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lundi 20 août 2018

Le République en Marche vers la Honte


Trois infos ont retenu mon attention ces derniers jours:
Trois petites choses anodines, des faits divers, vous me diriez mais qui sont symptomatiques de problèmes bien plus graves et d'un comportement inacceptable de la part de nos élus, nos gouvernants et nous-même; car quelque part, nous sommes responsables de nos dirigeants, comme dirait l'autre, on a les dirigeants que l'on mérite.

vendredi 23 février 2018

quand le vocabulaire de la haine nous envahit: les migrants






Nous sommes pollués sans nous en rendre compte par l'univers idéologique du racisme et de l'extrême-droite, et ce dans notre quotidien et je vais vous en démontrer la raison.


Louis-Ferdinand de Saussure disait que la sémantique, le choix du vocabulaire, n'est jamais innocente car elle nourrit des sous-entendus et connote ce qui ne doit pas l'être, en d'autres termes, pervertit ce qu'on qualifie et le "diabolise". C'est assez curieux quand on connait d'ailleurs la propension de l'extrême-droite à crier à la victimisation et la diabolisation quand on contrecarre leur discours.

" la description sémantique n'est jamais innocente des présupposés qu'elle vient nourrir, et c'est dans ces présupposés, me semble-t-il, que se trouve la matière la plus cruciale des débats linguistiques du temps."

Si là, Saussure parle de linguistique et de séparation des thèmes, en remettant l'historique, le pragmatisme dans l'évolution de la sémantique, on peut parfaitement extrapoler, aller au delà pour voir comment on arrive à être pollué par les thèses de l'extrême-droite dans des discours de politiques qui se disent de gauche, du centre et de droite républicains.

Nous allons prendre le thème actuel en vogue des réfugiés et demandeurs d'asile, qui devient très populaire et vendeur en terme de débat dans les médias, sur les Réseaux Sociaux et ailleurs.


La situation est la suivante:

Notre pays est dans une situation migratoire et au niveau de la géographie des populations, de la dynamique de la natalité, en décroissance, voire en crise:

- crise de la natalité, en baisse depuis deux ans, le remplacement des classes d'âge les plus âgées ne se font pas, occasionnant par là même une crise sociétale au niveau de nos anciens, qui s'amplifie et qui n'est qu'au début: bientôt, faute de jeunes cotisants et de jeunes tout court, nous aurons une pléthore de personnes âgées sans ressources et dans une santé précaire.

-crise migratoire sans précédent effectivement, car il existe une hémorragie de jeunes diplômés français qui quittent le pays, faute d'avenir, et nous ne sommes plus un pays attractif, plus personne ne pense venir en France s'établir pour prospérer....car la plupart des gens savent que la France est en crise profonde, effectivement civilisationnelle, car le racisme et les discriminations y font plus l'actualité que les créations d'emploi. La France n'attire plus que le désespoir.

-ceux qui arrivent chez nous sont en majorité des gens qui sont en danger de mort dans leur pays, soit par une crise économique encore plus terrible que la nôtre, un pays ravagé par les crises climatiques, ou la guerre que nous  avons causé ou contribué à faire prospérer la plupart du temps.

Ce sont des demandeurs d'asile, des réfugiés, qui sont en crise humanitaire et ne choisissent pas de venir ici de leur plein gré.


Vous vous souvenez de la chanson Lilly?

"dans un bateau plein d'immigrés, qui venaient tous de leur plein gré vider les poubelles à Paris"

Maintenant, travailler aux poubelles est un job comme un autre, qui a même des avantages et ceux qui viennent en bateau y sont contraints, ce n'est pas le gouvernement français qui affrète des navires afin de recruter des gens car la croissance de la France est tellement forte qu'on offre des jobs en pagaille....vous me direz, avant , nous étions en plein emploi et on parlait déjà d'envahisseurs....

Maintenant, penchons-nous sur le terme immigration:

 C'est l'action de venir travailler et s'installer dans un pays mais pour que cette immigration soit réelle, il faut qu'il y ait des perspectives d'avenir, soyons un minimum sérieux.
Ceux qui émigrent de France vers Dubaï, les USA, y vont en pensant avoir une perspective économique viable. Ce sont des immigrés également.
Ceux qui vont et viennent en quête d'emploi sont effectivement des migrants mais chez eux, ils ont un foyer, ils ont une vie.

Les réfugiés n'ont plus rien.

Ce ne sont pas des "migrants".

Le terme migrant apparait en adjectif qualificatif en 1951, venant qualifier le nom travailleur ( source CNRTL). Il devient un nom, c'est à dire un substantif en pleine vague d'importation de main d'oeuvre étrangère, en 1961.
Ce terme insiste sur la migration , ce qui est perçu comme le déplacement d'étrangers. On parle de certains comme d'espèces animales, c'est une migration, ce sont des migrants.
La notion d'envahissement n'est pas loin.
Afin d'insister sur le fait que ces gens, souvent d'origine portugaise, italienne, espagnole, polonaise, puis magrébine, noire-africaine, ne sont pas des gens de chez nous, on les caractérise par ce qu'ils sont censer faire, immigrer, avec le préfixe im- qui est lui même agressif, vers l'intérieur, ces gens rentrent dans un pays pour y migrer.
S'ensuit une longue période où on continue de caractériser des gens qui ont bientôt trois générations installées en France, d'immigrés...chose bien pratique pour ne pas les nommer comme ce qu'ils sont maintenant, soit, des Français, des citoyens, comme les autres

En les nommant immigrés, migrants, par leur supposée action présente ou passée, on les déshumanise.


Dans les années 70, arrive la crise des boat people, puis la vague des réfugiés politiques du moyen-orient.
Les boat people, on arrive à les accueillir.
 Les réfugiés, on les tolère et puis, ils font bien sur le CV de cette France qui se sent encore patrie des droits de l'homme malgré ses centaine d'années de colonialisme.
C'est Salman Rushdie, par exemple en Angleterre. En France, on accueille nombre de libanais, iraniens,  intellectuels ou artistes.
 On les monte au pinacle et on accueille ces intellectuels source d'enrichissement culturel dans la France de Mitterrand et Jack Lang, avec délice.
On tue pourtant de jeunes français d'origine immigrée, comme Malik Oussékine.
Puis on commence à parler de ces sans papiers, clandestins , noirs, arabes, sensés se cacher et prendre le travail des français,avec l'arrivée de Le Pen dans la vie politique.
En effet, ces gens sont sans papier, et se cachent, donc clandestins.
C'est encore là la caractérisation d'un processus de déshumanisation.
Les gens ne sont plus hommes, vieillards, femmes ou enfants, mais sont caractérisés par leurs attributs: sans papier, clandestins, la caractérisation d'une administration judiciaire, avant, la caractérisation de l'immigration découlait de l'activité économique, vous me direz.

Mais ces espèces d'épouvantail, de mythe urbain, que sont devenus les sans-papiers, les clandestins, les immigrés, est en train de culminer avec le terme migrant que l'on sert à toutes les sauces, de nos jours.

On les caractérise par une action que l'on suppose, soit qu'ils viennent s'établir chez nous, ce qui est complètement faux, d'ailleurs. Nombre de réfugiés retournent chez eux, une fois la paix ou la prospérité retrouvée.
On les classe donc selon des critères économiques et juridiques, même dans les associations qui sont sensées leur venir en aide...
Des migrants...
Comme si on appelait les Français les sédentaires, les mangeurs de grenouilles...ah tiens si, ça les anglo-saxons le disent et ça se nomme du racisme, d'ailleurs.



Dans la caractérisation migrant  disparaît la raison humanitaire qui fait que ces gens arrivent ici, en France.

Ce n'est plus depuis longtemps une raison économique, encore que la conséquence pourrait l'être, et de manière bénéfique.
Les Allemands se portent plutôt bien, avec leur million de réfugiés accueillis, d'ailleurs.

Ces gens-là fuient la guerre, la famine, les ravages du climat sur leur pays, s'ils ne partaient pas, ces gens-là en mourraient, ils ne choisissent pas de venir ici.
Ce sont des gens qui se réfugient ici et sont demandeurs d'asile pour la plupart et trier la misère de ceux qui viennent à cause de la guerre ou d'une économie ravagée par les exigences du FMI et la corruption entretenue par nos financiers....euh...c'est d'une mauvaise foi immonde de vouloir distinguer ces gens de part leur future situation administrative, Mais c'est ce que la patrie des droits de l'homme fait.

Si on accepte leur demande d'asile, ils auront un statut de réfugié, sinon ce seront  des clandestin ou des sans papiers...voire même des "dublinés", là, on leur enlève même leur capacité à agir vu qu'on les réduit à une réglementation européenne qui agit sur eux sans qu'ils puissent contester la "dublinisation", un processus passif....


Mais  maintenant, on fout toute cette misère dans un grand sac qui pue linguistiquement parlant, vu que ce sont tous des migrants....notez le péjoratif de ce terme, linguistiquement parlant, le -i est agressif et le -ant précédé des gutturales -gr sonne de manière plaintive....
Les mots ne sont pas innocents, ils ont bien un sens.

Le migrant n'est pas le français, ni l'être humain, ni notre égal, c'est un migrant.

C'est en quelques sortes, le vocabulaire de la haine du FN, de l'extrême droite, du racisme qui nous a envahit et nous tient dans son idéologie.
Quelque part, on a abdiqué à la peur de l'autre qui n'est même plus une personne, non, c'est un migrant,

Et ça culmine dans la loi dite "asile immigration" de Gérard Collomb.

" le constat que fait Gérard Collomb sur les difficultés qu'a la France à subir des vagues d'immigration est le bon "

Louis Alliot, Bourdin direct.

Nous avons là toute la sémantique du Front national et de l'extrême-droite en particulier.
Des vagues d'immigrations ....



Et on lui fait écho, nous, les "gentils", en parlant du drame des migrants...

On lui fait effectivement écho en parlant d'immigration, là où on a une problématique humanitaire, avec des personnes en détresse à secourir, qui viennent se réfugier où elles peuvent.
On colle le thème de la politique migratoire avec le droit d'asile. Cela se sublime dans l'infect dans le nom de cette future loi "asile-immigration"...

 On ne parle que de tri, de rejet, d'opposition, avec le présupposé du soit disant principe de réalité qu'est cette magnifique phrase "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde"...même si cette misère, on la créée en pillant les matières premières des pays de ces hommes et ces femmes et accessoirement on y entretient la guerre, bien entendu quand on peut, on va soi même la faire, on n'est jamais si bien servi que par soi-même, et là, ça ne gêne que peu de personnes de faire migrer nos soldats là bas...
Avec cette logique implacable immonde qui est qu'il est plus facile d'importer du pétrole ou de l'uranium que de pauvres gens à qui on a volé ce pétrole et cet uranium.
Vous me direz, c'est une autre histoire?
Je n'en suis pas si sure.
Il y a une chose qui crée facilement des échanges, c'est la capacité d'entretenir la haine et le rejet de l'autre, surtout quand on montre l'exemple.

En savoir plus:

le point de vue du HCR




















*Études sémantiques et pragmatiques sur le temps, l'aspect et la modalité, Louis Ferdinand de Saussure, Université de Neuchatel

mardi 19 avril 2016

Citation de Huxley concernant aussi la philosophie

"Et j'ai à peine besoin d'ajouter que ce que nous appelons connaissance est simplement une autre forme de l'Ignorance - hautement organisée, bien entendu, et éminemment scientifique, mais pour cette raison même d'autant plus complète, d'autant plus productrice de singes irascibles. Quand l'Ignorance était simplement l'ignorance, nous étions les équivalents des lémuriens, des ouistitis et des singes hurleurs. Aujourd'hui, grâce à cette Ignorance supérieur qui est notre connaissance, la taille de l'homme s'est accrue dans une telle mesure que le moindre d'entre nous est maintenant un babouin, le plus grand orang-outan, ou même, s'il prend rang de Sauveur de la société, un authentique Gorille."

Temps Futurs, 1949

lundi 4 janvier 2016

Une réflexion de Jean d'Ormesson

Entendu tout à l'heure à la radio:
" longtemps, j'ai cru que la droite et la gauche, c'était pareil.
Puis des amis très chers de gauche m'ont dit:  mais tu sais, c'est une idée de droite que de croire cela.
Effectivement, la gauche semble plus généreuse.
L'erreur de François Hollande est de faire croire cette même chose, que la gauche et la droite soient pareilles, pour de pas si obscures raisons, en prévision sans doute des futures élections."
D'après Jean d'Ormesson

samedi 18 mai 2013

Mariage pour Tous: le révisionnisme ou la bourde de trop de Christine Boutin

Je suis en pleine enquête sur le périple de mes grands-père durant leur captivité pendant la Deuxième Guerre Mondiale. J'ai retrouvé le premier camps de mon Papy, le Stalag X B. Ce camps faisait office de gare de triage aussi. Je ne sais pas où il est allé ensuite.
Toujours est-il que j'ai continué mes recherches sur le Net. Je suis alors tombée sur le journal du Patriote Résistant, édité par la FNDIRP.

Le Patriote Résistant : non, ce n'est pas un avatar d'un courant nationaliste raciste, c'est même le contraire: sur les derniers numéros, un article traite de la montée des extrêmes droites, sur un entretien avec Dominique Vidal.
Un autre traite de la montée de l'antisémitisme, de l'islamophobie, du racisme envers les Roms et de l'homophobie( c'est dans le rapport complet qui est cité )

On y est : l'homophobie.

Le Mariage pour tous a été promulgué. Je ne voulais pas faire un article spécial dessus, certains l'ont fait mieux que moi.
Mais Christine Boutin a déclaré hier son opposition et sa volonté de combattre le fait que des gays puissent se marier en employant le terme de trop: Madame fait de la Résistance! Cela a déjà été employé avant, dans la Manif pour tous, par Frigide Barjot.
Mais là, je suis en pleine recherche sur les camps de concentration pour prisonniers de guerre et c'est le mot de trop.
Faut-il rappeler à Madame Boutin que des homosexuels ont été déportés et que nombre en sont mort, car ceux-ci étaient traités pire que des chiens par les nazis, comme une espèce à éradiquer, dangereuse et menant la civilisation à sa perte, d'ailleurs ce que dit un des plus célèbres nazis, Himmler, en 1937, est révélateur à ce sujet et rappelle malheureusement des propos entendus dans la rue récemment:
Ceci est extrait d'un site rappelant la déportation subie par les homosexuels:

« Si j'admets qu'il y a 1 à 2 millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des hommes sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. À long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel... Un peuple de race noble qui a très peu d'enfants possède un billet pour l'au-delà : il n'aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et dans deux cents ou cinq cents ans, il sera mort... L'homosexualité fait échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement; elle détruit l'État dans ses fondements. À cela s'ajoute le fait que l'homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs... Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l'Allemagne, la fin du monde germanique.»
Discours du chef nazi Himmler sur l'homosexualité prononcé le 18 février 1937


Et franchement, comment vouloir entrer en Résistance, avec la symbolique que ce mot suscite encore, ainsi que ses valeurs, comme le clame Boutin, avec des gens qui suivent le mouvement qu'elle dit représenter, qui ont à peu près les mêmes discours...durant les manifs pour tous...

Je trouve personnellement que c'est une grosse connerie, qui insulte ce qui s'est passé durant la Seconde Guerre Mondiale, quand en plus on nous apprend que 60% des homosexuels ont été dénoncés par la population et que 50 000 ont été condamnés par des tribunaux nazis....On estime le nombre de déportés à 10 000 environ et très peu rentrèrent de ces camps. La reconnaissance de ces déportation avance vraiment doucement.

Alors mélanger le terme de Résistance à une idéologie politique résolument contre l'égalité qu'offre le mariage pour tous...cela sent en fait très mauvais et frôle le révisionnisme.

PS: je rappelle, à toutes fins utiles que je milite personnellement pour l'union libre pour tous et la fin du mariage civil (je plaisante à moitié).

lundi 15 avril 2013

Il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête


Cette chanson me revient en tête, en ce moment.
Il s'agit de Balavoine, et de "la vie ne m'apprend rien".
Elle est toujours autant criante d'actualité...

Qui ose dire qu'il peut m'apprendre les sentiments
Ou me montrer ce qu'il faut faire pour être grand
Qui peut changer ce que je porte dans mon sang


 C'est bien le problème, combien de fois est-on jugé par les autres, ceux qui se croient ses adversaires, ou ceux qui se pensent les supérieurs...On en revient à ce foutu échelon social, qui fait que certains pensent en terme de revenus, de profession, d'influence supposée, d'âge ou d'origine ou de culture, qui classerait l'humanité en fonction de ceux qui seraient évidemment au-dessus, les happy few, les intellectuels, les rentiers, les retraités et ceux qui seraient en-dessous, les untermenschens, les pauvres, les manuels, les employés, ceux qui n'ont qu'un CAP...et je n'ai pas parlé du lieu de résidence, de l'origine et de l'ethnie, voire de la religion.
"Qui peut changer ce que je porte dans mon sang". Daniel Balavoine n'était pas d'origine modeste, mais il était néanmoins basque et landais, sans doute ces pays-là ont le goût de la liberté et de l'indépendance d'esprit, sans doute a-t-il très tôt été révolté par ce qu'il voyait dans son pays. Il ne s'est jamais vu comme supérieur aux autres et a même été le porte-parole des marginaux, des déclassés, de ceux dont on ne voulait pas dans cette France post 30 glorieuses, cette France de la crise qui commençait.
Ce qu'on porte dans son sang, ce n'est pas la supériorité.
C'est ce qu'on est profondément. Et cela ne dépend guère d'un échelon social.
On parle de lutte des classes, mais elle ne s'éteindra jamais si on ne cesse d'élever des barrières entre les hommes.
Pourtant, on a tous le même sang.


Qui a le droit de m'interdire d'être vivant
De quel côté se trouvent les bons ou les méchants
Leurs évangiles ont fait de moi un non-croyant


Dans notre époque, ce n'est même pas d'interdire qu'il s'agit mais quoi interdire. Ce n'est pas d'interdire à certains d'être vivants, non, ce serait trop simple, c'est d'interdire de penser comme on le veut.
De quel côté se trouvent les bons et les méchants...Cela a de quoi faire sourire. Surtout quand on voit tellement certains parler de ceux qui refusent le racisme "d'axe du bien", et ensuite essayer d'expliquer "la guerre civilisationnelle" en s'embrouillant derrière une menace.
Leur évangile a fait de moi un non-croyant...Je pense à ceux qui se sont résignés, qui ne croient plus les politiques, perchés sur la tour d'ivoire de leurs mandats et de leurs responsabilités.
On en vient à la notion même de politique en France : une évangile avec les croyants de gauche d'un côté, les croyants de droite de l'autre, chacun symbolisant les méchants réciproquement...avec une morale qui vous dit qui sont les bons et qui sont les méchants, un dialogue de sourd...L'abstention grandit.

La vie ne m'apprend rien
Je voulais juste un peu parler, choisir un train
La vie ne m'apprend rien
J'aimerai tellement m'accrocher, prendre un chemin
Prendre un chemin


Combien d'entre nous sont ainsi, à un carrefour, dont toutes les routes mènent à rien...Tous ceux qui paient l'austérité, tous ceux à qui on ne tend plus la main depuis longtemps, sans compter ceux à qui on ne l'a jamais tendue. Et certains s'étonnent et s'offusquent qu'ils tracent leur propre chemin, quand un jour ils comprennent qu'attendre bien sagement dans les rails qu'on leur a tracé mène à une voie de garage...
Combien de nos jeunes sommes-nous prêts à sacrifier, combien d'ouvriers, pour que notre vie soit la plus confortable possible, pour des retraites dont beaucoup d'entre nous savent qu'ils n'y auront pas droit...
Il y a révolte et révolte: les émeutes que certains veulent nous faire prendre comme une révolution sont un bel exemple.
Je suis prête à comprendre certaines révoltes, mais pas celle de nantis qui ont largement la vie assez confortable pour s'en prendre à Fourest, et Dieu sait si je ne la porte pas dans mon coeur, parce qu'ils sont assez désoeuvrés pour croire que le mariage pour tous est un sujet vital pour la Nation.

Mais je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font plus les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là


Les lois ne font plus les hommes depuis longtemps. Où est le bel Idéal Républicain, quand on continue à laisser des gens s'appauvrir et qu'on ne défend plus l’Égalité, la Fraternité, qu'on restreint la Liberté, mine de rien, de plus en plus....
Mais quelques hommes font la loi...
En Espagne, en France ou ailleurs, le même constat de la majorité qui ne vote plus: à quoi bon, de toute manière, ils n'écoutent plus, si jamais un jour ils nous ont écouté.

À ceux qui croient que mon argent endort ma tête
Je dis qu'il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête
Ils croient peut-être que la liberté s'achète


Voilà pourquoi cette chanson me trotte dans la tête : il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête.
Ce soir, vers 17h, les ministres vont publier leur patrimoine.
Non, d'être riche ne fait pas de quelqu'un un salaud et d'être pauvre, un type bien.
La richesse ou le manque de richesse n'a jamais fait l'intelligence, cela se saurait.
On va avoir droit à un étalage des biens des ministres : et alors ?
Cela va-t-il changer quoi que ce soit à nos vies et celle de nos enfants? L'économie française va-t-elle se redresser, d'un coup, par miracle? On va avoir ces 3%  de déficit, une croissance retrouvée, une vie sociale apaisée parce que les parlementaires vont mettre à poil leur patrimoine?

Que reste-t-il des idéaux sous la mitraille
Quand les prêcheurs sont à l'abri de la bataille
La vie des morts n'est plus sauvée par des médailles


Qu'est-ce qui reste de nos idéaux? Est-ce que nos élus, riches ou pas, sont proches de nous et de nos préoccupations? Combien sont capable de recevoir une personne dans la détresse, de l'écouter et de l'aider vraiment? Combien sont plus à Paris que dans leur circonscription? Combien connaissent-ils mieux les couloirs des Chambres parlementaires que leur bureau de député dans leur département?
Un élu doit être la voix du Peuple. Et bien, elle est sacrément aphone, cette voix.

La vie ne m'apprend rien.

Non, il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête. La preuve, tant qu'on parle de la fortune de nos élus, on ne parle pas de la crise économique. Il ne suffit pas non plus d'être riche pour être respectable.
Une petite pensée à ceux qui ne peuvent pas calculer plus que la prochaine facture, ou qui cherchent un travail désespérément, un un logement décent. A ces gens-là, la vie leur a trop appris.
Un jour, fera-t-on des lois pour eux aussi?

image d'en-tête ici

jeudi 4 avril 2013

Petite histoire de corruption ordinaire






Avertissement: toute ressemblance avec la corruption  et la gabegie actuelle serait fortuite et involontaire. Je plaisante!

Il était une fois un jeune homme prometteur qui décida de militer dans un parti politique. Un a un, il gravit les échelons de la responsabilité au sein de sa section locale.
Parallèlement à cela, il est avocat, médecin, cadre ou autre. Peu importe.

Le fait est qu'un jour, il devient maire. Je pourrais dire aussi conseiller régional, député. Mais l'exemple du maire est plus parlant pour la suite.
Pendant la campagne, il a serré les mains, bu des cocktails, rencontré des hommes influents , des chefs d'entreprise par exemple. Et il a sollicité leur appui.

Une fois maire, un de ses appuis vient le voir. En effet, une de ses relations convoite un terrain agricole à vendre, qui n'est pas constructible. On a donc besoin de l'appui du Maire, afin de pouvoir y  bâtir une résidence, bien placée, sur laquelle on aura donc fait une belle plus-value en achetant le terrain au prix agricole (qui n'a rien à voir avec la valeur d'un terrain à bâtir)...le jeune élu se sent obligé de renvoyer l'ascenseur, sous peine de ne plus être soutenu par une personnalité locale qui compte.


Ce n'est rien, une broutille. Pas grand chose. Après tout, on a besoin de nouveaux logements, la localité est comme toutes les autres, et un petit service ne fait de mal à personne.

Et puis, l'élu remarque d'autres terrains disponibles si on est persuasif, des zones agricoles qui pourraient être passées en constructibles, avec des constructions lucratives. Et pourquoi pas empocher des bénéfices, en passant, une petite commission au premier propriétaire aussi serait pas mal...

Et ainsi se créée une petite chaine de bénéfices entre amis. Si en plus, on arrive à maquiller tout ceci derrière des sociétés écran, si on se met aussi à préférer ses relations en échange de réciprocité financière ou autre, bien entendu, pour réaliser des travaux, des logements HLM, etc...


Et  tout un système se met en place, des bons amis qui sont là. Un jour, on a vraiment des rentrées d'argent trop importantes. Faut les justifier, faut les cacher...on demande donc aux amis des amis d'ouvrir des comptes ailleurs...

Et puis, on s'est tellement démené pour ses administrés, la Nation, qu'un peu de beurre dans les épinards, ben on l'a bien mérité et puis, il faut faire fructifier son argent...et comme sa fortune, on ne peut pas la révéler, on la place dans des paradis fiscaux...

Oui, en quelques dizaines d'années d'exercice de la Politique, on a eu le temps de bien goûter à tout ceci. On a eu le temps de s'habituer à tout ça. On n'a pas eu le temps de remplir une carrière professionnelle honorable, se dit-on.
Et on fait tout pour en croquer au maximum  le plus longtemps possible...

Bien sûr, il existe des maires qui vont se dévouer toute leur vie à leur commune, souvent des ruraux, des petits village, en ayant une probité exemplaire.
Bien sûr qu'un élu pourri peut être un très bon maire, à côté de cela, et être très aimé, c'est clair quoi qu'après, c'est un peu dur de refuser certains privilèges à ses amis très chers, vu le chantage qu'on peut exercer sur lui. Donc aimé, oui, indépendant, là...et objectif, heu...juste?....joker

Mais si on limite les mandats successifs tout en laissant l'élu se représenter dans un autre type de mandat et en interdisant un cumul de toutes les sortes, il y a moins de risques qu'un système de corruption s'inscrive dans le temps et s'aggrave. C'est une des mesures simples et économes à prendre afin d'enrayer cette gabegie, pas la seule, on peut en trouver d'autres, c'est sûr, mais un bon début.
Il y a plus de facilité pour l'élu de garder le contact avec la réalité, et de rendre les tentations moins redoutables, si on sait qu'on ne peut pas s'incruster dans la fonction très longtemps.

Si on ne s'attaque pas aux racines du mal, celui-ci n'est pas prêt de s'arrêter.
Et cela commence par une histoire: il était une fois un jeune élu....ambitieux,passionné et motivé mais...

Un mal bien trop présent plus on avance dans les échelons sociaux de la société, faut-il le rappeler.
Extraits:


"Parce que finalement, c'est assez facile de s'attaquer à la fraude des plus modestes. C'est ton voisin, ton pote, le mec d'en face, la fille d'à côté. C'est peut-être même toi si ça se trouve.

C'est facile de s'attaquer à ceux qui fraudent en France. Appelons ça la fraude de voisinage, ou la fraude intra-muros tiens.

  • La fraude de ceux qui ne gagnent pas assez pour faire évader leur pognon.
  • La fraude de ceux qui n'ont pas assez de fric pour se payer les services d'un stratège fiscaliste
  • La fraude de ceux qui n'ont pas le pouvoir
  • La fraude de ceux qui n'ont pas de réseau et qui n'ont pas de relations en Suisse ou à Singapour.

Attention: je ne suis pas en train de dire qu'ils ont raison de frauder et qu'il ne faut pas les sanctionner. Je dis juste que dans ce domaine, il y a fraude et fraude. "



Image issue du site de Human Rights Watch Europe.

lundi 1 avril 2013

Le Poisson d'Avril du Point?

Voilà une belle déclaration d'amour, complétement incongrue, d'une" invité" du Point, Nathalie Rheims, qui déclare sa flamme à Henri Guaino, celui qui incarnerait selon elle, la grandeur et la servitude du Gaullisme...
Serait-ce un poisson d'Avril?
Extraits à savourer sans modération:


"La pertinence d'un De Gaulle en 1940

On peut être en complet désaccord avec ce que dit Henri Guaino, mais on est bien obligé de constater qu'il est actuellement le seul, dans ces débats, à faire entendre une cohérence politique, celle du gaullisme, à l'assumer jusqu'au bout. Cela tranche radicalement avec le bruit de fond du discours politicien habile mais souvent inaudible des tenants d'une République qui ne se comprend plus elle-même. Autre contraste que j'apprécie particulièrement chez lui, sa civilité, sa courtoisie, ses convictions toujours argumentés, face à la vocifération des populismes et à leurs surenchères dans l'injure. Revendiquer le droit, la liberté de critiquer la décision d'un juge quand on est député peut paraître choquant dans un premier temps. Certains ont vite fait de mettre ça sur le compte d'une amitié suspecte, mais si on se donne la peine d'écouter ce qu'avance Henri Guaino, force est de reconnaître la cohérence et le courage de sa pensée politique, le respect s'impose.
C'est ce que je ressens de plus en plus et sa solitude m'apparaît chaque jour comme un signe de sa pertinence qui n'est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, celle d'un De Gaulle en 1940, seul face à l'ensemble des corps constitués. En ces temps de marasme qui prennent des allures de déroute, c'est peut-être ces idées claires et fermes que les citoyens attendent de leurs leaders politiques."

Oups, je crois qu'elle pense ce qu'elle a écrit...

vendredi 29 mars 2013

Hollande: la critique est aisée mais l'Art est difficile



Hier, je n'ai pas vraiment été très attentive à l'intervention de Hollande, je l'avoue.
Queuille a dit "les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent". Je suis donc passée très tôt d'un soutien actif pendant la campagne présidentielle à une critique objective du nouveau pouvoir.
Je ne regrette aucunement mon vote, finalement. Sarkozy n'aurait de toute manière jamais tenu la distance face à la merde dans laquelle se trouve le pays. Cela a beau fanfaronner dans tous les sens à l'UMP, je trouve que Hollande tient bien le choc, face à une situation pareille: d'autres auraient eu une autre image que celle du gentil mou qui sourie béatement, dont on veut l'affubler. D'autres auraient été moins sympathique.
Les français adorent détester leur président. Il n'y a guère que dans la cohabitation qu'ils l'encensent. Et la cohabitation n'est pas pour demain.

Que peut-on retenir de l'interview de Hollande.
Il a hérité d'une situation pourrie, le chômage galope, le pouvoir d'achat recule. C'est clair que ce ne sont pas les meilleures auspices qui soient. A l'évidence, il savait que ça allait chauffer pour son matricule, mais pas autant. Bon, faut dire qu'il a la responsabilité maintenant de tout ce bouzin sans l'avoir créé.

Les mesures proposées? Rien de révolutionnaire. Tout a l'air bien sur le papier. Encourager l'artisanat, limiter les allocations pour les plus riches, continuer l'effort...oui, mais quelles mesures concrètes préconisera la gouvernement? Là est l'interrogation, en fait.

Sur la PMA, elle ne sera pas étendue aux couples de lesbiennes vraisemblablement. Cela n'était pas dans ses promesses.
Il a parlé du cumul des mandats. Bien, mais quand?

La taxe de 75% sera mise en oeuvre pour les entreprises: avant ou après que les actionnaires aient pris leur dîme? Sinon, cela pourra être néfaste, avant, cela encourage à réinvestir mais pas après.
C'est une dimension à prendre en compte: la Recherche et Développement, la fameuse RD, est au plus bas, or, on ne peut que constater que sans réel réinvestissement vers l'avenir, sans modernisation des outils productifs et sans innovation, une entreprise périclite. Seulement, on a pris l'habitude de servir en premier les actionnaires quand on distribue les bénéfices. Ceux-ci sont gourmands et laissent des miettes pour le réinvestissement nécessaire à la pérennité d'une entreprise. La seule solution est de rendre plus rentable, y compris pour les actionnaires, le réinvestissement des bénéfices. Cela a l'air pourtant simple mais personne ne s'est encore lancé dans cette démarche réellement, y compris ceux qui encensent les mécanismes du marché, qu'il ne faudrait pas perturber...quelle ironie...
La participation aux bénéfices  pour les salariés est aussi un vrai chemin afin de faire remonter le pouvoir d'achat. Elle est courante en Allemagne et marche bien. En France, c'est encore un sujet tabou.

Une bonne chose dans les annonces de Hollande : simplifier les normes. Par exemple, on doit souvent remplir des formulaires à la main au lieu de directement les remplir sur Internet. On fait l'expérience souvent: si vous cherchez un formulaire, il n'est qu 'imprimable, pas directement accessible pour le remplir. Or, cela coûte du temps et de l'argent pour tous. Au sujet des entreprises, c'est encore pire. Les limites de vouloir tout fliquer et contrôler...

Au sujet de la Syrie, il semble qu'on ne s'achemine pas vers une aide trop directe à la résolution du conflit. Mais on a vu avec le Mali que ce que dit Hollande n'est pas éternel dans le temps. D'ailleurs, on nous reparle de ces fameuses élections qui vont se dérouler en juillet...soyons un minimum optimiste, même si je ne suis pas sure que le chef militaire qui a accédé au pouvoir soit vraiment enclin à partir. On connaît la situation. Je ne rajouterai rien à ce que j'ai déjà dit sur cette guerre mais n'en renie rien non plus.

Il y a eu un passage intéressant sur la rigueur dont Hollande ne veut pas...oui, mais on n'a pas ici une vraie preuve d'une politique de relance. Les mesures sont vagues. La précarité et les tensions s'installent. Oh, je sais qu'il faut rester optimiste. De toute manière, se lamenter sur son sort ne sert à rien mais force est de constater que pour le moment, il n'y a guère de signal fort en direction des plus faibles. Et cela dure depuis le début.
C'est quoi, un signal fort? Une mesure qui fait que celui ou celle qui ne roule pas sur l'or se dise, tiens, le gouvernement a annoncé telle mesure et bien, je vais la sentir de suite dans mon quotidien, qui va  s'améliorer grâce à cela. Pour l'instant, on ne voit rien de tel: il y a eu des augmentations d'impôts, sans doute nécessaires, oui. Des coups de pouce, des mini-mesures, des politiques dont on nous dit qu'elles prennent du temps. Le temps, c'est souvent ce que les gens démunis gèrent moins. Ils ont un mois à chaque fois pour payer un loyer, quelques jours pour des factures diverses, des échéances...
Les dernières mesures prises au Sénat ont été pour instaurer une journée de la Résistance au 27 mai, et pour abolir le délit de racolage...et certains râlent pour abolir la prostitution...sujet qui touche tout le monde, faut dire. Ah non?
Un député veut déposer une proposition de loi pour abolir la fumée dans les voitures quand il y a des enfants. Tout le monde fumerait-il? Ah non? Ah bon.
Tiens, Hollande est revenu sur le voile islamique, non, pas pour stigmatiser mais c'est un passage obligé pour un président, faut croire...sujet qui touche tout le monde, le mahométisme est-il devenu la religion dominante en France? Ah non? Ah bon.

Je ne hurlerai pas avec les loups néanmoins. On ne me fera pas dire que Hollande n'a pas de qualités ni que son action n'a pas des retombées positives.

Mais je terminerai juste avec une phrase, que j'ai dite à un commentateur récemment: on a la classe politique que l'on mérite.
Depuis quand, certains, qui n'ont pas l'excuse de la précarité, ne se sont pas levé le matin en se disant, je vais faire des trucs bien aujourd'hui, je vais faire quelque chose de bien dans ma vie, j'ai des projets, je suis positif, je vais de l'avant et je cherche à aider les autres et mon pays...au lieu de cela, ça râle, c'est mécontent, ça incrimine l'autre , y compris le politique, au lieu de se bouger les fesses et ça cherche uniquement à sauvegarder ses pauvres acquis, y compris si cela sous-entend écraser les plus faibles ou ceux qui sont différents. Avec une mentalité pareille, comment voulez-vous qu'on s'en sorte? Il y aura toujours un type qui se sentira supérieur et méprisera l'autre, de toute manière, dans ce schéma de pensée...

Le changement, s'il ne vient pas aussi de nous, il n'arrivera pas. Ou alors, d'autres le feront à notre place, et pas dans la direction que l'on souhaite.

Sur ce, je vous laisse avec la citation de Destouches sur la critique:

la critique est aisée mais l'Art est difficile.


Cela vaut autant pour Hollande que pour chacun de nous.

liens sur le sujet:

http://www.romainblachier.fr/2013/03/hollande-france2-pujadas.html
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/03/28/75-allocations-retraites-l-intervention-de-hollande-resumee_3150071_823448.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130328.OBS6117/hollande-favorable-a-une-baisse-des-allocations-familiales-pour-les-plus-aises.html
http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0202671825426-en-direct-l-intervention-de-francois-hollande-553599.php
http://feedproxy.google.com/~r/sebmusset/~3/ICq3CoepbFM/Hollande-France2-grand-oral.html
http://uneautrevie-stef.blogspot.com/2013/03/aucune-annonce-pour-sortir-de-lorniere.html
http://ruminanc.blogspot.com/2013/03/hollande-la-tele-et-moi.html
http://feedproxy.google.com/~r/Sarkofrance/~3/RoE3a9Cl7I4/television.html

mercredi 27 mars 2013

Le Privilège Blanc Majoritaire

Une réflexion à méditer de Rokhaya Diallo, sur la difficulté de ressentir et de cibler le racisme quand on est, comme moi, ou d'autres, né en France de parents d'origine française depuis des centaines d'années:

"Les sciences sociales américaines parlent de white privilege (le privilège blanc), le terme désignant les privilèges invisibles associés au fait d’être Blanc dans une société à majorité blanche. Lorsque l’on appartient à cette majorité, on n’a pas conscience de son statut ni des privilèges qu’il induit. On est mieux reçu que les non-Blancs dans bien des endroits, mieux traité par la Police nationale et on dispose d’un meilleur accès à l’emploi. Par conséquent, la volonté et l’idée d’entreprendre ne sont pas entravées par les mêmes obstacles et les efforts nécessaires à la réussite sont moindres. Pourtant, rien ne permet de s’en rendre compte au quotidien. Du moins, rien n’y oblige.
Le fait d’être Blanc implique d’être né dans un système conçu par l’Histoire au bénéfice des Blancs. La blanchité permet de tirer profit (souvent involontairement) du fait que les minorités sont discriminées. On peut le nier, l’ignorer ou être le plus fervent des antiracistes, rien n’y fait : être Blanc signifie hériter d’un système de domination qui procure des bénéfices. Même si l’on en n’est pas individuellement responsable, même si la complicité n’est pas délibérée, on a une place privilégiée « naturelle » dans la société. Ce qui ne signifie pas que tous les Blancs soient « dans le camp des méchants », seuls certains d’entre eux persistent sciemment à perpétuer la domination. On peut d’ailleurs condamner la domination raciste sans en avoir conscience soi-même, c’est-à-dire ignorer la part qu’on prend au système en étant récipiendaire d’avantages.
Lorsqu’on n’est pas potentiellement victime de racisme, il est difficile de mesurer les conséquences du racisme.(...)


De la même manière, il est très difficile de se rendre compte de ses préjugés et d'un certain racisme. On peut donc tout à fait condamner de bonne foi un certain racisme tout en ayant soi-même un comportement qui s'apparenterait au racisme de préjugé.
Pas évident... 

 

mercredi 6 mars 2013

Hommage à Chavez: Ban Ki-Moon et notre Monde

 On va essayer de ne pas parler des polémiques et être pragmatique : car , au delà des critiques sur l'autocrate, la criminalité venant tout droit de Colombie, les mafias des uns et des notables et la lutte contre les corruptions, Hugo Chavez a été un grand homme d’État pour son pays.

L'hommage le plus remarquable a été dit par Ban Ki-Moon:


"Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a rendu hommage au président vénézuélien Hugo Chavez, décédé mardi, soulignant qu’il s’était efforcé de «répondre aux aspirations et aux défis des plus vulnérables» dans son pays.
Hugo Chavez a «donné un élan décisif à de nouveaux mouvements d’intégration régionale, en se fondant sur une vision éminemment latino-américaine, tout en montrant sa solidarité avec les autres nations de l’hémisphère», a noté M. Ban. Il a aussi salué «sa contribution essentielle aux négociations de paix» en Colombie entre le gouvernement et les FARC."

sources: ici 

J'ai choisi cette illustration de Chavez à l'ONU, un livre de Noam Chomsky en mains, dénonçant certaines injustices dans le Monde et c'est cette image que je veux garder, c'est cette image que le Monde gardera, je pense.

mercredi 20 février 2013

Quatre petits bouchons, des millions d'autres en Afrique et nous

Hier, on a enlevé une famille au Cameroun, une famille immigrée en Afrique et travaillant pour GDF Suez, ce qui me fait vraiment suer, c'est qu'il y a 4 petits bouchons de 4 à 8 ans environ, d'après ce qu'on sait, et qu'ils ont été séparés de leurs parents.

Enlever des enfants si jeunes, c'est dur, c'est franchement inconcevable, vraiment.
La France a le record de nombre d'otages détenus dans le monde. Comment en est-on arrivé là?

Il faut dire que le Nigéria voisin est un pays qui crève de la corruption, et pourtant c'est le pays le plus riche d'Afrique, celui qui pourrait avoir des taux de croissance record.
C'est aussi un des pays où le taux de musulmans est le plus grand, et pourtant, ce n'est pas un musulman qui est au pouvoir, ceux qui sont aux manettes ne sont pas non plus de cette religion. On distribue des miettes de pouvoir aux musulmans, afin qu'ils se tiennent tranquille, comme vous le voyez dans l'extrait ci-dessous, à lire avec circonspection, il nous vient d'instances gouvernementales qui ont un discours officiel à tenir.

C'est un pays violent, qui souffre d'un taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde... 20% environ...
C'est un pays qui subit des épidémies de méningite spinale et de rougeole, couplés à la malnutrition.
Les femmes et les enfants sont en  première ligne, tout comme le Cameroun voisin, où ont été enlevé la famille française.
D'ailleurs, MSF s'est longtemps battu afin d'essayer d'endiguer cela, mais s'est heurté à la divergence de vues des autorités, souvent bien plus occupés à garder le pouvoir que de s'occuper de la population.
C'est un pays qui est aussi régulièrement pollué par les multinationales qui extraient les ressources naturelles, je me rappelle que des autochtones animistes ou autres sont régulièrement les victimes de cela, dans l'indifférence médiatique.
Au large des côtes, les navires étrangers viennent dégazer et ajouter à la  souillure de l'océan par celui du delta du Niger des pétroliers....

Une réaction s'est donc formé sur ce pays malade, une gangrène né de toutes ces plaies ouvertes : l'islamisme radical d'obédience purement nigériane. Ces groupes incendient régulièrement des églises, de préférence avec des gens dedans. Il y a des massacres qui sont perpétrés, dans une certaine indifférence, vue d'ici.Personne n'a encore pensé à délivrer le Nigéria de cette menace terroriste qui lui empoisonne la vie...

On en est venu à ne plus considérer l'autre comme étant digne de respect et on en vient à kidnapper des enfants...
Une fuite en avant, qui bouleverse nos morales et principes, jusqu'où certains peuvent aller ?
Il faut dire qu'ils ont tellement subi et tellement vus d'horreurs, que chrétiens et musulmans se radicalisent là-bas et se réfugient dans le religion, sur fond de corruption.

Je crois qu'une intervention militaire au Nigeria, de toute manière, ne serait guère utile, c'est clair. Mais que faisons-nous, dans ces pays, afin d'aider à l'instauration d'une réelle démocratie, d'un développement, à part installer des compagnies de chez nous, faire venir des français ou occidentaux bon teint qui vivent la belle vie, et qui se retrouvent une cible facile de rancoeur, une cible facile à enlever, puisqu'il suffit de trouver dans leur entourage, des complices qui les regardent bien vivre dans leur belle maison, entourés de domestiques, tandis que ceux de leur pays, les pauvres, meurent d'une simple rougeole....

Mais enlever des petits bouchons ainsi...
Cette spirale d'horreur, quand arrivera-t-on à la stopper?
A-t-on vraiment envie de la stopper...

Liens et sources supplémentaires:

http://www.senat.fr/ga/ga87/ga871.html 
Extrait:

"Les tensions régionales et interethniques au Nigeria sont clairement renforcées par les appartenances religieuses et par la montée du fondamentalisme contestataire. La République fédérale du Nigeria se heurte ainsi, de façon chronique, à d'intenses luttes religieuses pour la désignation des principales autorités politiques, institutionnelles et militaires.
Comme le groupe d'amitié avait déjà pu l'observer en 1999, les chrétiens s'émeuvent régulièrement de la mention de la charia dans la constitution, du financement des mosquées par le gouvernement fédéral et par l'adhésion du Nigeria à l'Organisation de la Conférence islamique depuis 1986. Les musulmans, pour leur part, dénoncent la prédominance d' « infidèles » au sein des forces armées, l'utilisation comme langue officielle de l'anglais ainsi que l'appartenance du Nigeria au Commonwealth4(*), présidé par la Reine du Royaume-Uni, chef de l'Église anglicane5(*).
Le Nigeria est, de fait, le plus important pays musulman d'Afrique de l'Ouest. Plus de 50 millions de Nigérians, principalement concentrés dans la région du Nord, pratiquent un islam majoritairement sunnite. Au sein de la communauté musulmane, des mouvances intégristes s'appuient sur le mécontentement de la population vis-à-vis d'autorités politiques qu'ils perçoivent comme corrompues pour réclamer, depuis le début des années 1980, la création d'un État islamique nigérian et remettre en cause l'autorité historique des chefs traditionnels.
Parallèlement, les populations chrétiennes et animistes, numériquement minoritaires dans le pays, s'inquiètent de la radicalisation de la pratique de l'islam au Nord, de la prolifération des mouvances islamistes et de la progression d'une forme de « prosélytisme panislamique » vers le Sud du pays. En réaction, s'organise une forme de « prosélytisme évangéliste et pentecôtiste » au Sud, où pullulent les « assemblées de Dieu » notamment à Lagos et Port Harcourt comme la délégation a pu le constater sur place.
L'antagonisme croissant entre musulmans et chrétiens se traduit par des flambées de violences récurrentes. Néanmoins, un certain nombre d'observateurs considèrent que ces affrontements interethniques, au-delà des clivages religieux, sont également motivés par des rivalités politiques et des objectifs clientélistes : les autorités politiques nigérianes sont parfois suspectées d'instrumentaliser les tensions communautaires, le cas échéant en réprimant une mouvance rebelle pour l'exemple, afin de démontrer leur détermination à ne pas privilégier un groupe ethnique par rapport à un autre.
Du 27 au 30 juillet 2009, les forces de sécurité nigérianes se sont violemment opposées, dans quatre États du Nord du pays, à des membres de la secte haoussa « Boko Karam », se réclamant des Talibans d'Afghanistan, et dont le chef, M. Mohamed Yusuf, a été abattu en détention le 30 juillet."

"Les forces centrifuges exercées par les tensions communautaires constituent, avec la corruption et les pratiques clientélistes de type néo-patrimonial qui en découlent, une faiblesse consubstantielle de la fédération nigériane et un handicap majeur pour le respect du pouvoir central sur l'ensemble du territoire."

http://www.indexmundi.com/fr/nigeria/taux_de_mortalite_infantile.html
http://msf-crash.org/livres/agir-a-tout-prix/nigeria-relations-de-sante-publiques
Cartes:
budget santé comparatif mondial

risques sanitaires comparatifs

risques sanitaires pour les enfants par pays

http://www.droitsenfant.org/situation-monde/droit-a-la-sante/

http://blog.wikimemoires.com/2012/04/disparite-des-systemes-de-sante-ich-et-pays-en-developpement/

http://www.memoireonline.com/06/10/3580/m_Analyse-de-la-vulnerabilite-de-la-sante-de-la-femme-cas-du-cameroun3.htm

Contributeurs

Citoyen Reporter

Palestine Libre Nouvelles

Rappel de la loi

Pour rappel : la provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une race ou une religion déterminée, est passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amendes (article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse).

La balise magique des liens en commentaires


Un bon truc afin de mettre des liens cliquables dans les commentaires: Vous mettez votre "lien" là où c'est indiqué et vous ajouté le texte qui l'illustre à la place de MOTS
http://www.commentcamarche.net/contents/496-les-liens-hypertextes

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