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samedi 23 novembre 2013

La violence faite aux femmes ne doit pas occulter les autres violences

En 2012, lorsque Hollande et Ayrault forment leurs ministères, et attribuent les maroquins, j'étais plus que dubitative. La personnalité de Najat Vallaud Belkacem, les tensions émergées durant le quinquennat de Sarkozy, et le fait qu'il aurait sans doute fallu créer un ministère de lutte contre toutes les discriminations, afin de neutraliser le fameux et honteux ministère de l"'identité nationale", la Halde, vidée de sa substance , le médiateur des droits des enfants effacé sous Sarkozy, ne restant qu'un Baudis, forcément submergé par l'étendue de la tâche, c'était une occasion historique d'enfin pouvoir mettre sur la table les débats sur les droits des femmes bafoués, ainsi que les discriminations envers les homosexuels,  les violences faites aux enfants, aux personnes âgées, montrer les nouvelles formes de racisme etc...

On a préféré le bon vieux format du Ministère du droit des femmes, avec les poncifs habituels: contraception, lutte contre les viols, etc...

Nous sommes dans une société sensée être égale au niveau des droits , que ce soit les femmes et les hommes. Cela semble ridicule de faire un Ministère du droit des hommes. Pourtant, on n'hésite pas à nous en foutre un sur nos droits, comme si en 2013, nous soyons encore trop connes pour vivre ainsi que des citoyens comme des autres. Les femmes sont mises sous tutelle, au niveau du gouvernement, comme au niveau des violences qui les concernent. C'est rabaissant, quelque part.
Pourtant, on vote bien depuis des années, on fait les métiers qu'on veut, on peut vivre sans une tutelle, d'ailleurs la femme a-t-elle besoin de la tutelle de son mari, de son père? Non, une fois qu'elle fait sa vie.
Alors pourquoi un ministère du droit des femmes?

Pour autant, il est vrai que les femmes sont souvent victimes de violences. Pour autant, il est vrai qu'il faut lutter contre. Mais j'affirme que toute personne mise en état de faiblesse est une victime potentielle, qu'elle soit un homme, une femme, un enfant, un vieillard, un pauvre, un sans-papier etc...
Dans un contexte où on nous explique que le genre se construit, toujours stigmatiser la condition féminine en France comme étant source de violences subies est dangereux, puisqu'on sous-entend, en mettant un ministère du droit des femmes, que la femme serait conditionnée à être victime de violences, puisqu'elle a besoin de tout un ministère pour s'occuper d'elle.
Vous admettrez donc que ce n'est pas logique.
On victimise la femme systématiquement, en lui consacrant ce ministère, alors qu'on s'évertue à nous dire que toute identité serait une construction , et non une fatalité.

En outre, on occulte un autre problème: il s'avère, qu'en France, la maltraitance des enfants est réellement énorme. 
Les centres d'appel ont reçu 13,8 millions de signalement, dont 19% ont débouchés sur des cas de maltraitance en 2010.
En comparaison, en 2008, pour les femmes, 18 000 appels. C'est énorme, c'est vrai, dans notre société, mais que dire du chiffre concernant les enfants, alors?
Les violences faites aux enfants sont le fait de 60% d'un homme, ce qui fait donc que 40% des tortionnaires seraient des femmes.
En outre, des foyers où les femmes sont battues et maltraitées abritent des enfants forcément maltraités aussi: en parle-t-on, dans le ministère du droit des femmes? Non, pas vraiment, c'est logique, ce n'est pas sa fonction.

C'est donc à la ministre chargée de la famille qu'il revient la tâche de s'occuper de la chose, en plus du reste de ses attributions.
C'est illogique.

D'ailleurs, dans la condition infantile en France, une cause de maltraitance est en première ligne:
la pauvreté.

C'est aussi une violence.
Curieusement, le ministère du droit des femmes n'en parle guère.
Il faut dire, quand même qu'on octroie 66 millions d'euros à ce ministère pour un plan d'urgence contre les violences strictement faites aux femmes. L'annonce est jolie mais les mesures sont plus des mesurettes qu'autre chose.
Le ministère du droit des femmes n'est-il en fait qu'un gadget, afin d'amuser les féministes? La question mérite d'être posée, en toute objectivité, depuis que ce ministère existe, quels réels progrès a-t-il amené?

La lutte contre les violences, les discriminations de toutes sortes ne devrait-elle pas être appréhendée dans sa globalité, afin de sortir la violence faite aux femmes d'un ghetto virtuel?

Les constructions positives seront les bienvenues.



10 commentaires:

  1. C'est vrai , tu as raison les violences faites aux femmes ne doivent pas occulter les autres violences.
    Mais à mon (humble) avis, ce n'est pas mettre les femmes en état de faiblesse que de considérer ces faits à leur juste mesure.
    Car si j'en crois les chiffres de référence :
    http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/-Les-chiffres-de-reference%2c92-.html
    "Chaque année, 201 000 femmes âgées de 18 à 59 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime (mari, concubin, pacsé, petit-ami…). Il s’agit d’une estimation minimale. L’enquête n’interrogeant que les personnes vivant en ménages ordinaires, elle ne permet pas d’enregistrer les violences subies par les personnes vivant en collectivités (foyers, centres d’hébergement, prisons…) ou sans domicile fixe. Ce chiffre ne couvre pas l’ensemble des violences au sein du couple puisqu’il ne rend pas compte des violences verbales, psychologiques, économiques ou administratives."
    mais aussi
    "Chaque année, 83 000 femmes âgées de 18 à 59 ans sont victimes de viols ou de tentatives de viol. DE la même manière que pour les chiffres des violences au sein du couple présentés ci-dessus, il s’agit d’une estimation minimale. Dans plus de 8 cas sur 10, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime. Dans environ 30% des cas, c’est le conjoint qui est l’auteur des faits."
    Ceci n'est donc pas une mince affaire et ce ne sont QUE des minimums.
    Car toutes les femmes ne vivent pas des relations idylliques et n'ont pas forcément droit au chapitre . Délivrer d'abord la parole avant de les délivrer de leurs bourreaux me semble être une bonne méthode.
    Juste pour ces raisons il est donc normal que l'état, chargé de défendre les plus faibles, prenne ce problème en considération.
    Tu as raison pour les enfants, la ministre déléguée chargée de la famille (D. Bertinotti) a un énorme boulot et devrait être appuyée par un ministère spécialisé dans la lutte contre les violences faites aux enfants.
    La composition des ministères et des institutions est en elle-même un aveu de la prépondérance masculine dans notre société . Un exemple parmi tant d'autres car je viens de m'y intéresser : le conseil national de l'ordre des médecins est composé de 51 hommes et seulement 3 femmes !
    On n'est loin d'avoir la parfaite égalité hommes-femmes dont beaucoup rêvent . Les ministères du droit des femmes a encore de beuax jours devant lui.
    Bonne soirée Rosa

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    1. Je n'aime pas les quotas obligatoires, tu le sais.
      La question est : les femmes sont-elles écartées délibérément de certaines responsabilités réellement? Ou sont-elles globalement moins bonnes? Quelle est la part de ces deux facteurs?
      Tu vois, encore un non-sens: on discute des violences et on finit par arriver à la parité. Quel est le rapport, Gérard?
      Je vais quand même rebondir sur la parité: si on se base sur les gender study, c'est une aberration de vouloir faire des quotas.
      C'est aussi humiliant: on est dans une institution parce qu'on est une femme et que la loi l'a dit, pas parce qu'on a fait ses preuves.
      Tu n'es pas une femme, tu sais, tu ne te rends pas compte de l'humiliation qu'on ressent, entre les machos et certaines féministes, les uns et les autres te mettent sous tutelle. Et j'en ai ras-le-bol.
      Moi, et beaucoup d'autres, nous ne voulons pas d'un traitement de faveur parce qu'on n'est pas capable selon les uns et les autres de faire nos preuves sans assistanat.
      On veut nos droits, qu'on a déjà.
      Je crois que c'est le souci principal que tu as, Gérard, tu es un homme.
      Chaque fois qu'on a une pensée différente du dictat dominant du féminisme, on est en plus, considérée comme une pauvre fille inféodée au patriarcat ambiant.
      Et ça, j'en ai vraiment marre!
      C'est du sexisme de distinguer les violences faites aux femmes des autres violences, et le pire, c'est que c'est fait au nom du féminisme, en notre nom, on nous stigmatise!
      Alors, oui, c'est humiliant!

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    2. Ben oui , excuses-moi d'être un homme :) Mais ce n'est pas moi qui suis à la tête de ce ministère, c'est justement une femme .
      C'est là qu'on diverge. pour moi ce serait du sexisme de ne pas reconnaître qu'il y a beaucoup de machisme dans notre société et que ce sont d'abord les femmes qui sont victimes , les chiffres sont là.

      Le 39 19 existe ,il a reçu des milliers de coups de fil et les femmes qui ont appelé ne demandaient sans doute rien d'autre que de l'écoute et de l'aide
      Il y a des tas d'associations, de syndicats qui défendent des points particuliers . Les personnes qui y font appel ne se sentent pas humiliées pour autant.
      On est beaucoup plus forts quand on est solidaires et en groupe. C'est sans doute une des raisons de l'existence d'un tel ministère.
      Sinon comment regrouper sous une même banière les violences faites aux femmes, les violences à l'école, celles commises dans la rue, et même dans les maisons de retraite ,etc..
      J'ai rencontré beaucoup de ces femmes dans des associations ( tu connais ma motivation) , et à aucun moment je n'ai entendu dire que ce ministère les infantilisait, bien au contraire, elles considéraient même pour la grande majorité qu'il n'en faisait pas assez.
      Mais bien évidemment je comprends aisément que pour une femme comme toi, autonome et bien dans tes baskets ça puisse être considéré comme une humiliation.
      Pour les quotas tu as raison , ça ne résoudra rien je donnais juste un chiffre significatif sans plus .
      On ne peut être d'accord sur tout mais ça ne me fera pas me fâcher avec toi pour autant :)
      Bon Dimanche Rosa.

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    3. Mais je ne suis aucunement fâchée avec toi.
      Tu dis donc que les femmes doivent se grouper et être solidaires. Donc, elle sont un groupe de pression, elles feraient du communautarisme. C'est donc un combat.
      Je n'ai jamais dit que le machisme n'existait pas. C'est clair que le physique féminin est désavantagé par rapport au physique masculin. D'une violence physique, on oppose donc une violence psychologique en ayant un langage guerrier, une agressivité terrible en réponse.
      Quel est donc l'issue?

      Les associations féministes ont aussi le gros défaut de toutes les institutions sociales. Elles subordonnent leur aide à un certain comportement, demandent des justificatifs et se servent, en plus, de la souffrance de celles qu'elles aident pour se les inféoder. On est toujours dans la tutelle. Et bien entendu, qu'on ne va pas cracher sur la main qui vous nourrit.
      Tiens, j'ai discuté avec des femmes sortant d'un foyer d'aide. Elles n'en pouvaient plus, à la fin, avec le couvre-feu, par exemple, qui peut exister! Le couvre-feu chez des adultes sensés être responsables!
      Je te conseille de lire ce blog et surtout cet article:
      Lebrac, c'est pas bien, tu fais honte aux pauvres

      Tiens, tu m'expliqueras pourquoi les SDF sont majoritairement des hommes ? Enfin, c'est en train de changer, on voit des femmes avec enfant, maintenant.
      Où est le ministère du droit des femmes, maintenant?
      Ah, oui, occupé à défendre la contraception...

      D'ailleurs, s'il y a une femme qui m'a aidée dans ma vie à être autonome comme tu dis, c'est une vieille dame, une grande dame, dont la dignité et la grandeur étaient remarquable: ma grand-mère, dont les propos auraient hérissé les féministes.

      En conclusion, on ne combat pas le machisme avec la violence, mais l'intelligence.
      Les seuls capables de répondre avec la même violence, sont les hommes.
      Tu admettras que c'est difficile d'obtenir l'aide d'autres hommes en les traitant tous de vils exploiteurs collaborant au patriarcat ambiant, en traitant tous les hommes comme des ennemis.
      Les machistes séparent l'humanité en deux groupes.
      Et comme tu le dis, les féministes font de même.
      On arrête quand cette espèce de guerre des sexes?

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  2. « La personnalité de Najat Vallaud Belkacem »

    Ainsi, ce qu'on murmure dans certains cénacles serait vrai ? Najat Belkacem aurait bel et bien une personnalité ? C'est fou…

    Pour la suite, franchement, si on ne peut plus cogner sur nos femmes et nos enfants, il nous restera quoi, comme consolation, dans l'existence ?

    (Je garde un silence pudique sur l'irrésistible commentaire de l'inénarrable Gégé, n'ayant pas pour habitude de stigmatiser les handicapés mentaux.)

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    1. Mon niveau intellectuel ne me permets pas de répondre à de tels arguments pourtant exprimés avec tant de tact et de délicatesse

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    2. Didier, c'est pas grave, on cognera sur les vieillards en pré-retraite. Vous dénoncerez vos petits camarades, afin d'échapper à la curée.
      On sait que quand une femme comme Belkacem vous plait vous avez du mal à penser qu'elle a un cerveau.
      Et Gérard vous a répondu.

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    3. Je n'ai aucun mal à penser qu'elle a un cerveau ! C'est simplement que son cerveau ne m'intéresse pas plus que ça…

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    4. Je vais vous faire un aveu. Je ne l'apprécie pas beaucoup, mais avant de trouver que ce n'est pas une bonne femme politique, j'ai quand même étudié ses actes et ses paroles. Elle n'a rien de très brillant. C'est dommage.

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  3. Deux éléments se combinent :

    -(optique social-démocrate et classifications) : on considère que les femmes sont intrinsèquement un groupe social menacé, « à risque », et on fait une politique publique qui les visent spécifiquement.

    -(optique néolibérale) : on considère que l’État n’as pas à intervenir, surtout en matière sociale, et on crée le ministère pour faire diversion, par opportunisme politique (65 millions étant une somme grotesque pour agir, moins que le budget annuel d’une université).

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