Utopie

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lundi 26 novembre 2012

mise au point sur l'Iran et le Hezbollah

Pour mettre les choses au point, je considère que Elie Arié n'est plus le bienvenu sur ce blog, puisqu'il m'a accusé de relayer de la propagande terroriste, chose que je trouve extrêmement grave.
Mon article, sur une organisation juive antisioniste, que j'avais publié afin de démontrer que l'antisionisme n'était pas obligatoirement de l'antisémitisme, sans adhérer aux thèses de l'organisation, ni poser un jugement de valeurs, m'a fait accuser par ce Monsieur d'être une personne à signaler à la DCRI!!!!

Je ne soutiens absolument pas la République iranienne, de toute manière, ce n'est pas du tout ma prérogative car je ne suis ni iranienne, ni islamique. Je crois en la vraie démocratie, celle où on peut dire ce qu'on pense sans qu'il y ait une curée sur sa personne car Elie Arié s'est permis de diffamer sur mon compte pour la seule raison que je n'étais pas d'accord avec lui, postant des commentaires sur les blogs de mes amis, qui ne sont pas concernés par la chose, et allant jusqu'à s'allier avec des blogs de particuliers qui ont faits des choix antidémocratiques et anti-républicains, dont je ne veux pas entendre parler ni relayer leurs idées.

Je n'ai rien à voir avec le Hezbollah non plus. Je ne suis encore moins libanaise ni islamique, quoi qu'il y ait des chrétiens orientaux, des druzes dans cette organisation et qu'ils se battent, ironie de l'actualité, contre des salafistes qui veulent détruire tout ce qui n'est pas musulman et qui sont un danger bien plus grand que le Hezbollah qui dirige actuellement le Liban, qui a organisé la sécurité de Benoit XVI, que celui-ci a rencontré, en reconnaissant à ce parti de fait un rôle d'interlocuteur. Soit dit en passant, on a bien reçu Khadafi et d'autres à l'Elysée depuis des années, et même Netanyahu, c'est dire...
Je précise à l'avance qu'en écrivant que le gouvernement israélien est reconnu par la France comme interlocuteur, je ne fais pas de la propagande pro-sioniste en disant cela. 

Je pourrais lister des raisons historiques afin de montrer par a+b que la montée des intégrismes islamistes est en droite ligne la conséquence de la politique pro-sioniste extrême que conduit Netanyahu, qui a été dénoncée jusqu'en Amérique par les plus grandes organisations chrétiennes des USA.

Quoi qu'il en soit, nous ferions bien de regarder nos propres turpitudes avant de juger celles des autres.

Ceux qui clament à la censure à tout bout de champs feraient bien de s'interroger sur les limites du droit à la pensée libre et de la liberté d'expression.
En effet, les révisionnistes comme Faurisse et Garaudy, étant censurés(ce, en quoi, ils sont pourtant tous d'accord...no comment!)se font passer pour des victimes afin de pouvoir se faire appuyer par des pays comme l'Iran au nom de la liberté d'expression, ce qui ne veut pas dire que le peuple iranien soit négationniste dans son ensemble.
Ce faisant, le gouvernement iranien exploite de manière intéressée cette faille dans notre démocratie, en se faisant passer aux yeux du monde pour un système bien plus ouvert et démocratique que nous-mêmes, qui ne sommes pas capable de museler les propres paroles antidémocratiques, racistes et islamophobes de certains de nos ressortissants.
Entre la peste et le choléra...On n'a rien a leur envier  en Europe, avec Victor Orban, Aube Dorée etc...jusqu'à notre FN qui prône des thèses plus light en apparence mais qui stigmatise les étrangers ou les français d'origine, les nouveaux "übermenschen" de la France moderne...
On est bien mal placé pour donner des leçons de démocratie, il faudra bien se le mettre dans la tête un jour alors qu'on laisse diffuser, sans les remettre à leur place des thèses absurdes et racistes sans trop broncher...
 
 Le peuple iranien...cette victime de tout ça... est bien plus attaché à sa propre survie, tout en étant forcé par l'actualité à se ranger par patriotisme derrière son gouvernement, ce qui ruine tout progrès vers une démocratisation des institutions en place, effet pervers d'appuyer l'obsession de Netanyahu pour déclencher une guerre contre ce pays, que l'appui soit volontaire ou non. C'est un fait, on a placé tout l'Iran, y compris son peuple, en position de victime d'une guerre potentielle israélienne.
Ce faisant, toute la Révolution Verte et l'espoir qu'elle aurait pu susciter, a été musulée.
Des provinces iraniennes continuent donc à être administrées par des lois tribales injustes et horribles, comme de couper la main aux voleurs, de marier des filles trop jeunes ou de lapider des adultères...

Jusqu 'où cela va-t-il aller?
On ne peut justifier aucun extrémisme, aucun ne vaut plus qu'un autre.
Mais se boucher les yeux sur le génocide palestinien, génocide de chrétiens, musulmans et de druses, génocide de tout un peuple afin de récupérer ses terres en bafouant les règles internationales, cela n'est pas possible et ne peut se justifier d'aucune manière.

Donc je persiste et je signe: je suis antisioniste, démocrate, laïque et antiraciste car je ne pense pas qu'une femme ou un homme puisse valoir plus qu'un autre en fonction de sa religion, sa couleur de peau, son sexe ou son origine!

Et qu'aucun passe-droit ne peut être invoqué en la matière!
      
   


lundi 22 octobre 2012

Desintox à propos du Liban et des protestataires

On nous montre à la télévision des manifestations considérées comme des soutiens au parti politique proche de la mouvance de Hariri opposé aux soutiens du Hezbollah et de la coalition gouvernementale...

Ce matin, comme tout le monde je regarde: et là, la réalité saute à la tête. On nous filme sans complexe des hommes avec le drapeau noir et les slogans des salafistes, les mêmes qui sont en lutte contre le régime syrien... Les islamistes sont donc au Liban et veulent occuper le terrain dans le sud: témoin cet article de L'Orient Le Jour que beaucoup devraient méditer, avant d'accuser la Syrie pour un attentat qui ne rapporte rien au régime de El Assad, surtout dans ces temps de trouble et de guerre civile... Il est intitulé: A Tripoli, des salafistes essaient de semer la Peur...

Vous ne me croyez pas? Allez donc voir cet article, qui parle, entre autres, des combattants salafistes au Liban de Frédéric Helbert.
Extrait intéressant:
Restent que certains salafistes ont basculé dans le jihadisme… Un cocktail parfois redoutable. le Salafiste Jihadiste a pris naissance lors de la guerre d’Afghanistan. Il est aujourd’hui partout. En France comme ailleurs. Il y a un mois à Tripoli (Liban) je rencontrais des salafistes se battant contre les alliés alaouites du régime de Bachar el Assad.

Restent que certains salafistes ont basculé dans le jihadisme… Un cocktail parfois redoutable. le Salafiste Jihadiste a pris naissance lors de la guerre d’Afghanistan. Il est aujourd’hui partout. En France comme ailleurs. Il y a un mois à Tripoli (Liban) je rencontrais des salafistes se battant contre les alliés alaouites du régime de Bachar el Assad.

Drapeau salafiste flottant dans les quartiers sunnites de Tripoli"

Il y a donc une alliance assez paradoxale, qu'elle soit calculée ou de fait, entre les tenants de Saad Hariri, les chrétiens orientaux qui lui sont alliés en partie, et les salafistes...L'opposition est donc forcée de se démarquer et se fait même déborder dans les manifestations de rue qu'on nous présente comme de la démocratie qui s'exprime...
Voici encore ce que décrit le quotidien L'Orient Le Jour sur la manifestation contre le gouvernement actuel du Liban: 

Le quotidien An-Nahar (opposition) note, de son côté, que la tentative de faire chuter le gouvernement "a failli dégénérer en massacre". Pour expliquer cette attaque, le quotidien note que de plus en plus de salafistes sont présents dans les rangs du 14 Mars. "Il suffit de comparer le nombre de drapeaux noirs salafistes et de drapeaux de la révolution syrienne avec le nombre de drapeaux du Courant du futur ou des autres partis du 14 Mars, pour réaliser que les forces islamistes prennent le dessus dans la rue sunnite", estime an-Nahar.  

Cela devient franchement lourd, un tel aveuglement des médias français...
Car la situation serait bien plus inquiétante que celle qu'on nous dépeint car je ne suis pas certaine que si les salafistes s'emparent du pouvoir au Liban, ils soient aussi démocratiques que l'est relativement le Hezbollah...et que les chrétiens aient encore leur mot à dire...

mardi 18 septembre 2012

Sabra et Chatilah par les bourreaux

Ce jour, je vous livre l'article de Grand Reporters, que j'ai déjà mis en lien sur cet article expliquant la propagande islamophobe:
L'article est assez poignant comme cela:

Sabra et Chatila : les tueurs parlent.

Jeudi 16 septembre 1982, à Beyrouth, des groupes de miliciens chrétiens attaquent la population des camps palestiniens. C’est le plus grand massacre de civils de la guerre du Liban. Pour la première fois, un film livre le récit des assassins. Un document exceptionnel
« Voilà... c’est le cercle. » Sur un tableau en papier, dans une lumière rouge crépusculaire, une main dessine au feutre un cercle fermé. Tout autour, avec l’application d’un cadre qui expliquerait une méthode de gestion, l’homme place une série de petits points : « Nous étions là. » Le cercle, c’est le camp palestinien de Sabra ; les points, les miliciens qui ont encerclé et investi Sabra et Chatila, où ils ont massacré des civils, hommes, femmes et enfants, pendant deux jours et trois nuits d’affilée. « Notre devise était : les grands, les petits, les nouveau-nés... pas de pitié ! » dit l’ancien milicien. On reste stupéfait. Pour les reporters arrivés rapidement sur les lieux, Sabra et Chatila est resté un cauchemar et un mystère. On garde le souvenir de rues pétrifiées, de maisons vides, de corps boursouflés, épars, en tas, d’humains mutilés mélangés à des animaux abattus, un camp transformé en abattoir. Le silence et, partout, cette odeur épaisse et écœurante, l’odeur de la mort, qu’on inhalait. A l’époque, le monde est profondément choqué. Combien de morts ? Neuf cents au moins, mille, plus ? Journalistes, éditorialistes, écrivains noircissent des milliers de pages, dissèquent les détails et accumulent des questions sans réponse. Vingt-trois ans après, ce film sur Sabra et Chatila raconte le crime... par ceux qui l’ont commis !
Pour comprendre, il faut se rappeler juin 1982, l’invasion du Liban par Israël, qui force des milliers de combattants de l’OLP à fuir le pays. En août 1982, Bachir Gemayel, chef des Forces libanaises, milices chrétiennes pro-israéliennes, est élu président du Liban. Le 14 septembre, il est assassiné. Le 16 septembre, au sud de Beyrouth, le massacre commence. Les tueurs ont grandi avec la guerre. Au début, en 1975, ce sont des gamins armés de fusils de chasse qui jouent à se battre, vivent de la rue et des armes et se droguent en avalant des cachets de Mandrax et de LSD : « Sorti de mon trip, je ne croyais pas à ce que j’avais fait », dit l’un d’eux. A 15 ans, une balle lui a traversé la cuisse. Son père lui offre un revolver : « Porte-le toujours. N’aie pas peur. Retourne te battre. » Ils apprennent la guerre : « Je marchais pieds nus sur les gravats pour déposer ma charge de TNT sous la barricade ennemie. J’aimais ça. Vivre ou mourir... On se foutait de tout. » Bachir Gemayel ouvre ses casernes et va transformer ces têtes brûlées en Forces libanaises. L’un des groupes s’appelle « Sadm », le groupe « Choc », avec une devise : « Là où les autre n’osent pas ». Une nuit, trois cents d’entre eux sont conduits vers un port de plaisance et une vedette israélienne. Débarquement à Haïfa pour trois mois de stage de survie. Les épreuves d’interrogatoire sont poussées à l’extrême : tabassages, jets d’eau bouillante puis glacée, électricité, supplice du pneu, la torture pour s’endurcir. L’instructeur leur projette un film sur l’Holocauste : « On s’est dit : leur cause est juste. » A Eilat, ils sont accueillis dans un camp, sur la plage, par une jolie femme complètement nue, « Nikha », un général, mitraillette en bandoulière, qui les fait courir et ramper, dévêtus et honteux, jusqu’à vomir de fatigue. De retour au Liban, avec l’élection de Gemayel, les hommes triomphent. Mais la nouvelle de l’assassinat du président - « le chef est mort ! » - les transforme en orphelins pleins de haine qui crient vengeance : « Nous étions des bombes à retardement. »
Ce sont ces « bombes » qui quittent leurs casernes le jeudi 16 septembre à 16 heures. Maroun Machaalani, l’adjoint préféré d’Elie Hobeika, chef de la sécurité, les a réunis : « On va voir les assassins de Gemayel. Ils doivent tous mourir. - Tous, tous, tous ? - Tu ne veux pas venger Bachir ?- Oui, bien sûr ! - Bien. Alors, on y va. Et pas d’états d’âme. » Les groupes et les itinéraires sont différents. Des Forces libanaises partent des casernes de l’est ou du nord de Beyrouth, d’autres viennent du Sud, constituées d’éléments de l’Armée du Liban-Sud. Un groupe se dirige vers Choueifat, prend l’autoroute jusqu’à Khaldé, coupe vers l’aéroport, jusqu’à l’ambassade du Koweït. « On a fait une halte pendant que Hobeika discutait avec des officiers juifs », raconte l’un d’eux. Ces miliciens chrétiens ne disent jamais « Israéliens », mais « juifs », et détestent leurs alliés du moment, qui leur ont fourni des camions militaires, des uniformes de l’armée israélienne et encerclent la zone avec leurs chars. Après l’ambassade, il y a des dunes de sable, le camp de Sabra et une brèche dans la clôture. Maroun, le chef, s’avance : « Allez, suivez-moi ! » Ils ont des kalachnikovs, quelques M16, beaucoup de grenades et des lance-roquettes, qu’ils n’auront pas besoin d’utiliser. Il est 18 heures, le massacre commence : « On a rencontré quelques hommes de 40 à 50 ans et on a ouvert le feu aussitôt, sans rien dire. » Ils avancent, prudents, en zigzaguant dans les ruelles. On leur a parlé de combattants palestiniens mais, à part quelques sentinelles en bordure du camp, ils ne rencontrent que des civils, les combattants sont partis et les caches d’armes enfouies ou détruites : « Les femmes sortaient en premier, se lamentaient, croyant nous apitoyer. Elles se condamnaient à mourir en premier. » Les miliciens ont des ordres clairs : « Entrez, tirez, tuez tout ce qui respire. » Ils nettoient les maisons : « On entrait dans chaque pièce, on mitraillait, hop ! Une grenade et on recommençait. » Il fait nuit et le camp résonne déjà des appels au secours : « Les gens ne criaient pas, ils beuglaient. On entendait : « Où es-tu Dieu ? Que nous arrive-t-il ? Regarde ma fille, mon mari ! » Et ils tombaient, morts. » Quelques- uns renoncent : « Ils disaient qu’on ne pouvait pas faire ça. Et ils se sont barrés. » Tous les autres avancent, méthodiquement. « Moi, je me disais : ce petit va grandir et me tuer, cette jeune fille va faire des enfants, non ! Il ne faut pas, je les tue, raconte un assaillant. Le premier, tu hésites, le deuxième est plus facile, après, c’est comme jouer aux billes. » Les Forces libanaises et l’armée israélienne ont apporté leurs bulldozers, qui, à la moindre résistance, aplatissent les maisons du camp. On rafale tout, les hommes, les chiens, les rats et les chevaux : « Les chevaux morts... Pourquoi ? Cette image m’a marqué », dit un milicien. Dans la nuit noire, après une méprise sanglante, les assaillants demandent aux Israéliens d’éclairer le camp et les soldats tirent des fusées éclairantes jusqu’à 5 heures du matin. A l’aube, les hommes, épuisés, soufflent, défoncent des épiceries, mangent des biscuits et boivent des jus de fruits. Les renforts arrivent : « Je commandais une grosse unité vers le Chouf. Mes hommes s’entraînaient sur des murs. Mais un mur, ça ne crie pas, ça ne meurt pas. Le secret à la guerre, c’est de voir du sang. J’ai dit à mes hommes : « Allez-y ! Exercez-vous ! » » Les nouveaux arrivants découvrent l’ampleur du massacre : « Autant de morts en quelques heures, j’étais surpris. Il y avait des femmes nues, mortes, les mains coupées, la cervelle éclatée. » Et ils reprennent la tâche. Meurtres, vols et viols : « Il y avait une jeune Palestinienne, blonde, en foulard. Elle suppliait, criait qu’elle était vierge. Un des nôtres lui a arraché ses vêtements, s’est acharné sur elle, puis il l’a liquidée. Nous, on rigolait. » Avec la fièvre, tuer ne suffit plus, il faut torturer : « J’ai mis un homme contre le mur de sa chambre, les bras écartés et j’ai sorti mon couteau. Je lui ai passé sur la gorge et je lui ai déboîté les bras. Mourir d’une balle, c’est rapide, ce n’est rien. Avec le couteau, il meurt deux ou trois fois. »
Au deuxième jour, un ordre arrive : « Achevez les blessés. Et débarrassez-vous des cadavres. » Un bulldozer a creusé une grande fosse à l’entrée du camp. On fait défiler les hommes à gauche, les femmes à droite. Chacun doit pousser dans la fosse le cadavre de celui qui le précède, avant d’être exécuté à son tour, par balles ou au couteau : « Un homme égorgeait à la chaîne. Dans la vie, il était boucher. Un boeuf, un homme, pour lui, c’était normal. Moi, j’ai failli vomir. » Les Israéliens ont fourni des bâches en plastique pour transporter et recouvrir les cadavres, devenus encombrants. Certains sont brûlés ou aspergés de produit chimique. Elie Hobeika passe, félicite ses hommes : « Bon travail, les gars ! » A la sortie du camp, le groupe « Choc » et des éléments de l’ALS poussent des colonnes de Palestiniens, « comme des moutons », pour les regrouper à la Cité sportive : le massacre continue. A l’image, les témoignages précis se recoupent, mais on ne voit pas le visage de ceux qui racontent. Le regretter, c’est méconnaître le Liban d’hier et d’aujourd’hui. « Si je parle à découvert, je suis mort dans la minute, moi et ma famille », dit l’un d’eux. L’enquête a été dure. Les cinq premiers témoins approchés ont été aussitôt arrêtés et dissuadés de parler. Les auteurs du film, un éditeur chiite libanais qui a grandi près de Sabra et une Allemande en voyage à l’époque en Israël, ont dû tout recommencer, dans la clandestinité, et retrouver six nouveaux témoins. L’enquête porte sur les origines du massacre, sur ses objectifs - nettoyer le camp mythique palestinien et le remettre à l’armée libanaise -, mais s’arrête avant les décisions d’état-major. Quant à l’implication israélienne, on sait que les manifestations à Tel-Aviv ont abouti à la démission de Sharon, alors ministre de la Défense responsable de la zone concernée. Reste l’analyse de la « banalité du mal » sur ces miliciens qui n’ont aucun regret, ou si peu. L’un d’eux fait parfois des cauchemars et un autre revoit de temps en temps « l’étreinte de cette famille, un homme et une femme, tenant serrés leurs trois enfants, tous morts ». Les autres, pour la plupart, restent indifférents, sans tourments et sans jugement, réinsérés dans le quotidien. L’un d’eux est même prêt à décrire les sévices infligés, en détail et avec un plaisir évident. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a refusé toute enquête, et le Liban, en 1991, a proclamé l’amnistie générale. Et l’amnésie. Reste ce film, document extraordinaire, extraordinairement maltraité, projeté en catimini dans une poignée de salles en France. A voir d’urgence, si on le peut, avant le retour du grand silence.

vendredi 7 septembre 2012

Damour: la propagande islamophobe sur le dos des victimes

On se glose sur des forums et des articles à propos de cette horrible guerre qui a été celle du Liban.
Il faut dire la vérité. La guerre du Liban a été une horrible boucherie, de part et d'autres, orchestrée sciemment par certaines parties afin d'affaiblir ce pays, de le diviser en plusieurs factions. A ce titre, les forces israéliennes s'allièrent avec des parties chrétiennes, en leur promettant le pouvoir une fois le "nettoyage" fini.

Témoin, l'enchaînement de violences continuelles et le cycle des vengeances et des représailles:
Prenons Damour en 1976: on a une description tronquée et romancée, ajoutant même des exactions imaginaires... dans cet article ici.
Et en plus, cela aurait été de la faute à Arafat...édifiant...
A priori, le gars qui lit cet article s'émeut et cela sert les islamophobes en disant: voyez donc, les palestiniens sont des barbares...mais...

On reprend les faits: il n'y a pas de photos, peu d'articles dessus...vu la propagande de certains, si tout avait été vrai, à mon avis, on aurait été inondé de preuves...
Le total des morts cités dans l'article est de 582 morts...Attention à la précision...on y reviendra plus tard.

Mais juste avant, il y a eu , le 18 janvier 1976, un escadron de la mort qui fit à Karantina, bidonville de Beyrouth, 1000 à 1500 morts palestiniens, kurdes et syriens, précédé du Samedi Noir du 6 décembre 1975,avec des victimes libanaises et palestiniennes à majorité musulmanes.
Plus tard, au cours du siège du camp Palestinien de Tel A-Zaatar, les factions chrétiennes massacrèrent 2000 personnes, hommes, femmes et enfants.

La guerre, ce n'est jamais beau. Il y a son lot d'exactions mais Damour n'est pas Oradour-sur-Glane. Sabra et Shatila est l'Oradour de la guerre du Liban,  ce furent 2 camps entiers de réfugiés exterminés avec l'aide et la bénédiction d'un certain Ariel Sharon le 18 septembre 1982, on parle de 3500 victimes environ selon une estimation. On a pu en dénombrer 1000 physiquement, puisque les tueurs se sont débarrassés des cadavres
Là aussi, il n'y a pas de chiffres exacts...comment alors se fait-il qu'il y ait eu 582 victimes totales à Damour selon le témoignage du religieux , surtout avec des endroits incendiés, comme on nous l'explique? Il y a forcément des disparus. Le bourg comptait 2500 habitants environ selon l'article. C'est une attaque sanglante qui s'est soldée par des morts mais pas une extermination totale comme Sabra et Chatila.

Il n'y a pas des morts qui sont mieux que d'autres, des victimes innocentes plus sanctifiables que d'autres. Mais en Histoire, on cherche toujours les causes et les conséquences.
En l'occurrence, les causes de tout cela s'appellent la création de l'ONU, la création d'Israël, les colonies, les décolonisations et les manipulations géostratégiques de toute sorte. Le Liban méritait-il ces années où on a détruit 5 fois son économie et ses infrastructure? Où ses enfants se sont entretués?


A l'heure où le Liban essaie de panser ses plaies une nouvelle fois, vouloir réécrire l'Histoire d'un point de vue du" choc des 
civilisations" semble réellement le résultat d'une propagande haineuse. Rien d'autre. Se servir de cadavres de Libanais pour répandre cette abjecte islamophobie est franchement innommable. Surtout quand on connait le Liban, ce qui ne semble pas être leur cas du tout...

PS: j'ai trouvé le récit romancé du siège de Damour dans un billet de blog où on nous explique que les gentils israéliens s'occuperaient bien des palestiniens qu'ils ont expulsés et enfermés dans des camps, apatrides, au contraire des pays arabes...un relais de cet article tendancieux. Vu avec du recul, c'est d'un humour très noir ou de l'impudence manifeste, tout aussi abject, selon moi, au choix... Parce que maintenant, les bourreaux s'occupent bien de leurs victimes? Depuis quand? C'est ce qu'on appelle du révisionnisme le plus sordide.

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Citoyen Reporter

Palestine Libre Nouvelles

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