Utopie

L'utopie n'est pas un luxe, c'est une nécessité.

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jeudi 7 février 2013

70 Millions d'euros...

Oui, c'est énorme: 70 Millions d'euros, c'est ce qui a été dépensé dans l'opération au Mali.
Laurent Fabius vient de l'annoncer.
Ce coût ne comprend pas le soutien à la MISMA, la force d'intervention Africaine, et ce qui a été dépensé pour équiper l'armée malienne.
Fabius parle d'un coût important mais d'un effort nécessaire...
Un effort nécessaire...

C'est franchement hallucinant.
On va dire aux famille monoparentales pauvres que c'est un effort nécessaire, on va dire aux grévistes dont les usines continuent à fermer que c'est un effort nécessaire, aux allocataires du RSA que c'est un effort nécessaire, à ceux qui sont expulsés de leur logement que c'est un effort nécessaire...aux gens qui ne vont plus se faire soigner car ils n'en n'ont plus les moyens (voir les soins dentaires par exemple), aux gens qui ne se chauffent plus par économie, aux gens qui ne vont plus depuis longtemps en vacance pour la même raison...c'est un effort nécessaire...

Oui, on va faire comme cela.

Oh, les politiques, parfois, il faudrait revenir un peu sur terre, vous qui ne voulez pas du cumul des mandats, que vos primes de fonction soient réduites...
Je ne dis pas que vous ne méritez pas de bonnes indemnités mais quand même...

70 Millions en moins d'un mois, excusez-moi mais Merde!
Un effort nécessaire?

Billet spartakiste, partial et je l'assume!

dimanche 3 février 2013

Mali: La diplomatie militaire, l'ingérence humanitaire et l'impasse onusienne

Qu'il est doux, le temps béni où je ne connaissais pas encore l'ONU, à part dans des cours de lycée, où ce qu'on m'en présentait était idéal, utopiste, inspirait l'espoir d'un Monde qui pouvait vivre en paix ensemble, grâce à des institutions internationales.
On nous disait que la SDN avait échoué mais que l'ONU avait des chances d'amener à chasser les guerres...
Qu'il est doux, ce temps-là, bien que maintenant, ces souvenirs ont un goût amer, les souvenirs d'une jeune fille qu'on a trompé en toute connaissance de cause.

L'ONU : une organisation centrée sur un Conseil de Sécurité, basé sur un droit de Veto qui n'avantage que les anciens vainqueurs d'une guerre dont même les buts et le message s'estompent de plus en plus, au fur et à mesure que l'Histoire avance.
On en vient même à se demander si la participation US au Débarquement des Alliés n'était pas motivée par le rouleau compresseur Russe, qui ne se serait pas arrêté, et si la crainte d'une Europe toute acquise aux Soviétiques n'était pas en fait, le vrai déclencheur de nos alliés libérateurs. On est loin du mythique GI qui vient défendre la liberté, et de la dette éternelle américaine à la France...
On en vient à se demander si la peur de voir tomber les Anglais contre les Allemands et ainsi, de se faire concurrencer par ceux-.ci n'était pas une autre motivation?

L'ONU: qui nait en autorisant une colonie occidentale dans un pays, en spoliant les habitants de leur terre, et en ne défendant aucunement les peuples opprimés. Le fameux droit de véto...
L'Occident n'y est plus majoritaire, et s'il fallait en toute équité, comme l'avait d'ailleurs proposé Jacques Chirac, réformer l'ONU, les pays disposant de ce fameux droit de véto perdraient une arme essentielle dans leur envie de gouvernement mondial pour leurs propres intérêts....

De là, sans doute, la montée du concept d'ingérence humanitaire, inventée, entre autres, par Bernard Kouchner, dénoncée néanmoins par Rony Brauman comme une nouvelle forme de colonialisme, piétinant au passage le fameux "droit des peuples à disposer d'eux-même", culminant, on le pensait faussement, avec la fameuse guerre en Irak, qui a été un fiasco diplomatique et militaire, en plus de laisser encore un pays dévasté par la guerre civile...
C'est beau, d'infantiliser les autres peuples.

La diplomatie internationale, déjà bien malade, est sans doute morte lorsque les troupes américaines investirent Bagdad et qu'un tyran mis au pouvoir par nos propres soins, Saddam Hussein, fut exécuté de manière barbare, et qu'une des sept merveilles du Monde, les Jardins Suspendus de Babylone, fut pillée par les rapaces du Monde Entier, dans lesquels au premier rang, se trouvaient des américains...Il n'y a pas de petit profit...
Belle preuve de l'efficacité de la diplomatie armée...sans doute la seule que l'Occident respecte encore...après tout, Hollande n'est pas venu avec Fabius à Tombouctou, il est venu avec Le Drian...

Qui l'a souligné? Pourtant, cela crevait les yeux.
Maintenant, on vient avec l'Armée pour créer une transition démocratique et trouver une solution diplomatique. Suis-je bête...
On peut dire que c'est une forme de discussion entre les différents gouvernements et groupes qui composent la planète: On discute, on s'entretient, pourquoi cela dérangerait de discuter avec une arme pointée sur la tempe. Certains sont d'une mauvaise foi...ah, ces idéalistes...

Un article intéressant, sur Hollande à Tombouctou, mérite d'être cité. Je vous  traduit  des extraits en français:

Qui aurait imaginé, en mai, que la victoire de la gauche aux élections françaises serait consacrée le 2 février par un défilé de la victoire au Mali dans laquelle François Hollande a été salué comme le libérateur de Tombouctou? Pour un Américain qui a vu les manifestations de rue joyeuses à Bagdad après 2001, suivi par un George Bush en mode  "Mission accomplie" ,discourant à bord d'un porte-avions, dans laquelle il a félicité ses troupes, Hollande semble avoir reproduit la même chose, arrivant à la fin d' "une belle opération",il est un sentiment étrange qui se dégage, celle de l'Histoire prise dans un tapis roulant sans fin.
(...)Le tout est à la fois comique et tragique, mais une chose est certaine: le coup de pouce à la réputation de Hollande en tant que leader sera de courte durée. La réalité d'une économie qui se détériore attend, et cette diversion momentanée au Mali n'a pas changé quelque chose à la maison. 

Lien ici

On a un sentiment effectivement bizarre : Hollande ne mérite pas autant d'éloges, si , en plus, l'intervention malienne vient en réparation de ce que devrait la France au Mali...
Il suffit de se replonger dans l'Histoire:

L’usage était cependant de laisser les tirailleurs piller les villages conquis, et tous se partageaient le butin, dont de nombreux esclaves, y compris les officiers français qui y trouvèrent des concubines ! J’écrirais volontiers un livre qui s’appellerait Les guerriers polygames de la République sur les officiers de la conquête…
Dès cette époque donc, l’un des principaux problèmes était d’éviter les débordements, pillages et exactions des troupes africaines. Beaucoup en effet ne s’engageait que pour les pillages qu’ils escomptaient mener et compter bien revenir chez eux avec des captifs. Les auxiliaires n’étaient parfois pas payés (ce n’était pas le cas ici), et dans ce cas il fallait bien les mener au pillage pour les rétribuer … 


Le 28 décembre l’enseigne Aube qui voulait rejoindre son chef fut massacré avec une quinzaine de matelots.
Le colonel Bonnier atteignit la ville le 10 janvier 1894, à l’issue de ce qui fut qualifié alors de « raid merveilleux ». La ville était prise, sans combat, et le drapeau français flottait sur Tombouctou. « C’est l’arme sur l’épaule que la colonne entre dans la ville. Les habitants sont enchantés de son arrivée. Maintenant, ils n’ont plus à craindre les fameux Touaregs, qui d’ailleurs n’ont pas jugé prudent de se montrer » écrit fièrement un membre de l’expédition. (...)

Le 12 janvier, le colonel Bonnier partit en reconnaissance « dans l’intention de débarrasser les environs des nomades qui les infestaient » et de tirer vengeance de la mort de l’enseigne de vaisseau Aube. Pendant trois jours, ce ne furent que razzias et pillages, la colonne s’emparant de plus de 1000 moutons mais aussi de quelques femmes de notables Touareg … 

On s’explique mal le sens de cette expédition dirigée par le colonel en personne avec tout son Etat-major ... Le 14 janvier les soldats bivouaquèrent  à Tacoubao  sans prendre la moindre précaution. Les faisceaux furent formés, et les soldats allumèrent de nombreux feux pour se réchauffer. Le drame eut lieu quelques heures avant le lever du jour : en quelques minutes, le camp fut submergé par les Touareg. Des 14 Européens présents, 11 périrent, dont le colonel et 8 de ses officiers. Plus de 70 tirailleurs furent tués, mais aussi des dizaines de porteurs, domestiques, bergers qui accompagnaient les troupes. 
offre n’arriva à Tombouctou que le 12 février. De vives polémiques s’élevèrent entre militaire sur la lenteur de sa marche et sur sa propension à se dire le « vainqueur de Tombouctou », titre revendiqué par la famille de Boiteux et celle de Bonnier.

Ce que notèrent tous les officiers qui eurent à intervenir dans ce qui est aujourd’hui le nord du Mali, c’est que les troupes africaines très à l’aise et efficace dans les savanes qu’elles connaissaient bien perdaient toute aptitude au combat en milieu désertique. Malgré la supériorité de leur armement, les soldats se montraient le plus souvent pris de panique face à des adversaires courageux, motivés et connaissant bien le terrain. 



lien complet ici.


Et maintenant, on craint des génocides, qui seraient en train de prendre de l'ampleur...


 Une discussion que j'ai retenue et à laquelle j'ai assisté, dans le vraie vie:

"On sait pourquoi on y est: c'est l'uranium"
"La France n'a jamais fait dans l'humanitaire, pourquoi elle commencerait maintenant?"
"On veut juste ramener des pépètes, le reste, c'est de l'enfumage"
"Ouais, du foutage de gueule"
"Le Hollande, il a fait risqué, là"
"Ouais, si on se prend une trempe, il fait quoi"
"De toute manière, il y a beau dire, on y est pour longtemps"
"Ouais, et il y a des sous pour Areva, mais quand il s'agit de nous, basta!"

afin de montrer quelle est réellement la pensée d'un grand nombre qui ne sont pas sur le net...
François le Malien, cela les fait marrer. Simplement.

"Personne n'est dupe"
"La gauche qui voulait pas aller en Syrie, elle fait bien sa petite guerre à elle, non?"
"Le Malien, il peut crever quand il arrive en France comme sans-papier mais chez lui, c'est pas pareil?On veut nous faire avaler ça?"


Un jour, il naquit une organisation internationale, dont le but était de créer un vrai concert des Nations, de promouvoir les droits de l'Homme....Une organisation qui devait éviter les conflits armés et établir la diplomatie comme seule manière de dialoguer entre peuples et nations...

samedi 2 février 2013

Normalité Malienne?

On commence par la séquence burlesque du matin: la descente d'avion de François Hollande, notre Président, qui est accueilli au Mali par une jolie chorale, reçoit un espèce de sceptre ou de sculpture de l'artisanat local, puis on nous montre le fameux dromadaire qui lui est destiné en cadeau...
Séquence humour...
On entend des grognements et des cris. Tiens, c'est Fabius qui était fâché de ne pas être filmé...Non, en fait c'est l'animal qui blatère...
Pour cause de protestation conjugale, Hollande devra rendre le cadeau, Valérie T n'aime pas les mariages à trois, un chameau, ça suffit!
D'ailleurs, elle a failli se séparer suite à cela, de notre Président, mais on respire. Finalement, les femmes incluses avec le dromadaire resteront chez elles...
Blague à part, ça fait un peu colonial, ce truc...On comprend aussi que l'histoire du chameau va coller à la peau de notre Président, même s'il ne fait aucun doute, que l'autorité provisoire et bancale du Mali a voulu lui faire ce cadeau moins  empoisonné que drôle, que c'est quand même pas les diamants de Bokassa, et que ce dromadaire va sans doute finir sa vie au Jardin des Plantes, et non avec les coins-coins de Chirac à l'Elysée. Hollande s'est engagé à restituer à la France tous les cadeaux qu'on lui ferait et je n'ai aucun doute là-dessus, pour l'instant.

Bref, on parle déjà de partir du Mali, et Fabius semble impatient de se jeter ensuite dans la crise syrienne militairement parlant...J'ai essayé d'analyser Hollande, ces derniers temps. Je pense qu'au contraire de Sarkozy, il fait sans doute trop confiance à ses ministres et leur confie beaucoup de responsabilités. Un comble...Nous passons d'un autocrate à un consensuel dans l'âme...
En attendant, les forces de sécurité africaines sont loin d'être assez importantes pour assurer une transition, les rebelles se sont juste retranchés dans les montagnes du Nord en esquivant le combat.
Les populations craignent le départ des troupes françaises. On a peur des dégâts qu'une armée malienne, bien équipée maintenant par les Français, puisse faire au sein des civils.
Par hasard, je ne l'aurais pas déjà dit, ça?
En plus, on nous apprend que les exactions des rebelles djihadistes continuent, que le pouvoir malien ne semble pas vouloir écouter les revendications à l'autonomie du Nord Mali...oui, je sais, on m'a déjà dit que l'Azawad n'existait pas, bien que tous les médias en parlent, et les livres de géographie aussi.
On voit bien que la réconciliation nationale est encore très loin dans les esprits. Notez que c'est normal, le pouvoir en place est militaire, Traoré est un pantin de la junte militaire, et semble mû par l'ambition. Cela nous promet une sacrée pagaille, d'autant plus, que, je le répète, ces zigues-là sont maintenant bien armés.
Partir maintenant?
Je n'étais pas pour cette intervention dans cette configuration-là. Mais faudrait un peu être réaliste. Si on part maintenant, on prend le risque d'un nouveau Rwanda, d'autant plus que les rebelles ne se sentent pas trop vaincus, en ce moment, ce serait un simulacre de réussite et une bonne excuse afin d'essaimer leurs actions sanglantes dans la Région...

On a encore une marge de manoeuvre : tout miser sur la diplomatie et faire pression réellement pour que ce pays ait de vraies structures démocratiques, et qu'on puisse écouter tout le monde, de vraies négociations, quitte à faire se ramener notre belliciste premier en vitesse, par la peau du c***, un Fabius un peu trop occupé dans les réunions mondaines diplomatiques des salons parisiens chics ou autres, et à aboyer contre la Syrie, qui est en pleine guerre civile...car si on débarque pour bouter Assad hors du pouvoir, même avec de bonnes raison, je n'ose pas imaginer la suite, si cela ressemble au schéma malien...*
D'autant plus qu'Israël vient de bombarder en violation de toutes les lois le territoire syrien...

En attendant, notre image de marque à l'étranger, eh bien elle s'écorne, elle se ternit sacrément, dèjà qu'elle était pas fameuse. Et cette image, c'est un peu comme notre carte de visite, c'est elle qui nous fait remporter des contrats et fait vivre nos entreprises aussi.
Il n'y a qu'à voir la critique de la situation au Mali qui est faite par Al Jezeera. On s'en fiche?
Vu l'audience de cette chaine, qui dépasse largement sa particularité quatari et arabe, je ne crois pas, avec tous nos chômeurs et nos exportations en berne, qu'on ait les moyens, cyniquement parlant, de s'en foutre...
 Juste en passant...

Liens  pour approfondir :

http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/02/francois-hollande-au-mali-president-francais-appelle-pays-africains-prendre-relais_n_2604176.html?ncid=edlinkusaolp00000003
http://www.aljazeera.com/news/africa/2013/02/2013225134759361.html
http://www.hrw.org/fr/news/2013/01/31/mali-l-armee-malienne-et-des-groupes-islamistes-ont-execute-des-prisonniers
http://www.amnesty.org/fr/region/mali
http://www.rfi.fr/afrique/20130201-mali-amnesty-international-met-cause-armee-francaise
http://www.operationspaix.net/32627-details-actualite-mali-le-depute-de-tombouctou-soppose-aux-negociations-avec-le-mnla.html
http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/syrie-pour-fabius-assad-ne-meriterait-pas-d-etre-sur-la-terre-7460516.html
http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/28/01003-20130128ARTFIG00564-fabius-veut-sortir-l-opposition-syrienne-de-l-orniere.php
http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/israel-bombarde-au-convoi-syrien-a-la-frontiere-libanaise-7797755.html

*nb: je grossis exprès le trait sur l'attitude caricaturale de Fabius, car comme elle me rappelle un peu trop celle de notre ancien Monarque, je ne suis pas du tout neutre, sur le coup...je préfère donc en parler avec un brin d'ironie plutôt que de m'énerver. Et ceci n'a rien à voir avec la personne privée mais bien l'attitude du personnage politique, contre lequel je n'avais rien, pourtant, il y a peu .

jeudi 24 janvier 2013

Menaces à Benghazi

Londres déconseille depuis septembre 2012 de ne pas s'approcher de Benghazi, devenue une véritable poudrière résolument hostile contre les intérêts occidentaux.
Il y a peu, les britanniques ont même demandé expressément aux ressortissants de ce pays de partir très vite, ayant eu vent de risques très sérieux d'attentats contre des intérêts occidentaux.

J'aime beaucoup, manière de parler ironique, la plume du journaliste du Monde, qui écrit:

"Berceau de la révolution qui a renversé le colonel Mouammar Kadhafi en 2011, Benghazi a été le théâtre récent de plusieurs explosions et d'une vague d'assassinats. Ces actes de violence ont notamment ciblé des diplomates étrangers, tel l'attentat le 11 septembre 2012 contre le consulat américain, qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur en Libye Chris Stevens, et l'attaque, le 12 janvier, contre le consul d'Italie.
En raison de ces violences meurtrières, plusieurs missions diplomatiques et des organisations internationales comme les Nations unies ont réduit ou mis fin à leurs opérations à Benghazi. Ces attentats sont généralement attribués aux islamistes radicaux, sévèrement réprimés sous Mouammar Kadhafi et qui tenteraient de se venger de leurs anciens bourreaux."


On note au passage la logique tordue des barbus. Faut pas les inviter, eux, c'est clair : tu les aides à conquérir une notoriété, à compter dans un pays, et ils t'attaquent...Ils descendent même au Mali...les ingrats...
Ironie afin de réprimer une certaine humeur fortement désabusée, pour pratiquer un euphémisme...

Même les USA sont très inquiets :

"La menace posée par cette filiale d'Al-Qaïda, perçue jusqu'ici à Washington comme relativement lointaine, a en effet changé de dimension après Benghazi.
Les Américains ont alors pris conscience de la montée en puissance d'Aqmi, renforcée par les prises d'otages et des stocks d'armes libyens détournés après la chute du régime du colonel Kadhafi en octobre 2011.
Fin septembre aux Nations unies, Mme Clinton avait déjà établi un lien indirect entre Aqmi au Mali et dans le Sahel et les responsables de Benghazi."

Faut dire que les  chars russes, avec lequel se trimbalent les djihadistes, cela ne s'achète pas dans le souk du coin, on sait qu'il y a tout sur e-bay, mais il y a des limites...On a du bol qu'ils n'aient pas récupéré les MIG 27...

Après, on va nous dire que la Libye et ce qui se passe au Mali n'a aucun lien de cause à effet...
J'attends de voir les explications qu'on pourrait me donner dessus, avec une certaine appréhension, je l'avoue, quelle rhétorique pourra-t-on me sortir afin de défendre la guerre en Libye et la participation française, qui a bien un rapport avec ceux qui terrorisent le Nord Mali, contre lesquels on s'est engagé militairement...et comment aussi justifier de résoudre des problèmes uniquement via la voie militaire...quand on voit que cela a fait fructifier les djihadistes et que ça menace de déstabiliser tout un Continent...Qu'elle le veuille ou non, la France ne pourra pas être partout, pour suivre les déplacements des djihadistes, et l'Afrique, c'est grand...
Les populations vont être ravies de subir tout ça... 

Une note optimiste quand même: Ansar Dine devrait enfin se séparer des autres groupes et chercherait à relancer le dialogue...mais cela ne réglera pas le problème d'AQMI et du MUJAO en Afrique..


lundi 21 janvier 2013

Fabius critiqué, les militaires maliens suspectés d'exactions et quelques nouvelles encourageantes

C'est dans le Point, c'est donc à prendre avec de grandes précautions. Il n'empêche: ce portrait de Laurent Fabius donne la chair de poule...
Le reporter l'a suivi à Abdjan, le sommet de l'organisation économique des pays de l'Afrique de l'Ouest, transformé par les circonstances en sommet sur le Mali.
Il est décrit comme arrogant, bouffi d'orgueil, pétri d'ambition, ne supportant pas de ne pas être considéré comme le Numéro 2  du gouvernement, quitte à mépriser la conseillère spéciale de l'Elysée et à ne pas l'attendre pour partir. Un homme qui se prend pour l'égal des chefs d'Etats Africain, qui fait la bise à ceux-ci et semble parader.
Je suis tombée de ma chaise, à la description qui est faite de Laurent Fabius.
J'espère juste que ce portrait n'est pas le bon et grossirait juste la mégalomanie latente qu'on peut retrouver souvent chez  les dirigeants politiques...cela me rappelle trop un certain Nicolas Sarkozy...

C'est dans l'Express et l'article raconte des exactions à Sevaré, au Sud Est du Mali, vers le Burkina Faso: des corps témoignent d'exécutions sommaires, les militaires font régner la terreur et quiconque n'a pas sa carte d'identité est emmené en détention. Les militaires semblent se venger de leur défaite récente, et tuent n'importe qui, celui qui aurait des vêtements ressemblant à un nomade, celui qui est de passage...Exactement ce dont j'ai parlé précédemment, ce genre de comportement qui pourrait très bien, à terme, provoquer l'adhésion de la population, ce dont on ne veut pas, justement, ce qui s'est passé en Afghanistan...
Il y aurait intérêt à ce que la France prenne position contre les comportements de l'armée malienne, vite et fasse en sorte que cela ne devienne pas une habitude, sous peine de dérapages.

C'était sur Arte, à l'occasion du 50ème anniversaire du Traité de l'Elysée. Merkel et François Hollande répondaient aux jeunes  européens réunis pour l'occasion en conférence de presse. J'ai aimé. Les jeunes français et allemands se posaient de vraies questions, dont la question du devenir de l'Europe. Ils réclament une concertation, comme prendre les bonnes choses chez les autres, pour le système éducatif, par exemple. Ils demandent pourquoi l'Allemagne ne veut pas épauler la France au  Mali, car elle estimerait que ce ne serait pas dans son intérêt...Hollande a été très bien sur ce coup.

C'était il y a quelques minutes : le Plan Pauvreté a été dévoilé.
Il y a des bonnes mesures, de très bonnes. Cela, c'est encourageant.

jeudi 17 janvier 2013

Des insolites débiles et plus graves dans la normalité du 17 janvier 2013

Pourquoi l'actualité me parait aussi absurde, curieuse, voire grave ou tragique dans la normalité de la présidence Hollande?

Des entrefilets dans une presse toute dédiée à la guerre au Mali, certains commençant à critiquer, il est vrai, et cela ne risque pas de s'arrêter. Giscard parle d'une résurgence bien tenace de la Françafrique, il n'a pas tort, il en connait bien les mécanismes, bien plus que l'anatomie de Lady Di. Hortefeux et Copé critiquent l'isolement de la France. Ils ne manquent pas d'air, ce cher Nicolas en avait l'intention, de cette guerre qui a essaimé en Algérie, avec une prise d'otage sanglante, entre des islamistes fous prêts à tout et des otages, le gouvernement algérien, qui ne supporte pas le terrorisme islamique a choisi, en tuant plus d'otages que de preneurs d'otages...Cela risque de se reproduire. Bienvenue en Afrique sous la normalité de la gangrène salafiste...
Quelqu'un a-t-il dans les médias pensé à la grandeur du pays à pacifier?
Tiens, cadeau:

La république du Mali est limitée au nord par l’Algérie, le Niger et le Burkina à l’est, la Côte d’Ivoire et la Guinée au sud, le Sénégal et la Mauritanie à l’ouest (voir la carte). Le Mali est un pays relativement grand, puisque sa superficie (1,2 million de km̐²) correspond à peu près à 30 fois la Suisse, soit celle réunie de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la Belgique et des Pays-Bas. La distance entre le nord et le sud du Mali est de 1600 kilomètres. Le pays est divisé en huit régions administratives (voir la carte détaillée): Tombouctou, Kidal, Gao, Mopti, Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou, auxquelles s’ajoute le district de la capitale, Bamako. Le Mali est un État enclavé dont 65 % du territoire est occupé par le désert et demeure l'un des pays les plus pauvres du monde.
source: ici

Comment tenir ce pays, avec si peu d'hommes, même avec les renforts tant vantés de la force africaine, qui sera là en septembre? Mais cela, qui s'en soucie actuellement?

Qui a relevé aussi que les salafistes ont traversé très vite le tiers de l'Afrique, pour prendre en otage des occidentaux, alors qu'ils étaient au Mali un jour avant? Ils sont mobiles, très mobiles, bien plus qu'une armée en campagne...

On va laisser un peu cette actualité dont on nous abreuve d'images...ah non, pas d'images, il faut surtout protéger les journalistes, c'est vrai.

On revient en France, en commençant par une bonne nouvelle: la Loi Ciotti sur l'absentéisme scolaire est abrogée. Ouf, c'est fait, ça. Ce qui est terrible, c'est qu'elle a pu être votée, se servir des allocations familiales pour sanctionner les parents...franchement pas très idéologique, comme  raisonnement...mais on peut dire que c'est au moins terminé, il va néanmoins falloir motiver des gosses qui ne suivent plus avec un très grand intérêt les cours du collège ou du lycée...bon courage à Peillon...Quand on sait que lorsqu'un gamin se conduit mal, c'est un soulagement pour des professeurs qu'il soit exclu trois jours de l'établissement...

On reste dans l'éducation nationale avec un fait divers absurde mais tellement incroyable...une directrice d'une école maternelle a laissé des petits enfants seuls devant un film x...qu'elle avait téléchargé par erreur. Une formation pour Internet ne serait pas de trop pour certains enseignants, on dirait...c'est à pleurer de bêtise...c'est pas très normal, ça ou j'ai loupé un morceau...

Ce qui est à pleurer tout court, c'est cette histoire racontée par le Figaro, comme quoi, malgré tout ils ont du cœur...La Fondation Abbé Pierre a aidé une personne à porter plainte contre son propriétaire parisien qui lui louait 1,56m2 habitable à 200 euros... Superbe effet de la crise immobilière...d'autant plus que ce truc avait été géré avant par plusieurs agences immobilières...aie...la conscience professionnelle de certains est tout à leur honneur...Normal tout ça? Vous avez dit normal?

Une autre plainte, pour terminer, contre Air France, qui a reçu l'appui du Parquet. Une militante pour la Paix en Palestine s'est vue imposé un questionnaire pour embarquer là-bas où on lui demandait si elle était juive(!)...Ce qui est anormal, c'est qu'on est surpris en bien par l'appui du Parquet car pour aller en Palestine, c'est surréaliste, pour qui connait, Cyril Marcant vous le dirait sans ambiguïté...

Une journée normale dans une présidence normale, mais est-ce que ce qui se passe en France est encore tout à fait normal? Bonne question...et depuis quand ça dure? Quand même pas depuis notre Président normal...faut pas exagérer non plus...



mercredi 16 janvier 2013

Bienvenue à Guantanomo, Mali.

Ce texte est long, il est insoutenable. Mais il vient de Human Right Watch. On ne peut donc pas le censurer ni les traiter de menteurs.
Ceci est une enquête qui a été faite, au lendemain du Coup d'Etat au Mali.
Qu'on ne me dise pas qu'on vient faire la police au Mali...
Vous voulez la vérité? La voilà:
C'est ce gouvernement qu'on appuie, au lieu du peuple malien: et là, même si je souhaite qu'on puisse faire disparaitre les intégristes partout, c'est clair, c'est pas comme cela qu'on va y arriver.
Bienvenue à Guantanamo, oups, à Bamako:

Des informations plus détaillées sont fournies ci-après concernant les disparitions forcées, les actes de torture, les détentions arbitraires et les actes d’intimidation à l’égard de journalistes et de fonctionnaires.
  
Détentions arbitraires
Des témoins et des proches de victimes ont déclaré que les forces fidèles au Capitaine Sanogo avaient immédiatement commencé à arrêter les personnes soupçonnées d’être impliquées dans le contre-coup d’État manqué du 30 avril. Au cours des semaines qui ont suivi, elles ont procédé à l’arrestation d’au moins 80 hommes, dont la plupart étaient membres du corps d’élite de parachutistes, les Bérets rouges.

Certes, les personnes qui ont participé à la tentative de contre-coup d’État pourraient légitimement faire l’objet d’arrestations et de poursuites, mais les actes attribués aux forces de sécurité de Sanogo ont été accomplis en dehors de tout cadre légal. Des témoins ont expliqué que les hommes ont été arrêtés sur la scène des attaques, dans des transports publics, chez eux, alors qu’ils se rendaient en voiture au travail, et après avoir été convoqués au camp de Kati ou à un poste de police pour être interrogés à propos de leur implication dans le contre-coup d’État. La plupart auraient été emmenés directement au camp de Kati, mais au moins neuf d’entre eux ont passé plusieurs jours au camp du GMS de la police avant leur transfert à Kati. Beaucoup de détenus ont été soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements dans ces deux endroits.

Le 24 juin, après de fortes pressions exercées par les familles des détenus et leurs avocats, par des organisations locales et internationales de défense des droits humains dont Amnesty International, et par le ministre malien de la Justice, les officiers du camp militaire de Kati ont autorisé le transfert de 43 détenus au camp 1 de la gendarmerie, où leurs conditions et leur traitement se sont considérablement améliorés. La loi malienne dispose que les soldats accusés d’une infraction pénale doivent être détenus par la gendarmerie. Depuis lors, bon nombre de ceux qui ont été transférés ont été inculpés d’implication présumée dans le contre-coup d’État.

Tortures et mauvais traitements
Les mauvais traitements systématiques les plus graves visaient de simples soldats et ont eu lieu  durant plusieurs semaines au mois de mai. Des témoins au camp militaire de Kati et au GMS ont expliqué avoir vu des soldats et des policiers traîner par terre des détenus menottés et ligotés, les battre avec des matraques, des bâtons et des crosses de fusil, et leur donner des coups de pied dans le dos, à la tête, dans les côtes, dans les parties génitales et ailleurs. D’autres ont reçu des coups de couteau aux extrémités. Certains détenus ont perdu connaissance des suites des passages à tabac. Les épouses de certains détenus ont signalé que leurs maris leur avaient confié avoir uriné, et dans un cas déféqué, du sang des suites de tortures. D’autres témoins et proches ont indiqué que des hommes avaient eu des côtes cassées et, dans un cas, un bras fracturé. 

Des témoins au camp militaire de Kati ont communiqué qu’ils avaient vu des soldats brûler des détenus avec des cigarettes et des briquets sur le dos, les mains, les bras et les oreilles. Deux témoins ont expliqué que quatre hommes avaient été forcés, sous la menace d’une arme et sous peine d’être tués, de pratiquer la sodomie entre eux, précisant qu’on leur avait mis un tissu dans la bouche avant les abus sexuels afin d’étouffer leurs cris. D’autres détenus ont été soumis à des séances d’asphyxie pendant les interrogatoires, des soldats leur introduisant des chiffons dans la bouche, les enfonçant avec un bâton avant de leur placer un morceau de tissu sur la bouche. Certains détenus ont été enchaînés et menottés pendant des jours ; les proches qui ont pu les voir quelques semaines plus tard ont constaté qu’ils présentaient des cicatrices aux poignets et aux chevilles.

Des témoins ont vu que les détenus étaient enfermés dans de petites pièces sans aération et sans fenêtres. Quelque 40 hommes auraient été incarcérés dans une pièce de 5 mètres sur 5. Le mois de mai est l’un des plus chauds au Mali, et de nombreux détenus n’ont rien reçu à manger ni à boire pendant au moins 72 heures, souffrant de grave déshydratation. Beaucoup ont bu leur propre urine pour survivre.

L’épouse d’un Béret rouge a déclaré à Human Rights Watch : « Mon mari a vraiment souffert… Il m’a dit qu’ils en avaient forcé plusieurs à se déshabiller et ensuite, ils les avaient frappés dans les parties génitales ; ils ont invité des femmes soldats à venir à leur fenêtre pour regarder la scène. Lui et d’autres que j’ai vus avaient des brûlures de cigarettes sur les avant-bras ; il m’a dit que pendant l’interrogatoire, au lieu de jeter le mégot par terre, ils l’écrasaient sur sa peau. Il avait de profondes cicatrices aux poignets et aux chevilles à cause de la façon dont ils l’avaient attaché. Ce n’est que lorsqu’ils sont arrivés à la gendarmerie qu’on les a laissés un peu en paix. »

Souvent, les détenus ont également été soumis à des violences psychologiques. Certains ont été menacés de mort tous les jours. Un témoin a raconté que des soldats avaient montré aux détenus une photo de l’un des présumés conjurés qui avait été tué en détention quelques jours auparavant. Un autre a indiqué qu’il arrivait souvent que les soldats disent aux détenus que deux ou trois d’entre eux allaient être emmenés dehors et exécutés. La police a soumis un groupe de détenus à un simulacre d’exécution au camp du GMS.

Disparitions forcées
Human Rights Watch a interrogé plusieurs témoins qui ont déclaré avoir vu au moins 20 hommes détenus au camp militaire de Kati qui pourraient aujourd’hui avoir été victimes de disparitions forcées.

Des témoins au camp de Kati ont signalé que le 3 mai entre 2 et 3 heures du matin, des soldats avaient emmené les détenus et les avaient fait monter dans un camion de l’armée. Selon un témoin présent à Kati cette nuit-là, « Ils les ont fait sortir, leur ont ligoté les mains et les jambes et bandé les yeux ; depuis lors, on n’en a plus jamais entendu parler et on ne les a plus jamais vus. » Un autre témoin a remis à Human Rights Watch une liste manuscrite de 21 détenus aperçus par un témoin alors qu’ils étaient emmenés hors du camp.

Selon certaines informations non corroborées, les hommes auraient été exécutés et enterrés dans la ville de Diago, à une douzaine de kilomètres de Kati. Human Rights Watch a parlé avec des habitants de Diago qui ont déclaré que plusieurs séries de coups de feu avaient été tirés cette nuit-là ; ils ont néanmoins confié qu’ils étaient trop terrifiés pour fournir des détails plus précis.

Aux termes du droit international, on entend par disparition forcée toute privation de liberté d’une personne par l’État ou des agents de l’État qui refusent de reconnaître cette privation de liberté ou ne fournissent aucune information concernant le sort réservé à la personne ou le lieu où elle se trouve. Parmi les droits que peut violer une disparition forcée figure le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne, y compris à une protection contre tout acte de torture ou autres mauvais traitements.

Dix témoins ont dit avoir vu un ou plusieurs des disparus à l’intérieur du camp de Kati ou du GMS au cours des 48 heures précédant leur « disparition ». L’un d’eux était attaché avec des menottes à un camion de l’armée au GMS le 1er mai aux alentours de 5 heures du matin. Un autre témoin a aperçu un soldat de deuxième classe – qui figure sur la liste des disparus – dans une cour à Kati le 1er mai entre 9 et 10 heures du matin. Il a signalé que l’un des yeux du soldat « saignait à cause des coups reçus, comme s’il y avait un trou à la place de son œil. »

Human Rights Watch a appris que le 1er mai entre 10 heures du matin et midi, quelque 24 soldats avaient évacué 19 soldats blessés, dont des Bérets rouges et des soldats fidèles à Sanogo, de l’Hôpital public Gabriel Touré de Bamako, les emmenant dans au moins deux camions de l’armée au camp militaire de Kati. Des témoins ont entendu l’officier de l’armée en charge de l’évacuation dire que les patients allaient être conduits à l’hôpital militaire de Kati. Un 20e soldat grièvement blessé à l’abdomen a été autorisé à rester à Gabriel Touré. Human Rights Watch a reçu des informations non confirmées selon lesquelles lors de leur arrivée au camp militaire de Kati, les soldats fidèles à Sanogo avaient été transférés à l’hôpital militaire de Kati, tandis que les Bérets rouges s’étaient vu refuser tout traitement et avaient été placés en détention. On ignore toujours où ils se trouvent.

Des parents d’hommes victimes de disparitions forcées ont indiqué à Human Rights Watch qu’ils s’étaient rendus dans des hôpitaux, des postes de gendarmerie et de police, à la prison locale et dans plusieurs camps militaires à la recherche de leurs proches. Au moins deux des hommes qui avaient disparu sont apparus à la chaîne de télévision publique le 1er mai ; ils ont été présentés par le journaliste chargé de l’interview comme étant des détenus associés au contre-coup d’État.

Une parente a confié à Human Rights Watch, « Quand nous l’avons vu à la télévision, j’ai bondi et crié, ‘C’est mon fils ! Mon fils est vivant !’ Depuis lors, nous l’avons cherché partout, mais il n’y a aucune trace de lui. Expliquez-moi comment il peut passer à la télévision nationale un jour et tout simplement disparaître le lendemain ? »

La mère d’un autre disparu a expliqué : « J’appelle mon fils sur son téléphone mais il ne répond pas. Je suis allée partout et j’ai regardé sur toutes les listes – la liste des blessés, la liste des morts, la liste des détenus, mais le nom de mon fils n’est pas là. Pourtant, j’ai l’espoir que je le reverrai. L’espoir, c’est tout ce qui me reste. »

Des proches de Bérets rouges vivant dans le camp des Bérets rouges de Djikoroni se sont plaints de harcèlement, de menaces à caractère sexuel et d’actes d’intimidation de la part des soldats fidèles au Capitaine Sanogo qui gardent aujourd’hui le camp. L’épouse d’un Béret rouge encore détenu pour ses liens présumés avec le contre-coup d’État a déclaré : « Lorsqu’on entre et qu’on sort du camp, ils disent des trucs du genre, ‘Nous avons chassé vos maris. Si on veut, on peut avoir des relations sexuelles avec vous n’importe quand’ et aux filles, ils disent des trucs du genre, ‘Votre famille n’est rien… Maintenant, c’est nous qui commandons ici.’ »

Intimidation de journalistes et de fonctionnaires
Des membres des forces de sécurité de l’État ont cherché à interdire la publication d’informations relatives aux exactions commises dans la foulée du contre-coup d’État manqué. Ils ont convoqué pour interrogatoire ou visité les bureaux d’au moins cinq journalistes et deux fonctionnaires qui enquêtaient sur le coup d’État, le traitement des détenus, les disparitions forcées ou l’existence d’un charnier. Bien que les journalistes et les fonctionnaires n’aient pas été victimes d’agression physique lors de leur interrogatoire, ils ont signalé avoir été soumis à des pressions pour révéler leurs sources, abandonner leurs enquêtes et renoncer à publier des informations sur les événements ou à en parler. Plusieurs pensent que leurs conversations téléphoniques étaient souvent interceptées par les forces de sécurité de l’État. L’intimidation de journalistes semble s’inscrire dans une campagne de répression plus large à l’encontre de la presse malienne, campagne qui a débuté dans la foulée du coup d’État du 22 mars et s’est intensifiée depuis lors.

En juillet, deux journalistes ont été enlevés par des hommes armés et masqués qui conduisaient des pick-up sans plaques d’immatriculation. Ils ont été violemment passés à tabac et déchargés à la périphérie de Bamako après avoir été avertis qu’ils devaient cesser de critiquer l’armée. Le 2 juillet, Abrahamane Kéïta rédacteur du journal LAurore, a été embarqué de force dans un véhicule 4x4 par des hommes armés habillés en civils, emmené dans un lieu isolé près de l’aéroport et roué de coups par des hommes qui ne cessaient de fustiger les journalistes maliens. Le 13 juillet, un journaliste malien respecté, directeur de publication de L’Indépendant, Saouti Labass Haidara,a été enlevé par huit hommes lourdement armés habillés en civils.

Depuis son lit d’hôpital, il a déclaré à Human Rights Watch, « Ils ont tiré en l’air au moment où ils m’ont fait monter dans leur voiture… Après avoir vu les lumières de la capitale commencer à s’estomper, ils se sont rangés sur le côté, m’ont jeté à terre, m’ont donné des coups de pied et ont continué à me rouer de coups. Ils appelaient toujours celui qui les commandait ‘capitaine’ et ont dit à plusieurs reprises, ‘C’est vous les journalistes qui nous embêtez’. Ils ont menacé de me tuer si je portais plainte contre eux et m’ont dit que de toute façon, il ne leur arriverait rien. »

Haidara souffrait d’une fracture au bras et de multiples contusions. Le ministre de la Justice a promis l’ouverture d’une enquête sur cet incident.

Un journaliste a signalé à Human Rights Watch, « M. Haidara est l’un des journalistes les plus respectés du Mali et il est comme le doyen de la presse malienne. C’est le mentor de 10 rédacteurs de journaux moins importants. En attaquant M. Haidara, ils cherchent à nous envoyer un message à tous. »


Sources ICI

lundi 14 janvier 2013

Des massacres au Mali et au Niger

Je vous mets ici des extraits d'articles publiés sur le sujet : la question Touareg, au Mali et au Niger.
Il est normal d'expliquer exactement pourquoi la zone Nord du Mali veut son indépendance, que, dans les Touaregs, il n'y a pas que des barbus, le couteau entre les dents, des intégristes fous mais bien plus des hommes et des femmes qui luttent pour la reconnaissance de leur culture et de leur droit de vivre en paix:
Les extraits qui suivent ne sont pas exhaustifs, ni exempts de petites erreurs dans leurs analyses mais  les faits indiqués sont avérés.

"Depuis le morcellement de leur espace traditionnel, les Touaregs ont été marginalisés et opprimés dans la plupart des pays où ils se sont retrouvés. Traités comme des citoyens de seconde zone, ils ont fini par prendre les armes pour attirer l'attention de la communauté internationale sur leur sort. Cette résistance armée a servi de prétexte aux états malien et nigérien pour se livrer à des massacres massifs de populations civiles. Certaines sources estiment à plus de dix mille le nombre de civils touaregs tués par les armées de ces deux pays entre 1990 et 1996.

Très tôt cette question a été contrôlée par la France et l'Algérie qui craignaient un "embrasement" de la région et surtout l'internationalisation du problème. Les accords de paix censés mettre fin à ce conflit, ont été largement inspirés par ces deux pays. Ces accords prévoient un statut particulier pour les régions touarègues du Nord du Niger et du Mali. Une autonomie qui permettrait aux Touaregs de "se sentir enfin chez eux dans leur espace traditionnel".

La pacification en cours dans le Nord du Mali et du Niger a également pour seul objectif l'enterrement pur et simple de ce dossier. Depuis les premiers massacres de civils touaregs par l'armée nigérienne, force est de constater que le peuple touareg demeure terriblement seul face à l'injustice. Oublié par le droit international, ignoré par une communauté internationale aux attentions trop sélectives, il ne lui reste plus qu'à choisir entre une résignation qui lui serait fatale, et la poursuite d'un combat que beaucoup, par opportunisme ou par "réalisme", estiment suicidaire. Les grandes organisations de défense des droits de l'homme restent également silencieuses sur ce problème ; ce qui pose d'ailleurs la question de leur indépendance vis-à-vis des impératifs politiques de certains États.
Ce silence scandaleux de la communauté internationale trouve son explication en partie dans les carences du mouvement touareg lui-même, qui est encore incapable de s'affirmer et de faire entendre sa voix. Les différents pacificateurs, ayant compris cette faiblesse, ont vite fait d'étouffer la question, éloignant ainsi les perspectives de son internationalisation ; et par-là même l'idée d'une commission d'enquête internationale, seule capable de déterminer les responsabilités nationales et internationales dans ces massacres."
 source ici

"Une matinée du mois de mai 1991, des groupes de Touareg sont arrêtés puis exécutés publiquement sur ordre d'un responsable militaire à Tombouctou au Mali. Les familles des victimes sont retenues en otage par l'armée pendant plus d’une année entière. Ce massacre de Tombouctou fut l'un des événements meurtriers qui a le plus marqué les Touareg, alors que la résistance et la lutte pour obtenir la reconnaissance de leur dignité et de leurs droits remontaient déjà à plusieurs années."

sources: ici

Au Mali, les gouvernements passent, pas l'armée, comme dans beaucoup de régimes politiques, celle-ci tend toujours vers une prise de pouvoir.

"L’Etat du Mali cherche à anéantir les Touaregs du Nord du Mali, à les décimer, à les transférer dans les villes du sud près de Bamako tout en les forçant à les sédentariser, afin de les acculturer et les engloutir dans l’africanisme sub-saharien sous la domination des noirs racistes…"
"En prenant son indépendance en septembre 1960, le Mali était décidé d’exterminer les Touaregs du nord du Mali en leur livrant en permanence des guerres.Aussi bien en 1963 que durant les années 70, les années 80 et les années 90, les soldats du Mali massacraient les Touaregs en les brûlant vivants. Les soldats du Mali  s’accaparaient les femmes des Touaregs, les transportaient dans leurs hélicoptères pour les violer et les tuer..Depuis 1960 et jusqu’à nos jours, le peuple Touareg subit le génocide des soldats noirs du Mali et du Niger.Combien d’enfants, de femmes et des personnes âgées touaregs se sont réfugiés sur les frontières de la Mauritanie et de l’Algérie fuyant le massacre des militaires maliens noirs sub-sahariens… Des accords et des pactes ont été conclus dans le passé par la médiation de l’Algérie entre les Touaregs et l’Etat du Mali mais ces accords n’ont pas été respectés par l’Etat du Mali qui préfère exterminer les Touaregs…
Dans l’ensemble, le noir sub-saharien de l’Afrique extermine le Touareg qu’il considère comme un Arabe, d’autant plus que les noirs sub-sahariens n’aiment pas les Arabes et ne veulent pas entendre parler d’Arabe mais plutôt des africains non arabes… C’est l’acculturation du Touareg et de l’Arabe par l’africanisme sub-saharien des noirs racistes."

"Le groupe ANSAR DINE dirigé par Iyad Ag GHALI et Omar HAMAHA a été monté en toutes pièces par les autorités de l’Etat du Mali pour s’opposer à l’indépendance du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) en prétextant vouloir l’établissement d’une république malienne islamique et non vouloir l’indépendance de l’Azawad des Touaregs. Le dirigeant du groupe islamiste ANSAR DINE Iyad Ag GHALI qui occupe la ville de Tombouctou, y  hissant le drapeau salafiste s’oppose à  l’indépendance des Touaregs du  MNLA dans le territoire proclamé Azawad mais proclame l’établissement de la Charia dans l’Etat du Mali. Cette opposition d’Ansar Dine à l’indépendance proclamée du MNLA dans le territoire de l’Azawad arrange l’Etat du Mali qui est un Etat majoritairement noir sub-saharien. D’ailleurs les dirigeants d’ANSAR DINE sont des anciens alliés de l’Etat du Mali ainsi que des membres de l’AQMI. De même, l’AQMI qui est une organisation islamique terroriste s’est établie dans le nord du Mali sur le territoire des Touaregs depuis environ cinq années et a reçu la complicité de l’Etat du Mali qui s’est abstenu de lui livrer la guerre tout en lui facilitant cet établissement…. "

source ici. Pour l'accusation de racisme, je pense qu'elle est à nuancer franchement, mais c'est une opinion, tout comme l'analyse de manipulation du gouvernement malien par rapport à Ansar-Din, mais c'est à prendre en compte dans une réflexion, je pense, afin de peser le pour et le contre.

Ici, on vous donne le chiffre des réfugiés Touaregs en Afrique, ayant fui le conflit :

"Ce conflit a poussé plusieurs centaines de milliers de Touaregs et Maures à fuir les massacres et se réfugier dans les pays voisins. C'est ainsi qu'on a dénombré jusqu'à 100 000 réfugiés en Mauritanie, plus de 100 000 en Algérie et environ 50 000 au Burkina-Faso. A ces chiffres, il faut ajouter des dizaines de milliers d'autres qui n'ont jamais pu se faire enregistrer parce que ne répondant par aux critères restrictifs du HCR (Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés).

Ces réfugiés se heurtent dans certains pays d'accueil au refus des autorités à leur reconnaître le statut de réfugiés, ce qui leur donnerait une protection juridique et un certain nombre de droits liés à cette reconnaissance. Ces populations sont donc pudiquement appelées "populations déplacées" expression utilisée généralement pour désigner des populations déplacées dans leur propres pays."


Il est bien trop facile, alors d'amalgamer les Touaregs qui ont pris les armes afin de se défendre contre les massacres,  les déportations, les privations de biens et de droits , à des terroristes que l'on doit chasser.

Le MNLA n'a rien à voir avec Ansar-Dine ni les groupes intégristes wahhabites venant de Libye, armés par l'OTAN, qui ont aidé à chasser Khadafi, et qui maintenant se promènent sur tout le Sahel, portant effectivement le germe d'une déstabilisation de toute la région : Niger, Nigéria, Sénégal,  Soudan, Somalie etc...
 


 le MNLA:

Tellement "terroriste" qu'il a demandé au gouvernement Malien qui l'opprime depuis des années de respecter le territoire du Nord, afin de ne pas faire de victimes civiles innocentes, et à même proposé son appui contre les intégristes, en expliquant que ses membres ont toujours respecté leurs engagements:

Communiqué de presse numéro 46:


Le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) attire l'attention de la communauté internationale que l'intervention armée étrangère contre les groupes terroristes ne doit pas permettre à l'armée malienne de franchir la ligne de démarcation entre l'Azawad et le Mali avant le règlement politique du conflit qui nous oppose. C'est dans ce cadre que le MNLA s'impliquera pour le succès des opérations de lutte contre le terrorisme et cela minimisera les risques des victimes civiles innocentes. Nous demandons à ce que la population civile de l'Azawad ne soit victime de l'intervention armée et qu'il n'y ait pas d'amalgame entre elle et les terroristes.

Nous rappelons que le MNLA a toujours respecté ses engagements notamment la cessation des hostilités entre le MNLA et l'armée malienne et reste disponible aux négociations.

 sources ici
Vous savez ce qui me fait le plus suer? C'est que c'est moi, petite blogueuse, qui soit obligée de diffuser en France ce genre d'infos, suite à des recherches et à une certaine connaissance du Monde réel . Oh, sans doute, grâce à cela, des journalistes un peu plus futés iront vous dire dans les médias, à grande audience,  la même chose que ce qui a déjà été expliqué ici ...
 

La Démocratie au Mali

On nous dit que les maliens appellent de leurs vœux  les français et soutiennent leur gouvernement:

Voici un extrait d'un organe de presse malien sur ce qui s'est passé mercredi dernier, il faut souligner que la presse est contrôlée:

"Communiqués, avertissements, reprise des combats dans la zone de Konna n’y ont rien fait : hier encore la Coalition pour les concertations nationales composée de la Copam, d’IBK Mali 2012, de Dodini Maaya et du Front patriotique pour le Mali, ont investi la rue pour réclamer « la tenue immédiate des concertations nationales souveraines ».
« Nous sommes dans la même logique qu’hier. Nous avions signé une plate forme pour mobiliser les forces patriotiques. Hier (mercredi) nous étions en sit-in, aujourd’hui nous avons marché pour la tenue des concertations car le dialogue est une vertu cardinale », a commenté Amadou Soulalé, le porte-parole d’IBK Mali 2012"
sources: ici

Voilà ce qu'on nous apprend aussi sur cette journée de mercredi:

"Pendant que tous les regards sont tournés vers la région de Mopti ou les islamistes jurent d’attaquer les positions de l’armée malienne à Konan, les manifestants composés des éléments de la Copam, le regroupement politique IBK 2012, MP22 et d’autres mouvements moins importants se sont donnés le luxe de se manifester. Ce matin au niveau du boulevard de l’indépendance, le sit in pour la tenue des concertations nationales a donné des allures de grande manifestation sous surveillance policière. Des manifestants dont la plupart étaient des enfants et quelques jeunes qui donnaient l’air des porteurs d’uniforme aux yeux de certains observateurs. Ils ont bloqué les axes principaux de la ville de Bamako. "


 « Il faut la tenue des concertations nationales pour définir l’avenir du Mali. On ne peut laisser ces gens faire du Mali leur boite privée . Et puis l’assemblée nationale doit être dissoute. On doit partir sur une base nouvelle un Mali nouveau et prospère», martèle Rokia Sanogo présidente du MP 22 . Au niveau de Kati, les quatre coins de la ville étaient verrouillés. Dans cette ville garnison ou est basé « l’homme fort » Amadou Haya Sanogo, quelques femmes et jeunes ont battu le pavé pour dénoncer l’inaction de Dioncounda Traoré et son gouvernement."

Bien entendu,  cet organe de presse est aussi surveillé et contrôlé par la junte militaire.
source: ici

Voilà ce que radio canada nous apprend:

"Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Bamako et à Kati, ville garnison à 15 km de la capitale, pour réclamer des « concertations » sur la transition au Mali, la libération de ses régions du nord, occupées depuis plus de neuf mois par des groupes islamistes armés, et le départ du pouvoir du président intérimaire, Dioncounda Traoré.

L'appel à manifester a été lancé par plusieurs organisations, dont des coalitions politiques partisanes du coup d'État militaire du 22 mars au Mali.

Les manifestants ont brûlé des pneus ou érigé des barricades sur des voies publiques, perturbant la circulation et poussant des commerces et des services à fermer par endroits.

Les troubles à Bamako et à Kati s'ajoutent aux affrontements qui ont lieu dans le nord du pays depuis mardi entre les rebelles islamistes et l'armée malienne.

Dans la région de Mopti, selon une source militaire et des témoins, les combats se déroulaient dans le secteur de Konna, à environ 70 km au nord de la ville de Mopti, proche du nord sous contrôle des islamistes.

Depuis neuf mois, c'est la première fois que l'armée malienne et ces mouvements s'affrontent sur le terrain.

Le gouvernement malien Ansar Dine et les rebelles touaregs devaient tenir jeudi des discussions directes à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, mais ces pourparlers ont été reportés à la demande des différentes parties pour leur donner « plus de temps pour se préparer », selon le pays hôte."


Vendredi, le gouvernement malien décide, dans un pays complétement sous couvre-feu et aux écoles fermées, de porter un coup décisif. Peu de temps après, la France décide d'aider le gouvernement.

Aide-t-on la démocratie et la concertation nationale voulue par l'opposition malienne? Ou fait-on le jeu de la junte militaire? 
Qu'est-ce qui va empêcher l'opposition de se servir de la présence française, pour accuser le gouvernement d'avoir demandé l'aide des étrangers et d'avoir amené les français sur leur territoire?
Je pose juste quelques questions...

Et sinon, faites un tour sur El Pais, qui se fiche un peu de notre pomme, en rappelant que c'est un peu le chaos comme tout début de guerre, que les Allemands jurent leurs grands dieux qu'ils ne sont pas au Mali, que Susan Rice aurait fait pression sur la France pour intervenir, d'autant plus que la force africaine d'intervention au Mali serait prête...en septembre...
D'un autre côté, Cameron a été appelé à l'aide, puisque les Français, malgré les communiqués de presse très optimistes, ne s'attendaient ni à une telle organisation, ni à un tel niveau d'armement des intégristes, Cameron qui se fait vilipender par l'opposition qui l'accuse, en aidant la France au Mali, d'exposer l'Angleterre au terrorisme d'Al Qaida...

Désolée pour ceux qui ne parlent ni l'espagnol ni l'anglais,  mais pour trouver des infos intéressantes, il faut parfois sortir des médias hexagonaux...

 

samedi 12 janvier 2013

Mali, ce qu'on ne vous a pas dit

Dans les années 80, le Mali est dans une situation catastrophique , tant au niveau humanitaire que d'un niveau de développement économique, les deux vont sans doute de pair.
Le Mali nait de l'occupation coloniale et de ses méfaits: un des plus importants est la définition arbitraire de frontières, qui englobent dans un état naissant un territoire qui n'est pas le leur et couvre l'ensemble du Sahara, par delà des frontières, qui est celui des Touaregs, et que toutes les nations africaines respectent comme une entité autonome.


Nous avons aussi la problématique de l'uranium exploité par Areva, qui dépasse même le cadre du Mali, puisqu'au Niger, il y a les mêmes problèmes d'exploitation, de pollution et de destruction de villages, d'écosystèmes, dans la course effrénée à notre propre indépendance énergétique, ce qui dénoncent des ONG indépendantes et nombreuses:
Voir ici chez Jeune Afrique
Sur Survie.org
Sur le site collectif contre l'exploitation des mines d'uranium, avec un dossier sur les trafics d'influence.
Sur un blog local malien.
Sur Slate Afrique

Il y a de nombreux gisements dans la zone touareg qui veut reprendre son autonomie et veut décider comment on exploitera ou pas les mines d'uranium.
Cela fait des années que le gouvernement central malien, qui n'est pas exempt de corruption, de manquements aux règles démocratiques, de coups d'états, de comportements dictatoriaux, fait payer au prix fort tout cela à sa population.
Le gouvernement actuel est issu d'un coup d'état, car le Général ayant commandé l'offensive contre les rebelles touaregs, n'a pas supporté une défaite, et en a rendu responsable le Président, au cas-où celui-ci se mettait à négocier un cessez-le-feu et un accord avec la zone Touareg.

Alors, oui, les extrêmistes d'AQMI, des fous-furieux, se sont installés dans le Nord du Mali, c'est vrai. Actuellement, l'accord provisoire de non-agression avec les Touaregs est rompu définitivement.
Ils sont donc chassés par les Touaregs et sont descendus vers le Sud.

L'Algérie, la Mauritanie et le Burkina Faso étaient en train de négocier un accord avec les rebelles touaregs et le gouvernement, et simultanément, la guerre se déclenche, avec l'aide de la France, les Américains en embuscade, prêts à doubler les Français au cas-où ils se rateraient....

Et que va-t-il se passer? Qui va être responsable de cette guerre? Les Africains de l'Ouest , en partie, tiennent la France pour responsable d'un coup d'Etat en Côte d?ivoire, et certains n'hésitent pas à assimiler Ouattarra à un vendu pour les intérêts de la Françafrique...

Ce sont quelques éléments d'une situation très complexe.
Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas chasser les islamistes radicaux mais cela ne peut se faire que dans un processus intégrant la population, toute la population du Mali.
A l'heure actuelle, le Mali est coupé en deux, la ligne de front ne bouge pas.
Une grosse partie des mines d'uranium est sous territoire touareg, Areva n'y contrôle plus grand chose.
Que va-t-il se passer, si la scission du Mali finit par être effective? Les chinois seraient ravis d'exploiter les mines, selon les conditions touaregs et que va récolter la France, comme image?
Pas sur que l'Histoire retienne les valeureux français boutant hors d'Afrique les barbus...surtout que l'Histoire en Afrique s'écrit avec les Africains et se fait par les Africains...

Donc, oui, je répète et argumente ici : je crains que l'intervention française au Mali soit très dangereuse à terme et risque d'être une erreur que l'on paiera sans doute cher. J'espère me tromper mais au vu de la situation, je ne vois pas comment.

liens pour comprendre:

El Watan :http://www.elwatan.com/une/c-est-la-guerre-au-mali-12-01-2013-199169_108.php

El Watan: http://www.elwatan.com/depeches/mali-les-islamistes-bientot-chasses-de-konna-un-soldat-francais-tue-11-01-2013-199186_167.php

Africanews: http://www.africanews.com/site/Mali_crisis_UN_calls_for_swift_deployment_of_troops/list_messages/42813

Hamish in Auckland : http://hamishinauckland.blogspot.fr/2013/01/mali-france-decides-to-fight.html

Africa Times: http://www.africatime.com/mali/nouvelle.asp?no_nouvelle=714728&no_categorie=1

Atlantico : http://www.atlantico.fr/decryptage/intervention-au-mali-se-jouera-elle-comme-classique-francafrique-hollande-ou-comme-conflit-nouveau-genre-andre-bourgeot-603889.html?page=0,1

vendredi 11 janvier 2013

Sortir du bourbier afghan pour s'enfoncer dans les sables du Mali

Ben, voilà, on est dans la panade....
La France appuie officiellement les troupes gouvernementales au Mali.
Je regrette sincèrement cette escalade et le fait que nous sommes en guerre.
C'est pas vrai!

Mais que va-t-on faire là-dedans?
Et si on gagne contre les "islamistes"? On va faire quoi? On va appuyer un gouvernement issu d'un coup d'état, dont on n'est même pas surs qu'ils vont établir une vraie démocratie...
Mais au moins, s'il fallait faire quelque chose, c'est pas ça...
Une force d'interposition et remettre le pouvoir au peuple, cela aurait été trop demandé?

Je suis amère.
On va payer très cher cette intervention, et je ne parle pas de coûts financiers.
Je ne comprend pas à quoi joue Fabius...et Hollande.
Les islamistes vont gagner en plus plein de sympathisants à leur cause...

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Palestine Libre Nouvelles

Rappel de la loi

Pour rappel : la provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une race ou une religion déterminée, est passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amendes (article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse).

La balise magique des liens en commentaires


Un bon truc afin de mettre des liens cliquables dans les commentaires: Vous mettez votre "lien" là où c'est indiqué et vous ajouté le texte qui l'illustre à la place de MOTS
http://www.commentcamarche.net/contents/496-les-liens-hypertextes

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