvaise, et corrompue d'un point de vue social, et de laisser les pratiques homosexuelles de côté dans la condamnation des textes. Parce que sinon, c'est du grand n'importe quoi au niveau des textes. Il semblerait, de plus, que le viol y soit condamné plus ou moins durement selon les circonstances.
Faudrait donc franchement relativiser, selon moi, quand on se permet de donner des avis sur les textes religieux et ce que dit la religion en fonction de ceux-ci: cela est très souvent conditionné par le contexte.

Un autre exemple: dans le Lévitique, il est des condamnations diverses, de ne pas toucher une femme qui a ses règles, de ne pas semer deux semences différentes, et de sacrifier un animal si on a fait une faute. Là, aussi, si on abuse d'une femme esclave, c'est moins grave que d'une femme libre....Alors, la condamnation de l'homosexualité comme d'une abomination semble complétement décalée dans toutes ces informations que donne le Lévitique. On ne peut pas prendre un texte au pied de la lettre seulement quand cela nous arrange....

Alors, effectivement, je me suis basée sur la Bible issue de la  Torah et non sur les différents Talmud. Faut dire qu'une vie ne suffirait pas.Et que le judaïsme a de multiples courants et nombreux sont les rabbins qui expriment leurs avis sur leur religion.
Il est même des courants qui sont gays et friendly ouvertement.

Encore une fois, ce n'est pas la religion qui est intrinsèquement mauvaise, pour moi, ce sont ce qu'en font les hommes. La religion n'est ni une recette de cuisine, ni un traité de morale, ni un code pénal. Ce sont des textes spirituels qui doivent aider à la réflexion pour mieux vivre ensemble et qui posent aussi des questions philosophiques.
Mais ce n'est que mon opinion.

Et je crois qu'on ne peut se cacher derrière un texte religieux comme la Bible afin de justifier son homophobie ou sa haine des croyances des autres.

 Liens pour approfondir et mieux comprendre:

Église Unie Saint Pierre: avec des références à l'Ancien Testament.

Le Pharisien Libéré: histoire de Qo
Le Pharisien libéré: Homosexualité et Ancien Testament
Le Courant Massorti: homosexualité et judaïsme
Le site de Beit -Averim : le judaïsme doit intégrer le fait homosexuel




Le lien social

Nous sommes censés être une espèce sociale, c'est à dire que nous sommes censés vivre ensemble parce que nous ne savons pas nous comporter autrement. L'espèce humaine se groupe en familles, en clan, noue des liens avec d'autres dans des relations amicales, des relations économiques, urbaines.
Nous vivons dans des villages, des villes, des régions, des pays.

Nous sommes donc interdépendants les uns les autres.

Nous ne sommes pas programmés pour vivre de manière solitaire, en ayant un territoire, qui ne supporte aucun autre membre de notre espèce sur ce territoire.

Et pourtant...

Je vis dans un village, même si nous sommes plus de 3000, il y a une mairie, une petite place, une petite poste, des petits commerces, une église.
Pourtant, si je sors et que je rencontre une personne, je lui dis bonjour, il arrive que cette personne tourne la tête et fasse celle qui n'a pas entendu.

Si je vais dans une ville, et si je croise des gens, certains se forcent à se faire la mine la plus désagréable possible, et la gueule la moins affable, et on peut compter ceux qui sourient. Pourtant, sourire n'a rien d'interdit et parfois provoque aussi un sourire, un dialogue.
Si je prend les bus, certains regardent d'une drôle de manière ceux qui discutent ensemble et s'interrogent. Certains sont surpris qu'une ou un inconnu puisse engager une conversation sans aucun but caché que de parler un peu, parce qu'on est une espèce sociable.

Il n'est pas naturel de ne parler à personne, il n'est pas naturel d'être seul. Un café, un bistrot est fait aussi pour ce lien-là. La solitude tue pourtant chaque année.

Quand le lien avec l'extérieur devient si ténu qu'il ne se manifeste que dans des lettres administratives, un salaire à la fin du mois et des heures vides devant une télé dont les voix meublent faussement la vacuité de ces moments, c'est qu'il y a un problème.

Alors, on ne pourrait pas faire quelque chose?

Moi, j'ai choisi: je discute avec des inconnus, je demande à une caissière comment elle va, je sourie et je dis bonjour.
C'est aussi cela, je croie, la possibilité de faire de ce monde un endroit un peu plus agréable.
Après, que la caissière puisse être surprise, que les gens ne comprennent pas, au début, je m'en fiche.
Qu'est-ce que ça peut faire? J'ai ma conscience pour moi, d'avoir gardé un peu vivant ce qui fait de nous des êtres humains: le lien social

mardi 4 juin 2013

C'est quoi, être riche?

Ma grand-mère, à la fin de sa vie, vivait depuis des années avec 300 euros par mois (époque de la fin des années 90), elle disait souvent: "je ne me plains pas. Je ne manque de rien. J'ai un toit sur la tête. Je mange à ma faim et mes enfants ont un bon travail. Dans la vie, il faut savoir se contenter de ce que l'on a".

Ma grand-mère n'était pas riche. Mais elle n'était pas pauvre, elle donnait de son temps pour les gens nécessiteux, qui en avaient besoin. Elle donnait aux bonne oeuvres de l'église catholique. Elle donnait de l'argent à ses enfants si on en avait besoin. Elle laissa des biens à son décès, beaucoup de biens.

Faut dire qu'elle était propriétaire de terrains agricoles et de quelques maisons. Mais tout ceci ne coutait pas autant dans les années 50.
Faut dire qu'elle n'avait jamais passé le permis. Au village, chacun l'amenait faire ses courses quand elle avait besoin.
Faut dire qu'elle avait un jardin, des poules et des lapins. Elle louait ses terrains et en avait donc plus que nécessaire pour vivre.
Elle mangeait du vieux pain, le soir, sa soupe et les restes de midi. Elle regardait peu la télé, ne savait même pas qu'Internet existait, se fichait des habits à la mode, tricotait et rapiéçait, cousait des habits...
Elle était heureuse.

Mais maintenant, peut-on vivre comme cela en France?
Soit on ne le peut plus, soit on ne le veut plus.

Nicolas a fait un billet très intéressant sur le Sujet

Les commentaires sont très intéressants.

En fait, c'est quoi, être riche?
Certains sont catastrophés quand ils ne peuvent acheter la voiture toute option et accusent le gouvernement de trop les ponctionner.
Certains sont catastrophés quand ils ne peuvent plus aller en vacances dans une destination de choix et doivent se rabattre sur une destination plus économique.
Des gamins font une vie impossible à leurs parents s'ils n'ont pas la dernière basket de marque à la mode, et se fichent des finances familiales.

On est bien loin de "dans la vie, on doit se contenter de ce qu'on a".
Certains agissent comme des gosses capricieux: si on n'a pas le dernier Iphone, cela ne le fait pas. Et si vous vous en fichez, on va essayer de vous persuader du contraire...

Et puis, il y a ceux qui se demandent comment passer les derniers jours du mois, au premier de celui-ci, comme le disait Coluche. Et puis il y a ceux qui se serrent la ceinture et qui habituent leurs gosses à ne manger que des pâtes le soir. Et puis, il y a ceux qui mettent leur chauffage à 15 degrés l'hiver dans leur logement.

Alors, ça me soule un peu. Je suis d'accord que les impôts et les taxes nous empoisonnent l'existence, c'est clair. Je suis d'accord pour qu'on repense les impôts et les taxes afin de les rendre plus justes pour tous.
Mais nous sommes dans un climat d'égoïsme.

Un des commentateurs de Nicolas parlaient d'un couple avec trois enfants ayant des revenus de 5500 euros, qui vivrait moins bien dans la capitale qu'en province, que le premier paierait autant d'impôts que le deuxième et que ce serait injuste...
Et alors? Qui a choisi de vivre à la capitale? Avec un revenu pareil, on est quand même moins limité dans ses choix de vie, non?
Dans la capitale, on a plus de services à disposition, on n'a pas besoin d'une voiture, on a des avantages qu'on n'a pas forcément en province, à la campagne.
Moduler les impôts en fonction de l'endroit où on vit? Ce n'est pas déjà un peu le cas? Les impôts locaux n'existent pas pour cela?
Si on baisse les impôts dans les régions foncières tendues, on ne va pas dans la baisse des prix immobilière et on désavantage encore les régions moins attractives.

Non, c'est pas évident, tout ça, on confond le confort de vie et la richesse, on confond avarice avec besoin, et le plus grave, c'est que personne n'écoute ou si peu.

Tout ce débat qui agite le web, et dont l'article de Nicolas parle, vient au départ du fait qu'on a ramené le quotient familial de 2000 à 1500 euros, parce qu'il y a des gens qui restent sur le carreau et galèrent, comme des mères célibataires en CDD à temps partiel, avec un gamin et qui n'en peuvent plus...
Certains parlent d'augmentation d'impôts, d'autres de suppression de niches fiscales, on débat sur la notion de richesse et on oublie presque tous une seule notion:

C'est quoi être pauvre?

C'est en fait la bonne question. Je crois avoir la réponse. Et vous?

lundi 3 juin 2013

Les seins nus, le corps des autres et nous


Bembelly nous demande notre avis à propos des seins nus des Femens, au vu du rappel récent qui explique qu'à New York, les femmes pourront se trimballer topless en cas de fortes chaleurs, comme les hommes y sont autorisés.

Qu'en penser?

Nous sommes dans une période assez trouble en ce qui concerne les libertés, période qui a été celle des USA, récemment.
Prenons l'exemple de la cigarette: elle a été interdite un peu partout aux States, et maintenant, les réglements s'assouplissent. Si on va même plus loin, il y a des Etats qui ont légalisé la vente d'herbe...il y a peu, même se trimballer avec une bouteille à la main était interdit un peu partout.
Si cela change aux USA? Oui, il y a un réel souffle vers plus de liberté, moins de prohibition. Faut dire que l'époque Bush a laissé encore de vraies cicatrices, le Patriot Act est encore là mais la prohibition, les Américains en sont revenus. Il y a aussi une raison à cela: les pays sud-américains sont plus libres et tolérants, alors les choses bougent.
Aux USA, les seins nus sur la plage étaient interdits, après une relative période de tolérance. Sans doute est-ce encore le cas mais les choses bougent là-bas.
J'ai un ami qui vit aux USA mais qui bosse ici, un ami français. Il me disait que comparé à notre atmosphère morose et liberticide, aux USA, il y faisait mieux vivre. Mon ami n'est pas pauvre. Il y a des choses qui ne l'atteignent pas. Mais le racisme et l'intolérance y sont moins forts qu'ici et l'atmosphère y est bien plus douce.

Je ne suis pas fan des USA, loin de là.

Pour revenir à cette histoire de seins nus, en France, il est vrai que c'est interdit en public hors des endroits autorisés comme la plage.
Les Femens sont donc en dehors de la loi. Il est évident qu'on pourrait donc les sanctionner lourdement. Mais nous les tolérons, enfin les forces de l'ordre le font et aucun juge ne les a condamné pour atteinte à la pudeur. Je crois que cela ne se fera pas, de toute manière.

Faire une loi, ici, ou réformer, afin d'autoriser les seins nus? Elles perdraient donc un moyen de pression, une expression médiatique trash, elles ne transgresseraient rien, alors. Pour les femens, ce serait un coup dur, d'autant plus que je ne suis pas certaine que remplacer les seins nus par son bas-ventre soit très pertinent dans l'action revendicatrice.

Pour nous les femmes, qu'est-ce que cela changerait ? Encore faudrait-il expliquer que cela n'est pas un appel à partenaire sexuel...il y a du boulot...pour moi, la nudité et la sexualité sont deux choses différentes mais il faudra vraiment faire preuve d'éducation. Il est possible que cela se banalise, et soit accepté un jour comme une manière de s'habiller ou de ne pas s'habiller, sans choquer (la vraie définition de banaliser), c'est clair.
Ce serait une vraie victoire. Pouvoir se vêtir librement sans affronter un regard libidineux...et avoir de vrais gentlemens éduqués comme interlocuteurs, et des femmes qui ne traitent pas celle qui est très légèrement vêtue de trainée...on peut rêver...

Oui, on peut rêver...

Nous sommes en ce moment dans une période où tout le monde ou presque revendique des lois ou des interdictions pour exercer sa liberté. On brime donc celle des autres. Un sacré paradoxe...les cigarettes électroniques sont un énième exemple...

Vu que les dernières mesures au sujet de l'habillement dans les zones touristiques ont été de bannir les maillots de bains des centre-ville et d'interdire la mendicité...je crois que cette tolérance au niveau des seins nus n'est pas prête d'arriver. Même en arguant , comme à New York, que les hommes ont encore le droit de tomber la chemise, et pas les femmes, ils seraient capables , comme certaines communes de préciser que les torses nus des hommes ne sont plus du tout les bienvenus en ville...

A toute fin utile, je précise que je suis personnellement pour la liberté de se vêtir comme on veut. Et que ce qui me dérange vraiment, chez les autres, c'est la saleté et la crasse de certains qui sont habillés normalement mais qui puent dans les supermarchés et les transports en commun, suivis des cas de ceux qui veulent vous parler en vous prenant le bras ou l'épaule..
Les gens peuvent se trimballer le torse nu, avec des oreilles de Mickey, et des chaussures de clown, tant qu'ils ne refoulent pas comme du poisson pourri et qu'ils n'essayent pas de me toucher, je m'en fiche..

vendredi 31 mai 2013

intolérance contre les religions: j'aime pas quand j'ai raison

J'ai dit dans les deux derniers billets que je m'inquiétais à propos de la montée de l'intolérance sur les religions et leurs fidèles. Le plus flagrant, c'est l'islamophobie galopante, c'est clair mais je disais également que ce climat délétère et intolérant allait aussi faire du mal dans les autres religions de France...

Combien j'aurais voulu ne pas voir cela:  sur un sondage Opinionway relayé sur Figaro, qu'on ne peut pas incriminer de tolérance à l'Islam,on voit que 40% des jeunes ont une image des musulmans et de leur religion comme" sectaire". Un bon tiers trouve les musulmans" antipathiques", ah le délit de sale gueule...

Mais c'est rien quand on voit ce que prend la communauté juive: près de la moitié des sondés considèrent que les Juifs Français sont "plus proches d'Israël" que de leur pays...là, c'est incroyable. Franchement, être considérés comme infidèles à sa patrie, est-ce que c'est mieux que d'être sectaire ou antipathique?
43% les croient "repliés sur eux-même", un peu plus que pour les musulmans jugés sectaires. Et 20% sont carrément dans la logique antisémite de base, soit qu'ils auraient une trop grande influence sur la société!

On est beau, avec ça....

Il y en a qui ont raison : continuons le manque de dialogue, d'ouverture, de culture, d'information et les vieux démons reviennent vite.
Il y a une chose qui est sûre, c'est que la laïcité et son concept français ont échoué lamentablement, vu les résultats que l'on obtient. Faudrait quand même penser à une remise en cause de la laïcité en France, un de ces jours parce que le "vivre ensemble" que devrait permettre la laïcité, pour l'instant....
A moins qu'on considère qu'on n'applique pas vraiment la laïcité telle qu'elle a été pensée en 1905...

dimanche 26 mai 2013

9 mois et toute la vie pour être mère et maman

Pendant 9 mois, nous le portons, cet enfant qui va naître. Certaines d'entre nous sommes euphoriques, heureuses, dopées aux hormones. Certaines, comme moi, le vivons mal, entre les vertiges, les nausées, les contractions avancées, le dos qui brûle par moments, les médicaments. D'autres gonflent comme des baudruches, nous avons des carences: le bébé prend et se développe comme un parasite, on devient un incubateur géant, une matrice. Il donne des coups le matin, le soir, le nuit. Il se fiche de nous et grandit sans se soucier de nos états d'âmes, nos déprimes. C'est une belle légende, le bébé qui ressent tout, il est bien plus fort que cela, même s'il sent notre amour, il ne doute pas de nous autant que nous-même doutons de notre capacité à devenir mère.

Pourtant, nous endurons tout cela sans le détester, au contraire.
Quand il va arriver, nous sommes démunies, la première fois, pour cet accouchement dont les douleurs nous martèlent le ventre et les reins. Parfois, même la péridurale ne calme pas cette sourde douleur qui brûle le bas du dos.
Je me rappelle de la sage-femme de mon second accouchement: ah, mais c'est normal que la péridurale ne fasse rien, vous êtes de ces femmes qui accouchez par les reins, on ne peut rien faire. Si j'avais su avant...on se résigne alors, on fait avec.
Et malgré tout, on pleure quand le bébé est là, on le prend le plus vite possible dans les bras, on l'aime déjà, ce monstre miniature qui vous a déjà sous sa coupe, qui sait que s'il pleure, vous ne le supportez que difficilement, il vous réduit en esclavage, si le père n'était pas là, comment faire afin de rompre ce cordon mental qui lie la mère à ce qui est vraiment le fruit de ses entrailles, un être vivant qu'elle a fabriqué et qui vient d'elle, même lorsque le bébé fait 1m 86 , 74 kilos et se rase, elle sait toujours qu'il fait partie d'elle.
Ainsi on supporte mal que l'enfant se blesse, soit malheureux. C'est ainsi.

Le père construit sa relation autrement, elle est mentale, il apprend à aimer et protéger le bébé, ils s'apprivoisent eux deux. En fait, cette relation m'est étrangère mais j'arrive à l'appréhender en ayant vu faire le père le meilleur qu'il soit.

Toujours est-il qu'il n'y a qu'une mère et qu'une maman pour un enfant. La biologique ne l'élève pas toujours, c'est vrai. La construction mentale qu'il doit y avoir dans ce cas-là, je ne saurais l'aborder mais elle est différente, n'étant pas conditionnée par l'expérience physique de la grossesse. Une mère adoptive ne sera jamais dans la configuration de la mère qui élève son enfant. Mais soit, l'enfant y pourra trouver un équilibre.

Je ne suis pas homophobe, loin de là. Mais une mère, on n'en a qu'une. C'est un fait, et je le sais d'autant plus que ma grand-mère m'a élevée en me donnant la tendresse d'une mère adoptive. Mais celle qui reste la mienne est celle qui m'a donnée le jour, même avec ses absences.

Lorsqu'on nous montre à la télévision deux femmes qui s'obstinent à vouloir être les mères d'un enfant, à égalité, je ne peux que me dire qu'elles demandent à leur enfant l'impossible, qu'elles demandent à la société l'impossible. Celle qui a porté l'enfant est la mère, l'autre peut être le parent social qu'elle veut, un substitut de père, une belle-mère mais jamais elle ne sera sa vraie mère. Il faudrait que la mère naturelle donne sa place, en s'effaçant, et cela voudrait dire parte ou décède. Mais en étant là, la compagne si aimante soit-elle, ne pourra être une mère pour l'enfant. Alors que la compagne fasse semblant par amour, c'est possible mais cela ne remplace pas la réalité. Socialement, ce peuvent être les parents, la loi l'autorise mais la loi n'a jamais dicté les rapports humains.

Une mère, on n'en a qu'une. Cela s'apprend en devenant mère et en portant le bébé. Neuf mois dans le ventre et toute la vie durant. Il ne faut pas mentir là-dessus.

Alors, je regarde les intolérances des uns, quand une femme qui élève avec une autre l'enfant de sa compagne, avec amour, certes mais revendique effectivement un titre auquel elle n'a pas le droit, mais veut ce titre, veut l'imposer à la société entière. Mais elle a le droit d'aimer cette enfant, comme le sien, c'est vrai, comme le sien mais ce ne sera jamais son enfant.

Alors je regarde les groupuscules extrêmes dans la manif pour tous se déchainer encore ce soir, avec violence, portant en eux la haine, prétextant défendre le bien d'un enfant qui sera aimé, c'est sûr, dans une famille homosexuelle, autant que dans une famille classique, mais qui se sont saisis de ce sujet en en faisant un instrument de propagande.

Ils nous ont empêchés de faire un vrai débat sur le sujet en en ayant fait une lutte contre l'homophobie.

Et c'est dommage, d'autant plus dommage que c'est le jour de la fête des mères.

Alors, pour les mamans, et les mères adoptives, les belle-mères, les grands-mères et les tantes, les grandes soeurs qui ont élevées un enfant en palliant à l'absence de la maman, sans mentir, espérons que la voix de la raison arrive à se faire entendre.

Une maman, on n'en a qu'une. Mais on aime de toutes les manières, les variations du coeur humain sont infinies.

vendredi 17 mai 2013

L'honneur perdu de la France

Cette semaine, je suis tombée sur un billet de Crêpe Georgette, intitulée "La résilience ne se trouve pas rue des Morillons". Je ne suis pas sur mon ordinateur et je ne pourrai vous mettre le lien de suite.
Mais il me semble nécessaire de vous raconter ce qui s'est passé par la suite, en réaction à cette lecture.
Valérie parlait de la difficulté d'avoir un père déporté, au niveau de la mémoire de sa famille et de son identité, lorsque certains parlent de nier les évènements douloureux Français comme la Traite Négrière, par exemple car à terme, cela voulait dire renier aussi la Shoah.
Mais au-delà de la Shoah, son billet a ravivé une vieille cicatrice de mon passé.

Mes deux grands-pères étaient des insurgés, des insoumis, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, ayant refusé de rendre les armes à l'Armistice de 40.
Ils furent donc des traitres, des espions, voire des terroristes, échappant à la fusillade lors de leur capture, des mois plus tard, l'un par son patronyme d'origine germanique, l'autre par son type aryen, le style bon blond aux yeux bleus, dont il avait hérité par le hasard. Mon grand-père, qu'on appelait Pépé, avait les plus beaux yeux bleus que j'ai jamais vus, ainsi qu' un visage d'une régularité incroyable, dans sa jeunesse.
Des années après, son visage trahissait sa vie, mais avait gardé son caractère.
Mon pépé ne parlait jamais de ses années de captivité: j'ai su, par ma grand-mère, qu'il cachait les patates crues qu'il pouvait pour nourrir ses camarades, car il les cultivait pour les officiers allemands....

 Il fut enfermé dans un camps de concentration pour soldats résistants, enfin pour insoumis, puis passa à un stalag très dur.

Mon papy, mon autre grand-père fit la tournée des camps, Allemagne, Pologne, Autriche avant de finir comme Fernandel dans la Vache et le Prisonnier, mais il gouta quelques temps à un vrai camps de concentration, lui aussi. C'est pareil, avoir un nom d'origine allemande était du au hasard, un hasard qui lui a sauvé la vie.
En repensant à tout ça, je me suis dit que leur trajectoire, comme celle d'autres soldats comme eux, ce que m'a confirmée la responsable des archives d'un musée de la Résistance que j'ai contacté, ces trajectoires sont frappées d'oubli.
 Les anciens" traitres à Vichy" ne disaient rien sur leur captivité. Comme les déportés juifs.

Ils furent réhabilités à la sortie de la Guerre, revenant dans un pays qui était désormais plein de tout nouveaux résistants...

Pourtant, ces hommes possédaient une notion morale, qu'ils avaient porté haut dans leur vie : l'honneur.

Cet honneur leur avait fait refuser de se rendre en sachant qu'ils risquaient la mort. Ils s'étaient alors enfoncé dans le maquis en solitaire, tirant, comme mon Papy le confia au soir de sa vie, sur les nazis, comme sur des lapins. Le but était de faire le plus de cartons possibles...
 Ils furent seuls, les premiers résistant armés de la Guerre, bien avant l'Appel historique du 18 Juin.

 Ils furent dénoncés par de "bons français" et enfermés dans des camps, pas des stalags à la "Papa Shultz", pas de la rigolade, mais des privations terribles les attendaient.

L'honneur de la France importait plus que tout pour eux. Ce n'était pas des surhommes, mais parmi les plus gentilles personnes que j'ai rencontrées.
 Jamais je n'aurais pu les voir en sniper froids et déterminés dans mon enfance: l'un avait toujours des bonbons pour les gosses qui passaient, et était adoré du village.
 L'autre dessinait, écrivait, adorait les chiens. Pas des héros mais des papies ordinaires. Et pourtant...

J'ai donc fait des recherches sur Internet: j'ai décidé de retrouver ces fameux camps de concentration pour prisonniers réfractaires, espions, déserteurs, multi évadés etc...ceux qui furent persécutés et dont on ne parle pas. J'ai retrouvé deux camps en Ukraine et en Pologne, dont je donnerai le nom plus tard. Il est possible qu'ils n'y soient jamais allés, mes papis,  mais d'autres furent affamés, privés d'eau, torturés dans ces lieux, d'autres comme eux.

J'ai cherché des documents sur le net à leur sujet, et je suis tombée sur l'Office des Anciens Combattants , j'ai appelé. Ils m'ont donné leur numéro de Carte d' Anciens Combattants.

Cela fait drôle. J'avais tellement l'impression d'être si proches d'eux, à ce moment...Avec ces numéros, je vais écrire aux Archives départementales afin d'obtenir leurs états de service.
 Je saurais donc ce qu'ils ont fait pendant ces 4 ans et demi de captivité, et j'aurai aussi la liste de  leurs médailles, celles avec lesquelles ils me laissaient jouer, enfant, et que les héritages ont englouti dans l'oubli.

Et c'est là que je me suis rendu compte qu'on ne parle plus guère d'honneur, en ces temps actuels. Certes, c'est associé à de Gaulle, comme le nauséabond Didier Goux le rappelait récemment, à juste titre. Mais est-ce associé à une époque disparue?

J'ai vu aussi que certains régiments se sont fait massacrer en 1940, plutôt que de se rendre, malgré les consignes des États-Majors et de Pétain, en toute connaissance de cause.
On appelait cela l'honneur. Plutôt mourir que de se rendre. Mourir pour une "certaine idée de la France".

On ne peut qu'essayer d'en être digne, nous, leurs descendants.

J'ai noté leur numéro de carte d'ancien combattant bien soigneusement, à mes papis. Certains chiffres rendent riches, très riches.

L'honneur de la France n'est pas tout à fait perdu, tant que nous pourrons en garder la trace. Mais s'il reste dans les musées, mes grands-parents se seraient battus pour rien.

Mise à jour:
le lien sur Crêpe Georgette.
le lien sur Didier Goux (attention, ceci est un site hautement "réac", à lire avec précaution) comme il est un des seuls blogueurs  à parler de la notion d'honneur, il faut le signaler. Sa vision de Massu n'engage que lui.

jeudi 9 mai 2013

Floués sur le futur

Le 21ème siècle aurait du être le siècle du progrès pour tous, nous devrions voler dans des voitures sur coussin d'air, avoir des robots pour faire le sale boulot, la science devrait nous rendre plus que centenaires avec l'apparence d'ados tous magnifiques, la pauvreté devrait avoir disparue.
Nous devrions avoir un gouvernement mondial qui assurerait une paix perpétuelle, et nous ne devrions ne penser qu'à nous envoler vers les étoiles, les maladies toutes guéries, l'être humain ne devant se consacrer qu'à ses études ou l'art, ou tout autre marotte épanouissante, dans un environnement non-pollué, une nature flamboyante, le paradis du futur...

Et on en est très loin, de cet avenir idyllique...

C'est pourtant ce qu'on nous avait vanté et promis jusque dans la fin du siècle dernier. L'anticipation de la société de consommation et de la prospérité sans faille, qu'aucun grain de sable ne devait enrayer, dans cette machine technologique vers un futur merveilleux.
Enfin, presque. Les livres et les films de science-fiction, d'anticipation nous montrent d'autres vision de futur, depuis la fin des années 1870 environ, il y a eu d'autres projections souvent apocalyptiques.
On se souvient de 1984 de Georges Orwell et du Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley, pour les plus connus. Pourtant, le big brother est bien là, on vit avec, il est tellement étendu qu'il n'arrive même plus à tout surveiller, entre tous ces fichiers qui s'entassent dans des mémoires vives et des blockhaus réfrigérés: bases de données multiples qui stockent la taille de nos chaussettes, nos achats préférés, nos études, nos adresses, nos dossiers dentaires...un méandre d'informations que certaines sociétés s'arrachent à bon prix pour nous vendre ensuite des produits dont les pubs qui dégoulinent jusque dans les vidéos que nous lisons, les pages web, les tracts, les affiches qui nous écoeurent tellement qu'on n'y fait plus attention.
Le culte du beau se fissure aussi: les visages simiesques des stars retouchées comme un cul de babouin nous font rire ou grimacer bien plus que les faces caricaturées par la chirurgie, d'ailleurs. Les fesses, pectoraux et seins en plastique ne font pas oublier qu'on ne sait pas toujours guérir des maladies orphelines.
Nous regardons les dernières technologies, certains succombent, d'autres commencent à se dire que cela ne vaut pas la peine de nourrir des marques qui vendent toujours le même machin en changeant juste la taille ou un détail. Ces mêmes marques qui exploitent des petits chinois ou bengalis...

Le progrès est en panne. Chez nous, en tout cas. On nous ressort tellement d'excuses, après nous avoir vendu un futur radieux. C'est la rigueur, depuis le temps, cela devient du priapisme. Cela est du niveau de la congestion. On risque l'anévrisme idéologique.
Même les" réacs "semblent se convertir à la croissance zéro et à l'écologisme. Ils voient du fascisme vert partout.
En cela, Malraux avait eu raison. "le 21éme siècle sera religieux ou ne sera pas".
Tandis qu'on discute des fois solubles dans la République, on s'en éloigne. Un autre big brother nous guette, plus insidieux, plus pervers, puisqu'il vient directement de nous-même.
Entre ceux qui s'interdisent la liberté de penser et ceux qui ne veulent plus raisonner...nos médias achèvent bien les chevaux.

Et si ceux qui nous avaient floués sur l'avenir, c'était nous-mêmes?

lundi 6 mai 2013

Du 10 Mai 81 au 6 Mai 2012

Un 6 Mai pluvieux, gris, comme si rien n'avait vraiment changé.

A un an pile de l'anniversaire de la prise de pouvoir de Hollande, je me rappelle ces jours de présidentielles auxquelles j'ai assisté. Pour 1974, j'étais trop  jeune pour m'en rappeler.

Ces jours d'élections présidentielles: joie, déception, appréhension, satisfaction...

Que d'espoirs déçus et de rappels de la réalité, quelques temps après...
Parfois, de bonne surprises malgré les perspectives.

10 Mai 1981:
La rose rouge est partout, l'euphorie gagne la gauche, un vent de liberté et de modernité arrive.
C'est l'ère mitterrandienne qui arrive: elle finira en 1995.
Qui aurait pu le prévoir?
Mes parents avaient milité au PS: inutile de dire que j'étais gagnée par cette fièvre et cette espérance. Je me rappelle d'un barbecue cet été-là avec la section locale, un jour ensoleillé, un conte de fée pour enfants semblait s'ouvrir...je regarde cette petite fille que j'ai été avec indulgence.
Les Champs-Elysées du 10 mai : une marée humaine qui semble exploser de joie.
Il y a eu de bonnes choses dans le gouvernement socialiste de l'époque, mais aussi beaucoup d'erreurs.
Il y a une chose qui m'a marqué néanmoins: la sensation de liberté, d'ouverture, de dynamisme des années 80, qui font réélire Tonton en 1988.

8 Mai 1988:
La cohabitation, la première, vient de durer 2 ans.
A l'époque, je suis encore de gauche et je voue un culte à Dieu, Mitterrand, un grand-père magnanime auquel je ne trouve aucun défaut...
Puis je lis Catherine Nay et sa biographie sur Tonton, via un devoir d'économie et politique: j'y découvre ses parts d'ombres et son intelligence machiavélique, mais je continue à le prendre pour un homme de bien exceptionnel.
 Je ne vote pas encore: frustrant. Mais la joie est intacte, ce jour-là. Je me sens rassurée.
 Tonton est de retour: comme si on retrouvait un monarque aimé à sa place, qui allait effacer les saloperies de la Droite...bien naïve, à l'époque.

7 Mai 1995:
Chirac, l'homme des pommes et du "bruit et des odeurs" arrive au pouvoir.
Je suis déçue mais mon fils a quelques jours.
Mon compagnon se moque de moi :" tu verras, il est pas mal, tu as peur pour rien.On risque de le regretter quand il partira." Je ne le crois pas, mais l'histoire lui donnera raison.

Tonton va décéder bientôt: immense peine de ma part, comme si un membre de ma famille était mort.
Et puis, je commence vraiment à analyser la politique et à relativiser. Je me rends compte que Mitterrand avait fait beaucoup d'erreurs.
 Mais il n'en fit pas une: les entretiens avec son successeur furent capitales. Chirac apprit de Mitterrand ce qui fait un grand chef d'état.
De 1997 à 2002, une nouvelle cohabitation fait faire à notre pays de grands pas vers la modernité: le climat est bon mais cela n'empêche pas des erreurs comme la continuation des privatisations des outils productifs essentiels, les 35 heures sont une belle idée mais leur application est mal agencée, mal surveillée. Jospin fait preuve de qualités indéniables mais les Français n'aiment pas l'homme.

5 Mai 2002:
Après le 21 Avril, la pilule passe mal.
 Je vote Chirac sans états d'âme. Tout sauf  Le Pen et je le referais sans hésitation.Même maintenant, si le pire des UMP était en face. J'ai des principes.
 Je regrette que Jospin n'ait pas eu l'adhésion qu'il méritait mais le désamour de certaines personnes de gauche et des sympathisants explique aussi son échec.
Un an après, lors du Non à la Guerre en Irak, je suis heureuse de mon choix, même si les incapables et les politiques de Droite qui entourent Chirac sont nombreux. Seulement, je me rends compte que par delà  les étiquettes, il y a des hommes de valeur partout.
C'est à partir de cette époque que je deviens vraiment sans étiquettes, privilégiant les idées originales et bonnes aux affiliations de parti. C'est là que je comprends la notion d'intérêt général.
Je vois de Villepin comme un homme capable, qui fait aussi quelques  mauvais choix mais qui redresse l'économie de la France. Seulement, Sarkozy s'est appliqué depuis des années à faire un putsch intérieur au sein de l'UMP. On sent la catastrophe arriver : celle du 6 Mai 2007.

6 Mai 2007:
Je comprends ce que mon compagnon m'a dit des années auparavant: "on le regrettera, Chirac". là, la claque est sévère.
 Monsieur va au Fouquet's, les Français applaudissent, ils veulent que ça bouge et ils ne seront pas déçus: ils frôleront l'overdose de populisme, de discours survitaminés et d'agitation perpétuelle.

Le pire est que Sarkozy ne fera pas que des conneries mais vu le nombre de mesures stupides...Un an après, j'attends toujours un déclic, qui ferait que l'agité se transforme en président responsable...Rien ne se passera.
Je me rappelle aussi ce que me dit mon compagnon ce jour-là: "ils veulent des mesures pour châtier ceux qui abusent mais ils vont se rendre compte que ce seront eux qui vont payer aussi". Effectivement, le matraquage sur la sécurité routière finit par toucher tout le monde, pas seulement les potentiels délinquants, la politique du chiffre fait enregistrer une personne qui téléphone au volant comme une délinquante.

6 Mai 2012:
Soulagée et heureuse.
Une autre époque semble s'ouvrir, des promesses, il y en a. Il pleut: pas grave, je ne suis pas superstitieuse.
J'ai ouvert mon blog et me promet de suivre ce nouveau président et son gouvernement. Je ne me fais plus d'illusions. J'espère sans me dire qu'il va forcément être celui qu'il a décrit pendant la campagne. Mais il semble intelligent et ouvert, il a des personnes de valeur dans son entourage.
Alors j'attends et j'observe.

6 Mai 2013:
Il pleut. Rien n'a vraiment changé. Le retour à la normale fait oublier petit à petit les années Sarkozy.
J'attends toujours un déclic. Bientôt les municipales. Je ne regrette pas mon choix de 2012 mais sinon...

Les 60 propositions? Cela me fait rire un peu. Elles étaient valables en 2012. Le monde évolue vite maintenant. Surtout, elles ne seront pas réalisées: le droit de vote des non-européens est abandonné et question de principe, je n'aime pas du tout. Surtout qu'il faut que l'on m'explique pourquoi on nous a em** durant des mois avec le mariage pour tous et que pour le cumul des mandats, le droit de vote élargi aux municipales, la loi de la fin de vie, l'allocation étudiant, c'est pas pareil...
Néanmoins, il y a eu des bonnes choses.
J'y reviendrais.
Seulement, nous sommes passés d'un Président qui fait du 200 à l'heure n'importe comment à un président Pépère, cool, qui va à son rythme, qui semble lent, qui ne s'adapterait pas...
Il est trop tôt pour un remaniement mais un changement de direction politique dans le gouvernement serait vite souhaitable.

Je me fiche de la couleur politique des hommes qui nous gouvernent, au fond, mais ils sont tous payés pour avoir des idées dans l'intérêt général de la France. Et j'aimerais bien que Hollande en tienne compte. Gouverner, c'est prévoir, ce n'est pas appliquer un programme  pour s'excuser de ne pas être plus innovant, surtout quand on n'applique pas ce même programme à la lettre, qui aurait du être un départ, pas une feuille de route.
5 ans, c'est peu de temps et cela passe vite.
Alors, j'observe et j'attends, comme beaucoup de Français.
 

lundi 29 avril 2013

Ceux qui ferment les yeux

C'était il y a 20 ans. Il faisait froid, plus que cela, même. Il était environ 20 heures, et la température était de -15 ce soir-là. Le sol gelait littéralement. L'atmosphère semblait remplie de cristal de givre que chaque respiration exhalait. J'avais rendez-vous. Je me pressais, en prenant les artères de la ville éclairées, on ne savait jamais. Je marchais sur les pavés que le froid rendait brillants.
A la faveur de la lumière des réverbères, se devinait un corps allongé. Je l'ai vu de loin et j'ai vu aussi des silhouettes passer, glisser tel des ombres, au fur et à mesure que je m'approchais, plus la personne sur le sol semblait réelle et moins les passants l'étaient. J'ai pressé le pas, le plus que je pouvais. La scène me semblait incroyable. Les gens évitaient une personne tombée par terre! Cette distorsion de ce que je croyais ma réalité m'interpellait violemment. Ils ne voulaient pas voir quelqu'un gisant sur le sol, dans une température qui pouvait être mortelle pour quelqu'un qui pouvait être blessé...
J'ai atteint le corps et me suis penchée sur lui, un homme d'âge mûr, un peu enveloppé, cheveux gris sales, qui balbutiait des mots incohérents. J'ai vu un jeune homme brun de mon âge se tenir accroupi comme moi. Lui, avait eu le même réflexe:porter secours à cet inconnu.
Alors, s'est formé un attroupement, comme par magie, les gens ont arrêté d'éviter l'homme à terre. Il a fallu leur demander de s'écarter, tellement ils nous entouraient maintenant. L'inconnu semblait en fait saoul. Il avait du glisser et s'était retrouvé sur le dos, comme une tortue, il ne pouvait plus se lever, bloqué.
J'ai enlevé mon écharpe et l'ai mise entre sa tête et le sol. Le jeune homme est allé appeler les pompiers tandis que je parlais à ce que les badauds appelaient maintenant un poivrot, un vieil ivrogne qui méritait son sort...on désapprouvait même le fait que j'ai osé me servir de ma propre écharpe sur la tête d'un saoûlot qui devait être sale, de toute manière, répugnant, qui allait sans doute s'étouffer dans son vomi, si ça se trouve.

Les pompiers sont arrivés, ont constaté qu'il n'avait rien, en fait. La chute ne l'avait pas blessé. Il est rentré dans l'ambulance en grommelant. J'ai repris mon écharpe. Tout irait bien.

Oui, tout a du bien allé pour ce viel ivrogne parce qu'on s'est arrêté, ce soir-là. Mais s'il n'y avait eu que ceux qui ferment les yeux, il aurait très bien pu mourir par terre, comme un rebut, un détritus. A -20 degrés, bourré, on ne tient pas longtemps.
Je suis arrivé en retard à mon rendez-vous.

Mais j'aurai toujours la vision de ces gens qui évitaient soigneusement la vue d'une personne tombée sur le sol, telles des ombres inhumaines créant un espace vide autour de quelqu'un qu'on ne voulait pas voir, qu'on niait, qu'on occultait passivement, se découpant, grâce à la lueur des lampadaires de ville reflétant l'air glacé, dans mon regard.
Je n'ai pas compris et je ne comprends toujours pas.

C'était il y a plus de 20 ans, dans une ville de province. Il a fait très froid cet hiver-là. On ne comptait pas encore les SDF décédés à cette époque-là mais on avait déjà peur des marginaux.
Maintenant, ceux qui ferment les yeux sont-ils moins nombreux ou ont-ils augmenté encore? Je n'ai pas la réponse.

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Citoyen Reporter

Palestine Libre Nouvelles

Rappel de la loi

Pour rappel : la provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une race ou une religion déterminée, est passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amendes (article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse).

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