Utopie

L'utopie n'est pas un luxe, c'est une nécessité.

Translate

Affichage des articles dont le libellé est patriotisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est patriotisme. Afficher tous les articles

lundi 10 juin 2013

Nation: cette notion qu'il est urgent de se réapproprier

Mon dernier billet partageait la lettre du cousin de Clément Meric sur ce titre: Le Nationalisme et la Division tuent notre Nation.
Hier, j'ai hésité: hésité à commenter et à réfléchir dessus ou à la communiquer sans commentaires. J'ai finalement pris la dernière option.

C'est la douleur d'un proche qui s'exprime, et j'ai décidé de la laisser brut de commentaires, car elle mérite à ce titre de lui laisser toute sa place dans un billet.

Il y a pourtant plusieurs constats dans cette lettre qui sont vrais, vrais parce que sincères, sortis de la douleur  d'un proche qui a perdu quelqu'un de sa famille et qui accuse.
Il n'accuse même pas les troisièmes couteaux: skins, groupuscules et factions. Il n'en veut même pas à celui qui a porté le coup fatal, qui n'est d'ailleurs pas accusé d'assassinat mais d'homicide involontaire (coups et blessures ayant entrainé la mort), ce que j'appelle un meurtre, un crime. De celui-là, il dit que sa vie est gâchée, alors que ceux qui ont décomplexé son attitude et provoqué son geste, en le désinhibant, sont dehors et ne seront pas inquiétés: Il parle des médias, des politiques, de ceux qui tirent profit de la division qui  nous ronge en ayant mis des barrières: entre les beaux quartiers et les banlieues difficiles, entre les sans-papiers et les citoyens légitimes, entre les arabes et les occidentaux etc...
Il ne croit pas que Serge Ayoub soit dans le même cas, à ceci près je diverge, car il n'est pas une victime, il a profité de son ascendant pour se faire sa cour, comme les autres.
Car les nationalistes racistes sont peut-être des petites gens, mais leurs chefs sont riches et vivent dans ces beaux quartiers.

Justement, qu'est-ce qu'une Nation, celle qu'un franco-libanais gourou d'un jeune d'origine espagnole, voudraient soit-disant défendre à tout prix contre un certain péril?
C'est quoi la Nation, c'est quoi la Nation Française?

En regardant l'étymologie, c'est issu du terme latin nacio: ceux qui sont nés. Cela ne dit pas l'origine des parents ou même la culture. Cela dit que c'est une population qui vit sur un territoire dans lequel elle est née.

Ensuite, on a utilisé le terme nation chrétienne contre la nation païenne, en opposition.
C'est donc assez flou. La Fontaine utilise le terme nation comme on utiliserait maintenant l'espèce, dans ses fables, sur les animaux.
Ensuite, on a estimé que cela englobait ceux qui vivaient dans un état, avec des frontières, régi par des règles politiques communes.

Maintenant, c'est devenu un peu différent. Les Nationalistes ont kidnappé la Nation, à tel point qu'on ne sait même plus ce qu'est cette Nation, c'est devenu flou, fourre-tout, là où on met n'importe quoi.

En fait, qu'est-ce qu'une Nation?
Une population, un peuple? C'est fort possible, oui. La Nation française admet que tout citoyen fait partie d'elle, celui qui a sa carte d'identité, quelle que soit son origine et sa religion. Ainsi, on a donné aux Juifs la nationalité française, ce dont ils étaient privés auparavant, injustement, des parias tout juste tolérés dans la Royauté.
Une langue commune? Oui, maintenant. Mais durant des années, les patois régionaux avaient droit de cité, ce qui n'empêchait pas les différentes régions de se sentir Français et d'être attachés à la Nation.
Une culture commune? Encore faudrait-il définir ce qu'est la culture française...Nombre s'y sont attaqués et personne n'a vraiment réussi à définir toutes ses composantes: car manger une choucroute ou une bouillabaisse ne dérange absolument pas un breton, quand ces deux-là sont bien faits.
Nous avons le béret basque comme symbole national que nous avons d'ailleurs imposé comme cliché international dans tant d'esprits non nationaux. Notre marque la plus prestigieuse en automobile est possédée par une firme allemande, née d'un immigré italien, Bugatti, et fabriquée dans l'Alsace qu'il aimait tant.
Et des exemples comme cela, il y en a tant...

La religion? Mais un de nos hommes politiques les plus brillants, Pierre Mendès France était Juif, ainsi que Léon Blum,  le sont aussi un Moscovisci ou un Copé, diamétralement opposés, d'ailleurs.
La République, notre institution qui nous gouverne prône la laïcité.

Qu'est-ce qu'une nation et plus précisément la Nation Française? Si elle est en danger, on parle d'union nationale, notre armée est composée de tout le monde, Merah a tué d'ailleurs deux maghrébins, un musulman, un chrétien et handicapé lourdement un troisième qui venait des îles.

Un mode de vie? Il faudrait aussi le définir. Une sexualité? Heureusement, certains"nationalistes" n'ont pas encore tous franchi ce pas ignominieux de demander à interdire l'homosexualité, pour cause de "traîtrise" à la Nation.


Le respect des institutions et des acteurs qui les représentent? Mais alors combien de ceux qui attaquent les gendarmes, les policiers, les CRS (se rappeler des dernières manifs pour tous), ceux de nos politiques qui fraudent, ceux qui, à corps et à cris, justifient leurs exil fiscal par des actes de "résistance"....ceux qui refusent de marier des couples homosexuels, en quoi font-il partie plus de la Nation que ceux qui croupissent en prison pour délinquance, ceux qui sont jugés pour leur faciès, pour leur habillement, pour toute autre chose même aussi anodine que se tenir la main?

Ceux qui divisent, dressent les Français les uns contre les autres, instillent la haine, la rancœur, ceux-là font-ils de notre Nation une grande Nation?

Je vous remets ici la devise originelle de notre République:

Liberté, Égalité, Fraternité 
Unité et Indivisibilité de la République
ou la Mort.

Elle est à droite, sur le blog.
Ce n'est pas une alternative: Non, la Nation n'a rien de nationaliste, non, elle est à nous, il est urgent que nous nous la réapproprions. Ceux qui divisent la salissent et la condamnent à la mort par asphyxie.
Aussi, il ne faut ostraciser personne, même ceux dont on aurait envie de les claquemurer dans le monde enchanté des réacs.
C'est de vraie réconciliation dont nous avons besoin aussi, de Fraternité, de compréhension mutuelle, d'arrêter d'avoir peur et d'avancer ensemble. Les politiques doivent le savoir.

Je mets ici en illustration une affiche du CCIF qui avait fait hurler Ivan Rioufol, et qui lui a fait perdre le peu de raison qu'il avait, ce qui lui a valu d'être convoqué par la police judiciaire: voir en lien chez Cpolitweets ici.
Elle se légende ainsi:

NOUS SOMMES LA NATION



Oui, Nous sommes la Nation : les clochards, SDF, petits, grands, pauvres, riches, des banlieues pourries, des campagnes profondes, des faubourgs, des beaux quartiers, Nous sommes la Nation, "blancs, noirs, gris, jaunes", homos, hétéro, trans, gay, bi, et lesbiennes, les "de souche" et les "d'origine", catholiques, musulmans, juifs, bouddhistes, témoins de Jéhovah, protestants etc...et athées,  Nous sommes tous la Nation. Elle est à nous, nous l'aimons.
En fait, la Nation Française, c'est celle pour qui nous savons que nous allons mourir s'il le faut pour la défendre.C'est loin de la peau de chagrin des nationalistes...c'est très loin...


dimanche 9 juin 2013

Légions d'honneur

Mon ami BAB revient sur une amie qui vient d'obtenir la Légion d'Honneur. C'est bien pour elle, cela a l'air d'être mérité.
Il n'empêche que cela me renvoie à deux épisodes, l'un issu de mon histoire familiale, l'autre plus récent.
Vous vous rappelez sans doute que Sarkozy et consorts distribuaient les légions comme des petits pains? Oui, je pense.
C'est à un point que certains ont refusé cette légion, ne s'en estimant pas digne.
Madame de Fontenay fut une de ces personnes, il y en a d'autres. Plein d'autres.

La Légion d'honneur se mérite pour services rendus à la Nation, et pour avoir porté haut la France dans ses actes. Bon, c'est une formule hasardeuse mais je le ressens comme cela.
Mon arrière-grand père l'a reçu. C'est en ligne, cela fait des années mais je n'ai pu consulté son dossier réellement, celui-ci a été protégé par le secret défense, car rien ne filtre des années après...oh, cela ne m'a pas étonné. Mon ancêtre avait été militaire de carrière et sa famille ne savait pas ce qu'il avait fait exactement durant le Débarquement des Dardanelles en 1915. Il y eut un black out durant 3 ans, où il ne donna aucune nouvelle.Mon arrière-grand-mère eut très peur. Pour la petite histoire, elle soupçonna même une liaison adultère. Ma famille pensa qu'il avait du participer à l'entrainement des futurs commandos d'élite américains qui se firent à cet endroit.

La réalité? Je ne saurais sans doute jamais exactement ce qu'il en fut.
Mais j'ai retrouvé un fait d'armes qui lui fut crédité dans la campagne de son régiment, qui fut écrit dans un de ces livres qu'on avait l'habitude de rédiger pour des régiments distingués par leur bravoure. Ce livre est chez Gallicana. Si jamais vous avez des ancêtres qui ont été militaires, une recherche simple vous permettra de retrouver leur trace.

C'est curieux, lorsque vous lisez ces lignes. Mon arrière-grand-père dont je tairai le nom par pudeur et discrétion, est dépeint comme un homme blessé, qui n'aurait pas du se trouver là. Il y a des bruits, des explosions, du danger partout à des centaines de kilomètres du front principal. J'ai l'impression de sentir le bruit et l'odeur âcre des pierres pulvérisées, en plein pays de l'Est, les Balkans. La position est très dangereuse. Ils tiennent une canonnière exposée au pire endroit, ils sont 3 ou 4, mon ancêtre est l'officier responsable, en haut du relief, ils aperçoivent les canonnières de l'ennemi. Pas très important qui est l'ennemi: de toute manière, il tire pour vous écraser, et vous faites de même.
La canonnière est touchée par rebond: hommes et machines sont englouties par les roches. Atteint par sa blessure qui le ronge, mon arrière-grand-père, calmement, fait déblayer la canonnière. Nulle indication de blessés ou de morts. Il fait recharger l'engin et continue à tenir la position en tirant.


La guerre, ce n'est pas drôle, ni anodin.C'est cruel et il faut  un sacré courage. Il faut savoir exécuter des ordres qui sont durs, et parfois, refuser d’obtempérer.

 En l'occurrence, mon arrière-grand-père termina cette guerre capitaine et fut nommé à la tête d'une unité d'élite.
Il obtint donc cette Légion d'honneur, pour faits de bravoure.

En 1939, il fut de ceux qui soutinrent Pétain, et qui le soutint jusqu'au bout. Ce fut un secret honteux dans la famille, qui se murmurait doucement, son gendre fut de ceux qui refusèrent l'armistice de 1940 et qui passa 4 ans dans les camps allemands.
La vie et l'histoire ne sont jamais simple.

De ces deux personnes qui font partie pour la postérité de cet ordre, où est vraiment le lien, la cohérence? Que signifie maintenant obtenir la Légion d'Honneur? Que veut dire le mot Honneur, en 2013? Je m'interroge toujours.


vendredi 7 juin 2013

Cette jeunesse qu'on sacrifie

A 15 ou 20 ans, peut-on dire qu'on est adulte et qu'on n'est pas vulnérable? A cet âge-là, est-on influençable? Il est clair que oui. Surtout dans notre société, qui offre encore un cadre très sécurisant pour nos enfants, au niveau du confort de vie et du fait que nous soyons en paix. Nulle guerre ou pauvreté extrême à tous les coins de rue. L'école couve nos poussins, même un peu trop, nous les couvons aussi beaucoup, certains pour leur donner tout ce qu'ils n'ont pas eu dans leur enfance, d'autres pour se débarrasser d'eux achètent leur manque de présence et de vigilance par des avantages matériels.
L'un se sacrifie pour la paire de jeans ou de chaussures de marques que veulent les enfants prodigues. D'autres, pour le dernier smartphones.
L'enfant ne se rend pas compte très souvent des privations que l'on consent pour lui.

Toujours est-il que nos jeunes vont affronter de plus en plus une société qui se durcit.
Et des adultes bien vissés dans le vie leur propose des alternatives, leur proposent de s'engager pour un monde meilleur, des idéaux.

Il y en a qui sont déboussolés par le décalage entre leur vie confortable d'enfant à la maison et ce qui les attend, une fois adultes.
Il y a ceux qui sont en rupture scolaire, l'école est une garderie géante, faute de moyens, ne s'en sortent pas tous diplomés de là. Loin s'en faut.
L'échec est patent pour beaucoup, que ce soit tôt ou quand on les lâche dans la nature à l'université.


Il arrive donc que des vautours leur tombent dessus, avec une vison fantasmée et quasi-magique du monde qui les entoure, et de comment résoudre leurs souci: ce ne sont pas eux, ce sont les autres le problème.

On les entraine, on les endoctrine, on leur distille la haine, en en faisant des petits soldats bien obéissants, chargés d'en découdre tandis que les chefs, qui ont la quarantaine ou la cinquantaine bien tapée, les envoient au casse-pipe.

Nos jeunes se déchirent et se battent . Les uns ont de meilleures raisons que les autres, soit. Les uns veulent changer le monde en le rendant meilleur pour tous, les autres pensent qu'ils sont menacés et combattent une menace.


Mais il demeure qu'un jeune de 20 ans a tué un autre de 19 ans, poussé par l'idéologie d'un espèce de gourou politique, qui reste bien à l'abri, et se fait interviewé, tandis que l'un est mort, et l'autre va sans doute croupir en prison.
L'un, tenant de la Nation, de la France aux Français, endoctriné, violent, d'origine espagnole, ayant sans doute choisi l'intégrisme politique pour se sentir chez lui ici, a tué un jeune qui défendait la France contre le péril brun, et les discours xénophobes et racistes que revendique le premier...

On marche sur la tête dans ce pays...

Le chômage des jeunes atteint des records: certains rodent afin de capturer les laissez-pour-compte, les lobotomiser, en faire de chiens haineux, des chiens de guerre et les lâcher contre des cibles.
Ma foi, avant, on avait les guerres pour résoudre ce problême...que voulez-vous, on fait avec ce qu'on a...

Les jeunes sont une source d'avenir pour les partis politiques de tout bord. On a besoin d'eux, non pas comme des troupes de choc guerrières, mais comme des regards neufs, du sang neuf, des idées neuves.
Au lieu de ça, des individus sans scrupulent pervertissent notre jeunesse en en faisant des tueurs: des Merah, des Esteban, des Alexandre... mais auparavant il y eut d'autres exemples d'autres bords. Le contexte a juste changé.

Je suis triste et en colère: Clément était un bébé quand j'ai eu mon premier enfant, son meurtier, Esteban, devait être un petit bonhomme qui courait partout en jouant.
Il y a deux victimes dans ce drame: l'un est devenu un symbole, l'autre est devenu un bourreau, un monstre, quoi que dira l'enquête, le mal est fait. Mais celui qui s'est présenté comme un grand Frère, un bienveillant chef, lui, il est assis tranquillement chez lui, il compte sa fortune, il est à l'aise et on l'interviewe...
Une chose pour terminer: Hitler n'a jamais tué aucun Juif de sa main, Franco n'a pas exécuté un républicain non plus lui-même, il me semble. Combien de leaders ont laissé les autres faire le sale boulot tranquillement...

Et nos jeunes tuent ou s'entretuent.

jeudi 6 juin 2013

Mourir pour des idées à 19 ans

Ils l'ont attendu, après l'avoir provoqué dans un magasin.
Ils ont attendu qu'il sorte, il s'est assis sur des marches.
Ils se sont mis à plusieurs sur lui.
L'un avait un coup de poing américain.
Ils l'ont frappé, jusqu'à ce qu'il tombe à terre et heurte un objet métallique.
Il est mort ce matin.

Coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort avec préméditation: ce groupe de ce que les médias appellent des skinheads est en fuite et risque gros. Le groupe serait celui des JNR, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, et selon Fourest, cette mouvance serait impliquée dans le saccage du bar gay à Lille.

La victime s'appelait Clément, avait 19 ans, était étudiant à Sciences-Po.
A 19 ans, on est idéaliste, on veut refaire le monde, on s'engage souvent.
Il était syndiqué et s'était engagé contre les mouvements qu'il estimait fascisants. Il en est mort ce matin.

Valls dit que cette mort "porte la marque de l'extrême-droite".
Marine Le Pen a réagi en déniant toute responsabilité. Elle n'est pas directe, c'est clair. Mais entre nous, ils ne votent pas à l'UMP, ces gens-là.
Pierre Bergé incrimine le mouvement de la Manif Pour Tous. Il est vrai que ces groupuscules ont été révélés au grand jour, grâce à ce mouvement. Mais la responsabilité n'est pas non plus directe.

Il n'empêche qu'on meurt en 2013, en France, pour des idées, à 19 ans.
J'ai un fils de 18 ans.
J'aime pas ce que mon pays est en train de devenir. Le pire est que ce meurtre ne me surprend pas plus que cela. Et j'espère me tromper, en craignant une escalade future sanglante, de la part des groupuscules d'extrême-droite.
J'espère me tromper.

vendredi 24 mai 2013

Pour la vraie défense des cochons



Il ne suffit pas de clamer son amour du saucisson et des apéros qui vont avec, et d'ainsi se positionner pour la défense de l'identité française, et de vouloir défendre ainsi le cochon.
Non, c'est assez mince de penser qu'on aime cet animal quand on ne fait rien afin que les conditions des porcs en élevage soient véritablement les meilleures, car dans cet article, on apprend que 90% du porc Made in France est élevé de manière industrielle, dans des conditions forcément déplorables, et parfois inacceptables.
Ainsi, on nous dit que, enfin, la porcherie de Seyssel a été fermée par les services vétérinaires.
Oui, les cochons élevés en plein air, avec du terrain pour gambader, sont minoritaires dans notre pays.
Quand on pense que les mêmes défenseurs du cochon identitaire nous cassaient les pieds il y a peu, avec la viande hallal...

La défense de la culture française, c'est aussi défendre des conditions d'élevage dignes, dans les meilleures conditions, dans la tradition de la cuisine française, c'est à dire les meilleurs produits cultivés et élevés de manière traditionnelle, pas dans un élevage intensif qui pue à des kilomètres et qui pollue les nappes phréatiques, entre autres, comme en Bretagne.

Mais là, les défenseurs du cochon comme faisant partie de la civilisation bien fraaaaançaiiiise...Ils sont où?
A bouffer du saucisson industriel bourré de conservateurs et de graisse saturée sans se soucier de ce qu'ils mangent, qui est très souvent une insulte à la vraie gastronomie française...

A méditer...

image issue de ce site

vendredi 17 mai 2013

L'honneur perdu de la France

Cette semaine, je suis tombée sur un billet de Crêpe Georgette, intitulée "La résilience ne se trouve pas rue des Morillons". Je ne suis pas sur mon ordinateur et je ne pourrai vous mettre le lien de suite.
Mais il me semble nécessaire de vous raconter ce qui s'est passé par la suite, en réaction à cette lecture.
Valérie parlait de la difficulté d'avoir un père déporté, au niveau de la mémoire de sa famille et de son identité, lorsque certains parlent de nier les évènements douloureux Français comme la Traite Négrière, par exemple car à terme, cela voulait dire renier aussi la Shoah.
Mais au-delà de la Shoah, son billet a ravivé une vieille cicatrice de mon passé.

Mes deux grands-pères étaient des insurgés, des insoumis, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, ayant refusé de rendre les armes à l'Armistice de 40.
Ils furent donc des traitres, des espions, voire des terroristes, échappant à la fusillade lors de leur capture, des mois plus tard, l'un par son patronyme d'origine germanique, l'autre par son type aryen, le style bon blond aux yeux bleus, dont il avait hérité par le hasard. Mon grand-père, qu'on appelait Pépé, avait les plus beaux yeux bleus que j'ai jamais vus, ainsi qu' un visage d'une régularité incroyable, dans sa jeunesse.
Des années après, son visage trahissait sa vie, mais avait gardé son caractère.
Mon pépé ne parlait jamais de ses années de captivité: j'ai su, par ma grand-mère, qu'il cachait les patates crues qu'il pouvait pour nourrir ses camarades, car il les cultivait pour les officiers allemands....

 Il fut enfermé dans un camps de concentration pour soldats résistants, enfin pour insoumis, puis passa à un stalag très dur.

Mon papy, mon autre grand-père fit la tournée des camps, Allemagne, Pologne, Autriche avant de finir comme Fernandel dans la Vache et le Prisonnier, mais il gouta quelques temps à un vrai camps de concentration, lui aussi. C'est pareil, avoir un nom d'origine allemande était du au hasard, un hasard qui lui a sauvé la vie.
En repensant à tout ça, je me suis dit que leur trajectoire, comme celle d'autres soldats comme eux, ce que m'a confirmée la responsable des archives d'un musée de la Résistance que j'ai contacté, ces trajectoires sont frappées d'oubli.
 Les anciens" traitres à Vichy" ne disaient rien sur leur captivité. Comme les déportés juifs.

Ils furent réhabilités à la sortie de la Guerre, revenant dans un pays qui était désormais plein de tout nouveaux résistants...

Pourtant, ces hommes possédaient une notion morale, qu'ils avaient porté haut dans leur vie : l'honneur.

Cet honneur leur avait fait refuser de se rendre en sachant qu'ils risquaient la mort. Ils s'étaient alors enfoncé dans le maquis en solitaire, tirant, comme mon Papy le confia au soir de sa vie, sur les nazis, comme sur des lapins. Le but était de faire le plus de cartons possibles...
 Ils furent seuls, les premiers résistant armés de la Guerre, bien avant l'Appel historique du 18 Juin.

 Ils furent dénoncés par de "bons français" et enfermés dans des camps, pas des stalags à la "Papa Shultz", pas de la rigolade, mais des privations terribles les attendaient.

L'honneur de la France importait plus que tout pour eux. Ce n'était pas des surhommes, mais parmi les plus gentilles personnes que j'ai rencontrées.
 Jamais je n'aurais pu les voir en sniper froids et déterminés dans mon enfance: l'un avait toujours des bonbons pour les gosses qui passaient, et était adoré du village.
 L'autre dessinait, écrivait, adorait les chiens. Pas des héros mais des papies ordinaires. Et pourtant...

J'ai donc fait des recherches sur Internet: j'ai décidé de retrouver ces fameux camps de concentration pour prisonniers réfractaires, espions, déserteurs, multi évadés etc...ceux qui furent persécutés et dont on ne parle pas. J'ai retrouvé deux camps en Ukraine et en Pologne, dont je donnerai le nom plus tard. Il est possible qu'ils n'y soient jamais allés, mes papis,  mais d'autres furent affamés, privés d'eau, torturés dans ces lieux, d'autres comme eux.

J'ai cherché des documents sur le net à leur sujet, et je suis tombée sur l'Office des Anciens Combattants , j'ai appelé. Ils m'ont donné leur numéro de Carte d' Anciens Combattants.

Cela fait drôle. J'avais tellement l'impression d'être si proches d'eux, à ce moment...Avec ces numéros, je vais écrire aux Archives départementales afin d'obtenir leurs états de service.
 Je saurais donc ce qu'ils ont fait pendant ces 4 ans et demi de captivité, et j'aurai aussi la liste de  leurs médailles, celles avec lesquelles ils me laissaient jouer, enfant, et que les héritages ont englouti dans l'oubli.

Et c'est là que je me suis rendu compte qu'on ne parle plus guère d'honneur, en ces temps actuels. Certes, c'est associé à de Gaulle, comme le nauséabond Didier Goux le rappelait récemment, à juste titre. Mais est-ce associé à une époque disparue?

J'ai vu aussi que certains régiments se sont fait massacrer en 1940, plutôt que de se rendre, malgré les consignes des États-Majors et de Pétain, en toute connaissance de cause.
On appelait cela l'honneur. Plutôt mourir que de se rendre. Mourir pour une "certaine idée de la France".

On ne peut qu'essayer d'en être digne, nous, leurs descendants.

J'ai noté leur numéro de carte d'ancien combattant bien soigneusement, à mes papis. Certains chiffres rendent riches, très riches.

L'honneur de la France n'est pas tout à fait perdu, tant que nous pourrons en garder la trace. Mais s'il reste dans les musées, mes grands-parents se seraient battus pour rien.

Mise à jour:
le lien sur Crêpe Georgette.
le lien sur Didier Goux (attention, ceci est un site hautement "réac", à lire avec précaution) comme il est un des seuls blogueurs  à parler de la notion d'honneur, il faut le signaler. Sa vision de Massu n'engage que lui.

dimanche 14 avril 2013

Défense de la langue française à deux vitesses

Sur les ondes, on doit se taper des chansons françaises "commerciales" et proches de l'anémie musicale ou de l'union d'un Delerme poussif avec le fils illégitime de Barbelivien, en étant gentils. Des "chanteurs" aux textes plus que moyens à l'audience intimiste sortis du formol voisinent avec des poupées fabriquées sur mesure à qui on a oublié de greffer des cordes vocales. Une Tal cotoye un Bruel , dans ce climat, il est clair qu' Indochine et Mylène Farmer font office de génies musicaux.
Tout ceci vient du fait qu'on nous a imposé 50% de chansons françaises sur les ondes, au nom de la défense de la culture et de la langue...Mais ils ont oublié dans le texte de loi de parler de talent...
d'éducation musicale, de recherche d'un certain hédonisme du mélomane. Les producteurs ne laissent pas passer les génies de demain, ou difficilement.
Quand on écoute les candidats de X Factor aux USA, on voit le décalage de la qualité des voix par rapport aux malheureux pantins de The Voice, qui se font éliminer selon une logique marketing fatigante...
C'était mon 1/4 d'heure réac.

Alors quand on voit que le futur projet de loi sur les universités prévoit de dispenser des cours en Anglais,  et que personne ne s'inquiète vraiment, à part le FN, qui s'est engouffré dans la brèche, la honte...nos réacs de la moisisphère, tiens, ils s'en fichent complétement....
Il semblerait que nos universités n'attirent plus les étudiants étrangers comme avant et que cela pose un problème.
Pourtant, l'annexe de la  Sorbonne établie à Abu Dhabi ne désemplit pas, elle...
Blague à part, je vous invite à signer la pétition contre cette réforme, dont sans doute il doit y avoir des côtés positifs, mais comme " mes blogueurs de gouvernement préférés" n'en ont pas parlé non plus, je ne saurais me prononcer.
Et puis, il fait beau aujourd'hui, il fait chaud, mon fils va à la fac l'année prochaine, et il parle très bien anglais...alors je vais sans doute trier ma garde-robe de printemps, aller briquer la maison, et laisser la question en  suspens pour le moment, en écoutant mon disque préféré de Lionel Richie, ou Georges Benson, tiens...
Profitez bien, vous aussi!

mercredi 10 avril 2013

Au coeur de l'Europe, des terres colonisées et une guerre qui ne dit pas son nom

C'est une guerre qui commence en 1169 et qui n'est toujours pas finie.
C'est un pays qui a été occupé, on a essayé de réduire à néant sa culture, sa spécificité, on a essayé de l'assimiler, on a voulu déporter sa population, on l'a opprimée, torturée jusqu'à peu, et même maintenant, les forces d'occupation sont encore cruelles, des exactions sont constatées, des murs sont dressés : Ce pays écartelé et meurtri, c'est l'Irlande. Le pays qui opprime, c'est l'Angleterre.
Le Monde fait le bilan des 15 dernières années, après un accord de paix : ce n'est guère glorieux. Entre Irlandais et colons, c'est encore la haine qui dresse toujours des barrières.
On s'achemine vers un référendum, la population protestante toujours acquise à sa patrie d'origine baisse doucement et les catholiques vont devenir sans doute majoritaires.

Mais combien ce chemin est long et entaché de cicatrices douloureuses: le Bloody Sunday, les traques, les tortures dans les geôles britanniques...les accusations de terrorisme, alors que ce pays est occupé illégalement depuis  presque 1000 ans. Les Irlandais n'ont jamais lâché.
Et un nom est revenu dans l'actualité récemment : Margaret Thatcher s'est éteinte, elle qui avait laissé crever comme des chiens des militants de l'Indépendance en 1981, 10 dont le célèbre Bobby Sand, qui était devenu député en détention avaient été sacrifiés au nom de l'intransigeance cruelle de ce tyran en jupon que là-bas, on ne regrette pas franchement.
L'Europe a émancipé réellement l'Irlande libre, c'est la 7ème fois que celle-ci a la présidence de l'UE , et c'est jusqu'en Juin 2013. C'est encore une chose que les médias ne soulignent pas tellement. L'Europe peut être une chance pour que des cultures et des entités fortes puissent exister dans un ensemble supra-national.

J'aime beaucoup l'Irlande, j'ai quelques amis Irlandais, de l'Eire ou du Nord. Ce sont des gens fiers et très gentils. Ce sont des personnes ouvertes et simples, qui n'ont pas lâché leurs racines, même des Unionistes qui sont devenus de vrais Irlandais. En fait, l'Irlande serait parfaite sans l'Angleterre.

J'aime aussi l'Irlande parce qu'ils ont toujours soutenu la Palestine, sans doute retrouvent-ils dans les souffrances des Palestiniens les leurs. Sans doute savent-ils que quelque part, ils participent aussi dans ce monde à la lutte des peuples opprimés pour leur liberté.
Mais nous ne devons pas oublier qu'au sein de l'Union Européenne, il existe ces zones d'ombres telles que l'oppression anglaise, pas celle du peuple mais celle d'un régime et que nous n'avons rien d'un modèle de démocratie si un jour nous voulons en devenir un.

J'ai choisi d'illustrer ce billet par la chanson de U2, même si c'est  la deuxième fois que je la diffuse ici, mais c'est une des plus belles chansons qui soient à ce propos:
Sunday, Bloody Sunday


jeudi 7 mars 2013

Hessel, Hollande, et le Courage

Tout part d'une impression, en visionnant les images de l'hommage aux Invalides de Stéphane Hessel, prononcé par François Hollande, notre président.
Je le trouve très bien, juste, et la petite touche des grands discours, il n'empêche que j'ai une impression curieuse, comme si celui qui prononçait ce discours, je n'arrivais plus à le cerner, comme si je ne le  cernais pas dans son rôle de Président face à une crise, dans laquelle la qualité qui doit émerger dans ce cas-là est le courage.
Le courage, dont était loué ce matin à juste titre Stéphane Hessel:

"Nul ne pouvait lui disputer le courage", a affirmé le chef de l'Etat. Et "du courage, il en fallait pour prendre, à certaines époques, la défense des droits des étrangers", a-t-il rappelé."

sources ici

Je ne dis rien, sur le moment. Il faut dire que je partageais mon temps entre deux dossiers épineux et la télévision, comment bloguer dessus? Parfois, il faut savoir aussi se taire afin de réfléchir avant d'écrire un billet.
Très souvent, il y a ainsi des choses sur la politique du gouvernement qui me dérangent. Très souvent, je ne dis rien, j'attends de voir si il y a des résultats avant de critiquer. Non, la critique n'est pas facile, c'est un leurre. Il ne faut pas confondre cela avec la vindicte aveugle de certains  opposants de l'UMP.

Je ne dis rien et je tombe sur le billet de Stef, qui parle de cet accord compétitivité emploi, sur lequel je n'ai pas parlé, justement car j'attends encore d'en savoir plus, de voir les résultats. Selon Stef, c'est pas la joie, si on prend l'exemple norvégien. Allez voir son billet, je vous le recommande.

Et je laisse un commentaire, au sujet de ce que m'inspire son billet, et cet hommage de ce matin sur Hessel.

Je vois ensuite que Stef me rejoint sur cette impression de surréalisme, entre un Président qui loue la ténacité, la pugnacité, le courage d'un homme dont mon ami Bab pense qu'il a fait une erreur de le soutenir, et ce Président qui semble si effacé, ou presque léger, presque désinvolte dans sa politique.

D'autant plus que Hollande critique sans critiquer la position de Hessel sur la Palestine, qui lui a valu d'être trainé dans la boue par les plus nationalistes tenants du souchisme, ainsi que les extrémistes de la LDJ.

Il aurait eu des désaccords avec Hessel à ce sujet, mais on a envie de lui demander en quoi il était en désaccord, qu'est-ce qui le gênait dans ses propos exactement, lui qui pendant la campagne était un défenseur acharné des droits du peuple Palestinien, surtout dans ses interviews à l'étranger, en fait, on s'en rend compte, passé le temps de la campagne, c'est clair.
Où est passé le courage de Hollande ?
Le plus curieux est que je continue à le trouver sympathique,  que je continue à me dire qu'on doit lui donner sa chance et attendre des résultats, alors que j'ai l'impression de plus en plus qu'on a pris Montebourg dans le gouvernement pour faire le Don Quichotte, avec une armure cabossée, une Rossinante, et qu'on le laisse se battre contre des moulins à vent, tandis que les Grands travailleraient avec Ayrault...mais on ne sait pas trop à quoi, d'ailleurs...même si j'ai encore envie de leur faire confiance, par moments.

Je terminerai par une intervention de François Durpaire  sur Hessel, qui a cité Montesquieu:

"Si je savais une chose utile à ma nation qui fut ruineuse à une autre, je ne la proposerais pas à mon prince, parce que je suis homme avant d’être français, ou bien parce que je suis nécessairement homme et que je ne suis français que par hasard."

 Pensées

Cette citation m'a fait réfléchir aussi. .Même si je suis une femme...


samedi 16 février 2013

Nos pays ne sont plus développés : régression et régressifs


Le titre est provocateur, mais il n'est pas loin de la réalité. Nos économies sont en crise. Le soit-disant redressement des USA n'est plus d'actualité, l'a-t-il été un jour, d'ailleurs, sauf dans des esprits qui se raccrochent à une vision faussée de la réalité, des régressifs, pourrait-on plutôt les qualifier, comme ces jeunes adultes qui continuent à dormir avec leur nounours et d'écouter Chantal Goya, plutôt que de grandir dans la dure réalité de leur temps d'adulte.
Nous ne fabriquons plus de croissance : nous sommes même en régression, c'est clair. Ne pas l'admettre nous amène dans le mur, pas si lentement que cela.
Pendant que l'on stagne, les autres avancent et s'organisent.

Ce que dit l'OCDE et le G8 de tout cela?
Nos institutions subissent. Comme le dit cet article, le monde a changé, et se raccrocher à une vision régressive du monde datant de 1945 continue de nous envoyer en récession 

"Les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ont été définis comme les marchés les plus prometteurs de la planète par Jim O’Neill, économiste à Goldman Sachs, en 2001.

Ces quatre pays sont le moteur de la croissance économique mondiale, dont ils représentent 50 % entre 2000 et 2008 ; la Chine arbore depuis plus de dix ans une croissance insolente à deux chiffres et détient le 2e PIB mondial depuis 2011 ! J. O’Neill estime qu’ils représenteront 40 % de la croissance économique mondiale vers 2025. Leurs atouts ? Tous quatre sont des pays-continents. La Chine est un « exportateur manufacturier hypercompétitif » (Alan Beattie, du Financial Times). L’Inde se spécialise dans les services informatiques. Le Brésil est un agroexportateur redoutable. La Russie mise sur ses atouts énergétiques.
"
Il faut ajouter le S de South Africa et vous avez les BRICS, qui fédèrent de plus en plus une montée en puissance des émergents, même si ce dernier nom n'est plus tellement exact. Ne devrait-on pas dire les économies dominantes et prendre acte?

"Le Boston Consulting Group (BCG) identifie en 2007 les nouveaux champions : sur les 100 « challengers », 41 sont des entreprises chinoises, 20 indiennes, 13 brésiliennes et 7 russes, pour un total de 81 !"

 
"Le E7 – les Bric + Mexique + Indonésie + Turquie – sont les pays dont le PIB total devrait dépasser avant 2020 celui du G7, selon une étude du cabinet Pricewaterhousecoopers (janvier 2010).
 "  


"Début 2011, l’enquête du Pew Research Center révèle que 87 % des Chinois ont confiance en l’avenir, comme 50 % des Brésiliens mais seulement 30 % des Américains et 26 % des Français… L’espoir a changé de camp ! Comment cela est-il possible ?

Il faut y voir le sentiment d’un basculement du Monde. L’Occident est saisi du vertige du déclassement. « La classe moyenne émergente représentera 30 % de la population mondiale dans dix ans et sera le premier marché de la planète », estime un rapport du Boston Consulting Group. C’est ce que comprend Renault dont les ventes se réalisent pour une bonne partie dans les pays émergents : la nouvelle Citroën C5 est dévoilée lors du salon de l’auto de Shanghai en 2011. « Si on n’est pas en Chine, on n’est pas mondial », résume le sinologue André Cheng. Thalès se réjouit de la décision indienne en juillet 2011 de lui confier la modernisation de sa flotte…

Les pays émergents, dont les Bric, sont les grands gagnants de la mondialisation. Ils ont su s’y intégrer grâce une économie tournée vers l’exportation. Ils se sont ainsi enrichis, devenant des puissances financières. Alors que nous connaissons des débats sur la « démondialisation », la mondialisation semble « heureuse » (Alain Minc, analyste) pour les émergents qui récoltent les fruits de leur travail et de leur épargne. Vue du côté occidental, la mondialisation apparaît être une « promesse pervertie » (René Passet, économiste) : nous craignons d’en être les perdants. Les émergents, c’est l’une des nouveautés de cette décennie, commercent d’ailleurs toujours plus entre eux. Ce constat est source d’une nouvelle « grande peur », celle d’un Sud qui lâche le Nord, comme le titre le magazine Enjeux-Les Échos de mars 2011. Le chemin est pourtant encore long et les obstacles nombreux pour que le rattrapage soit complet.

Reste que le monde de 1945 est périmé. Un rééquilibrage s’opère, à nous de tirer profit des nouvelles conditions géo-économiques et géopolitiques.

Axelle Degans"

Ces passages sont nécessaires afin de comprendre pourquoi Barak Obama, dans le dernier discours sur l'Etat de l'Union, admet que les économies occidentales sont définitivement passés derrière les économies des émergents.
Obama et son gouvernement ont essayé de favoriser les échanges sino-américains, sans réel retour. Obama a essayé de se rapprocher des économies sud-américaines, sans réel résultat.

La vérité est qu'Obama ne sait plus quoi faire. Le dollar ne peut plus tenir son rang d'étalon. Lisez cet excellent article, c'est très bien expliqué. Bien entendu, il se peut qu'il y ait de petites erreurs mais les grandes lignes sont très cohérentes et sans appel. Si l'Euro tient encore et à ce niveau, ce n'est qu'une question de temps. Mais comme nous allons garder l'Euro fort de Dame Merkel, le jour où il dégringolera, ça va faire très très mal...parce que nous ne contrôlerons rien.
Dans cet article, on nous explique que les Anglais de la City, en bons rats, quittent le navire du dollar. 

Toujours est-il que les pays émergents se passent très bien de nous, mais comme nos médias adorent la régression intellectuelle et économique, cela va continuer encore un moment.
Alors, il n'y aura peut-être pas de révolution mais certains petits nantis, au lieu de se prendre pour des privilégiés, et de croire qu'ils n'auront pas besoin du Monde pour vivre, feraient bien de se préparer à dégringoler, car l'avantage des gens qui en bavent dans la vie de tous les jours, c'est qu'ils sont globalement mieux préparés à ce qui arrive. Et l'avantage de ceux qui n'ont rien, c'est qu'ils ont appris à se passer de tout. Je dis ça, moi...
Quand le reste du Monde voit nos 6 millions de fascistes en France (citation venant de Tunisiens, entre autres, en parlant de nous), et nous des" pauvres victimes", on verra vite ce que nos racistes nationalistes feront lorsqu'il faudra trouver une vraie solution et si on accusera toujours l'immigré...

Un jour viendra où on n'aura plus les moyens de faire la guerre même pour une juste cause, créer des troubles dans les autres pays afin de récupérer les richesses des uns et d'empêcher les autres de se développer.

Nos dirigeants le savent : nos meilleurs ambassadeurs sont nos "immigrés" et leurs descendants, dans ce Monde où nous ne dominons plus rien, il faudra plus compter sur le français d'origine maghrébine, noir-africaine, chinois ou chilien afin de nous offrir des marchés de coopération, car quand nous ne pourrons plus vendre en kit la fabrication de nos rafales en Inde et celle de nos centrales nucléaires en Chine, il faudra peut-être imaginer de vrais rapports commerciaux équitables.

En tout cas, que certains continuent d'écrire des propos racistes sur le net au nom de la sauvegarde de notre civilisation, elle n'existe déjà plus, cette civilisation qu'ils défendent, par contre, qu'ils ne viennent pas pleurer quand les futurs patrons chinois, russes, arabes etc...leur expliqueront qu'ils savent lire le français...
Et certains parlent de patriotisme: navrant et pitoyable...

Nos économies ne sont plus développées, elles régressent, les esprits aussi.
Il n'y a qu'à espérer qu'on s'en rende compte partout en France et qu'on remette certains discours au niveau de ce qu'ils sont. Je vous laisse compléter la description.


 

mardi 15 janvier 2013

Les sans-papiers, la guerre et notre vision du droit des autres

Hugo était orientaliste, Théophile Gautier était orientaliste, André Gide était anti-colonialiste, Malraux avait dénoncé les exactions des coloniaux en Chine, Camus et Sartres se sont battus contre la guerre d'Algérie, Boris Vian et Mouloudji ont chanté le Déserteur...

Qu'on me traite d'islamophile, je ne suis pas va-t-en-guerre, on a traité mes grands-parents de traitres à la Nation en 1940, ils ont payé le prix de 5 ans de camps militaires où on nourrissait les soldats russes en leur déversant des ordures sur une cage où ils étaient exposés au vu et au sus de tous. Je sais d'où je viens et où sont mes idéaux. Et quand bien même? Islamophile, s'il faut trainer cette étiquette, pour contrebalancer les islamophobes, je le suis. Mais je suis aussi cathophile, judéophile, j'aime les bouddhistes, j'aime en fait la liberté de penser, la vraie, celle qui fait qu'on ne s'arrête pas à la surface des choses et qu'on ne parle pas quand on ne connait pas assez un sujet.

Je respecte ceux qui veulent soutenir l'intervention militaire au Mali, certes. C'est leur choix. Mais qu'on ne me dise pas que c'est pour le bien des Maliens, fondamentalement, c'est pour soutenir, dans un élan patriotique, en se disant que si cela peut porter un coup fatal aux radicaux salafistes- intégristes de l'horreur, dans lesquels je ne reconnais ni la religion musulmane ni une légitimité- tout comme je ne reconnais pas à un Lieberman de représenter le judaïsme- c'est pour soutenir la politique extérieure de la France aussi. A ceux-là, j'ai dit : il est possible que vous vous trompiez.

J'ai expliqué, avec des documents, en laissant les personnes libres d'y trouver leur vérité, pourquoi j'argumentais ainsi. Je n'ai rien caché, j'ai exposé les violences qui ont été constatées croissantes depuis la prise de pouvoir de la junte militaire au Mali. Le HCR, Amnesty International, la Cimade, l'International Coalition for the Responsability to Protect, Human Rights Watch  ont tous fait la même constatation...Sans doute aurais-je du dire plus, argumenter plus. J'ai pourtant l'impression qu'il n'est pas plus sourd que celui qui ne veut entendre.

Toutes les organisations s'accordent à dire que les violences se sont aggravées à ce moment-là: le coup d'état.

Que ce soit des djihadistes ou du gouvernement, les seules victimes dans l'affaire sont tous les maliens, de toutes ethnies.

Au Nord du Mali, il y a des Touaregs, c'est leur territoire depuis des centaines d'années. Mais y vivaient en paix avant le"bon vieux temps des colonies" des Touaregs à la peau claire, d'autres à la peau plus foncée, des Songaï, des Fons, des Maures, des Peuls aussi.
Oui, pourquoi est-ce important?
Parce qu'ils ont droits tous à leur dignité, à leur humanité.
 Parce que ces populations ont tous soufferts, et les Touaregs, et les Maures en particulier, des exactions d'autres Maliens, d'ailleurs pour la plupart musulmans aussi. Je me fiche complétement de l'origine de ces tortionnaires. Tout le monde s'accorde à dire qu'Ansar-Dine et le MUJAO ont chassé le MNLA (autonomistes touaregs) à la suite du coup d'état ( cela s'est fait le 12 juillet 2012).

Un des problèmes récurrents est la confusion entre le MNLA et les mouvances djihadistes, qui fait qu'on retrouve des exactions faites par les intégristes qui se retrouvent débitées sur le compte du MNLA.
Et on a beau dire que ces gens-là, qui veulent l'autonomie de la République laïque de l'Azawad (un territoire qui existe vraiment mais bon un Africain peut très bien douter de la réalité des Ardennes ou un français du Chablais), pourtant, ne sont pas les fous du MUJAO, rien à faire, on se heurte à des murs...


Pour toutes les exactions du gouvernement Malien, allez donc voir sur ce site: ce sont de dangereux islamophiles, c'est Human Right Watch....
le lien est ici: http://www.hrw.org/fr/news/2012/07/25/mali-les-forces-de-s-curit-ont-fait-dispara-tre-20-personnes-et-en-ont-tortur-d-autr


Autre chose : on adore les Maliens, mais pas quand ils sont sans-papiers, en France. Là, ce n'est pas pareil. Nos autorités si promptes à venir les défendre en Afrique les entassent dans des prisons ghettos à ciel ouvert depuis des années. Oh, bien sûr, il y a eu des changements...de petits changements...
Mais cela reste, et dans ma mémoire et dans celles d'autres.
C'est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas traité ce sujet en juillet, que je n'ai pas fait de commentaires, gardant le tout pour moi.
Vous la voulez, la vérité? La voilà : j'ai honte de voir ces images de sans-papiers, qui sont classés selon les pays sûrs ou non, qu'on met dans des camps, en violation avec les droits de l'homme, qu'on traite de tous les maux, en en faisant nos boucs-émissaires, dans les discours bien nationalistes:
Voilà ce qui est montré sur la Toile en ce moment, des forces de l'ordre qui maltraitent des sans-papiers maliens, africains, ou autres...
Et comment dois-je réagir?

Il est vrai que je ne suis pas née Africaine, je ne suis pas née Asiatique mais je suis née humaine. Profondément humaine, sans distinction de race ou de religion, et que, si j'aime autant l'Afrique, cela me regarde, mais cela ne fait encore plus que me remplir de dégout lorsque je vois qu'ici, on les déshumanise alors qu'ils demandent juste notre aide.
Qu'on ne me dise pas, s'il vous plait comment je dois penser ou aimer, ce que je dois dire ou écrire. Qu'on en me qualifie pas de tel ou tel nom. Je sais qui je suis. Qu'on ne veuille pas me convaincre, cela me renforce dans mes convictions, qui sont, je le répète basées sur des faits et mon analyse. Qu'on ne me dise pas qui je dois aimer ou détester, qui je dois fréquenter ou non, je n'ose pas le faire pour les autres.
Mais quand on aura, dans notre pays, vraiment, rétabli un état basé sur des principes humains, surtout pour les étrangers, peut-être là, je croirais dans la sincérité des jugements de notre pays  sur les pays étrangers.

Avant l'intervention en Afghanistan, les talibans avaient détruits des statues de Bouddha. J'entends encore certains pousser des grands cris. Personne ne pensait alors à dénoncer les femmes voilées, cloitrées, torturées par les intégristes. Non, c'était les Bouddhas, l'important. Des morceaux de pierre face à des femmes rabaissées, emmurées socialement, ça, c'était important.
Ensuite, on a commencé à en parler timidement. Puis, il y a eu le 11 septembre et l'assaut de la coalition. Cela paraissait juste, comme intervention. On a trouvé des alliés du coin.
Puis un gouvernement a été mis en place, il est corrompu, il laisse faire. Hamid Karzaï, ce grand démocrate, est arrivé des USA, sa femme est maintenant cloitrée, soumise au voile intégral et interdite de travail. Obama cherche désespérément à négocier avec les talibans pour pouvoir partir.

Pourquoi je n'ai pas parlé des mausolées de Tombouctou? Parce que ce sont des morceaux de pierre amassés sur des morts. Parce que c'est pour moi dérisoire face à la souffrance d'un seul gosse.
Parce que je n'en ai rien à faire des mausolées, ils ne valent pas le 1/4 d'une vie humaine. Parce que je connaissais la situation au Mali.
 Voilà plusieurs fois que je vous parle de cela et un billet n'a pas suffi. Parce que les exactions viennent de partout et tuent des femmes et enfants, en déplacent d'autres par milliers depuis des dizaines d'années...
Parce qu'en Somalie, des enfants meurent. En Éthiopie aussi. Au Soudan. Au Nigeria, des fous incendient des églises. Au Tchad, la misère est là.  Au Congo, l'instabilité est reine. En Centrafrique, c'est pareil. En Mauritanie aussi. Et je pourrais aussi parler du Zimbabwe...Je pourrais égrener presque chaque pays de l'Afrique ainsi. Chrétien, musulman, intégriste, je m'en fiche. Un criminel n'a pas de religion. Les gouvernements sont corrompus, pour la plupart.
Pourtant, ces gens sont dignes, vivent, le Continent est en expansion économique. Certains pays veulent trouver leur voie vers une révolution, d'autres arrivent à échapper à tout ceci .
Mais certains cherchent juste une vie un peu meilleure et essaient de gagner notre pays.

Et on les traite ici de sans-papiers, de parasites, on les enferme, on les expulse...

Drôle de vision des autres, non?

liens:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_ill%C3%A9gale_en_France#Mali
http://www.responsibilitytoprotect.org/index.php/component/content/article/129-africa/4106-crisis-alert-in-mali-populations-in-north-at-risk-of-human-rights-violations
http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Personnes-deracinees/Droit-dasile/Actualites/Le-Mali-doit-etre-retire-de-la-liste-des-pays-d-origine-surs-5099
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20121120.OBS9974/51-385-sans-papiers-enfermes-en-centre-de-retention-en-2011.html
http://www.rue89.com/2008/08/19/immigration-quelle-vie-apres-le-charter-paris-bamako
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89trangers_en_situation_irr%C3%A9guli%C3%A8re

« Le concept de clandestinité a des connotations qui vont bien au-delà du simple fait de signaler le statut d'un migrant. Notamment à partir des attentats du 11 septembre 2001, les gouvernements européens font un amalgame explicite entre criminalité, voire terrorisme, et migrations irrégulières. Le terme clandestin serait plutôt approprié pour se référer exclusivement à la façon d'entrer dans un pays, c’est-à-dire aux personnes qui franchissent la frontière de façon illégale ou clandestine, ce qui est le cas pour une partie seulement des Sans-Papiers. Il est de toute façon abusif de parler de clandestins lorsque, par exemple, ces migrants irréguliers paient des impôts ou des cotisations sociales ou quand leurs enfants fréquentent les écoles. Mais il est évident que ces personnes sont très souvent obligées d'adopter des comportements de « clandestin », de se cacher ou se confondre parmi les autres, etc. »

Marcello Valli, Lausanne , 2003

Photos de centres de rétention, en France:










Mali: un pays déchiré

Certains ont cru ou voulu croire que je désapprouvais toute intervention au Mali.
Il n'en est rien.
Je désapprouve l'action militaire telle qu'elle a été prise, car elle me semble être hasardeuse.

On est d'ailleurs passé d'une action qui devait être rapide à une guerre de quelques semaines.
Il aurait fallu, dès le coup d'état qui a amené la junte militaire au pouvoir, pousser à des élections rapides, avec des observateurs internationaux et africains: cela aurait pu être aisé...une guerre, cela coûte toujours plus cher que financer des élections libres.
 Comment y arriver? Quand on veut, on peut. Ensuite, il aurait fallu faire en sorte que toutes les factions de ce pays négocient pour l'intérêt du pays, c'était facile, il y avait un ennemi commun: les intégristes islamistes qui veulent imposer une charia issue de la plus moyenâgeuse branche du wahhabisme

Oh, je parle sans doute chinois pour beaucoup d'entre vous.
Le wahhabisme, c'est une doctrine issue d'Arabie Saoudite, attachée à la famille d'Al Saoud, le clan au pouvoir dans ce pays depuis un siècle environ, en effet, Abdul Wahhab, ou Mohamed Bin-Abd-Al-Wahhad fut protégé par la famille Al Saoud, son discours orthodoxe et intransigeant de l'Islam, faisant de tout le territoire de l'Arabie dite maintenant saoudite, une terre sacrée, avec des rites stricts sensés moraliser la population, ce qui arrangeait Mohamed Al Saoud, afin d'étendre sa mainmise dessus.
Le wahhabisme tel qu'il est imposé en Arabie saoudite est donc un sunnisme très orthodoxe, datant du 18ème siècle, qui peut être considéré comme une doctrine minoritaire, puisqu'elle ne concerne que les séoudiens et une partie des émiratis. Le rôle de la femme y est minimisé, les rites liturgiques mis en valeur, une surveillance incessante d'une police religieuse qui observe et juge tous les comportements en public rendent cette doctrine très rigide.
Cela, c'est le wahhabisme orthodoxe.
 Le wahhabisme prêché par les mouvances proches des talibans et d'Al Qaeda est bien pire. Le wahhabisme tel que le pratiquent les mouvances installées au Sahel, proches d'AQMI, tels Ansar-Dine et  le MUJAO ,  font passer l'orthodoxe wahhabisme pour tolérant et ouvert! On y mélange des notions culturelles, on remet des châtiments corporels qui mutilent à l'honneur, on préfère tuer un musulman, s'il n'est pas d'accord, pour en faire un martyr et lui permettre d'aller au paradis (ce n'est pas une blague...)...

Que certains aient pu penser que je soutienne ce genre de personnages, parce que j'ai des réticences et des craintes sur l'intervention militaire au Mali...cela me dépasse complètement...
Que je doive me justifier à chaque fois sur mon dégoût réel des extrémistes de tout bord, je commence à en avoir ras-le-bol...Je ne cache pas mon racisme derrière une islamophobie politiquement correcte.
Mais je tempère cette impression, parce que je pense que les esprits s'échauffent vite.
Le patriotisme sort très souvent au début d'une guerre. On a un phénomène de repli sur la nation, que l'on soit socialiste ou autre. Ensuite, enfin , j'espère, on se pose et on réfléchit.

Le Mali est déchiré: quelques années avant, les Maliens avaient été heurtés par la guerre en Libye, soutenaient Khadafi majoritairement considéré comme un héros et certains craignaient même un sentiment antifrançais poussant les gens de Bamako à commettre des attentats contre les intérêts français...
On veut nous faire croire que les maliens ont oublié tout. Non, ils sont coincés entre le marteau et l'enclume, la peste et le choléra.
Là-bas, l'union nationale se fait contre les intégristes islamistes et on garde ses réserves pour soi au mieux, de toute façon, le pouvoir en place ne tolère pas l'opposition. Tous les journaux traduisent le même discours officiel, on salit tous les opposants, on met en valeur les qualités des dirigeants: on dirait un bon vieux discours stalinien ou chilien du temps de Pinochet . L'état d'urgence a été décrété. on n'hésite pas à parler de putsch, évité grâce à l'intervention française rapide. On ne s'en cache pas, d'ailleurs. De toute manière, on est mis devant le fait accompli et faute de mieux, on soutient le gouvernement, en espérant qu'une transition démocratique sera insufflée, peut-être par la France au meilleur des cas, si la guerre se fait rapidement.
Les militaires, qui sont en charge de la sécurité, ont reçu du matériel français. Ensuite, ce qu'ils vont en faire...espérons qu'ils ne s'en serviront pas contre la population, c'est en tout cas mon souhait.

Qu'est-ce qui va empêcher les maliens de tenter de renverser un pouvoir militaire, si rien n'avance vite...

Pourtant, des signes encourageants arrivent dans cette situation de déchirement et de chaos: certains demandent le retour des Bérets Rouges, des membres de l'ancienne garde présidentielle renversée par le putsch. Ceux-ci demandent le droit de combattre au Président  (URL supprimée dans les médias maliens...) pour l'union nationale. Le MNLA propose son appui au sol.
En faisant des recherches, j'ai même trouvé qu'Ansar-Dine voulait renoncer à la charia et à toute prétention en décembre, lors des négociations avec le Burkina Faso*. Sans doute la situation n'est peut-être pas exempte d'une issue positive...mais la marge de manœuvre est très très étroite.

On dit souvent : la guerre est une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires. La guerre, ce n'est pas rien. Très peu de nouvelles filtrent du terrain, peu d'images, le conflit n'est pas théâtralisé, il est comme mis sous clé. On ne nous dit pas grand chose.
Villepin a d'ailleurs très bien résumé les dangers de tout ceci dans une déclaration très claire.
Le fond du problème est de lutter contre le terrorisme djihadiste des mouvances du wahhabisme extrême. Tous les démocrates en sont conscients, de quelle origine que ce soit... Or, celui-ci est toujours-là, malgré les interventions en Afghanistan, en Irak, il s'est installé en Libye, règne en Somalie etc...

La solution ne peut venir que d'une réelle coordination internationale, et je pense d'une réforme profonde de l'ONU. Supprimer le droit de veto, condamner toutes les exactions, où qu'elles se trouvent, créer une réelle force d'interposition pour geler tous les conflits. Cela suppose de dépasser les alliances régionales mesquines et de donner la parole à tout peuple opprimé, de donner aussi la parole à toute personne, tout pays qui encourage le dialogue, pas d'enregistrer après coup une intervention, qui a obtenu un soutien moral de sa part et des pays européens. La France est aussi fragilisée par ce biais-là : on est d'accord mais on ne veut pas se mouiller...Ce n'est pas ce qu'on appelle un soutien franc et massif.
Si l'ONU fonctionnait réellement, quelle opportunité pour la paix...car la guerre n'est, qu'on la prenne comme on veut, qu'on la justifie ou non, qu'une impossibilité d'établir une paix durable...un aveu d'impuissance.

*Dernière nouvelle: Ansar Dine vient de faire un communiqué . toute velléité de négociation et de paix ont disparu, dans une escalade meurtrière, se donnant le droit de défaire la France comme leurs" frères" d'Afghanistan," du grand, du bon discours" de terroriste comme on ne les aime pas... Le plan Vigipirate est renforcé. Tout va bien, braves gens...

lundi 14 janvier 2013

Des massacres au Mali et au Niger

Je vous mets ici des extraits d'articles publiés sur le sujet : la question Touareg, au Mali et au Niger.
Il est normal d'expliquer exactement pourquoi la zone Nord du Mali veut son indépendance, que, dans les Touaregs, il n'y a pas que des barbus, le couteau entre les dents, des intégristes fous mais bien plus des hommes et des femmes qui luttent pour la reconnaissance de leur culture et de leur droit de vivre en paix:
Les extraits qui suivent ne sont pas exhaustifs, ni exempts de petites erreurs dans leurs analyses mais  les faits indiqués sont avérés.

"Depuis le morcellement de leur espace traditionnel, les Touaregs ont été marginalisés et opprimés dans la plupart des pays où ils se sont retrouvés. Traités comme des citoyens de seconde zone, ils ont fini par prendre les armes pour attirer l'attention de la communauté internationale sur leur sort. Cette résistance armée a servi de prétexte aux états malien et nigérien pour se livrer à des massacres massifs de populations civiles. Certaines sources estiment à plus de dix mille le nombre de civils touaregs tués par les armées de ces deux pays entre 1990 et 1996.

Très tôt cette question a été contrôlée par la France et l'Algérie qui craignaient un "embrasement" de la région et surtout l'internationalisation du problème. Les accords de paix censés mettre fin à ce conflit, ont été largement inspirés par ces deux pays. Ces accords prévoient un statut particulier pour les régions touarègues du Nord du Niger et du Mali. Une autonomie qui permettrait aux Touaregs de "se sentir enfin chez eux dans leur espace traditionnel".

La pacification en cours dans le Nord du Mali et du Niger a également pour seul objectif l'enterrement pur et simple de ce dossier. Depuis les premiers massacres de civils touaregs par l'armée nigérienne, force est de constater que le peuple touareg demeure terriblement seul face à l'injustice. Oublié par le droit international, ignoré par une communauté internationale aux attentions trop sélectives, il ne lui reste plus qu'à choisir entre une résignation qui lui serait fatale, et la poursuite d'un combat que beaucoup, par opportunisme ou par "réalisme", estiment suicidaire. Les grandes organisations de défense des droits de l'homme restent également silencieuses sur ce problème ; ce qui pose d'ailleurs la question de leur indépendance vis-à-vis des impératifs politiques de certains États.
Ce silence scandaleux de la communauté internationale trouve son explication en partie dans les carences du mouvement touareg lui-même, qui est encore incapable de s'affirmer et de faire entendre sa voix. Les différents pacificateurs, ayant compris cette faiblesse, ont vite fait d'étouffer la question, éloignant ainsi les perspectives de son internationalisation ; et par-là même l'idée d'une commission d'enquête internationale, seule capable de déterminer les responsabilités nationales et internationales dans ces massacres."
 source ici

"Une matinée du mois de mai 1991, des groupes de Touareg sont arrêtés puis exécutés publiquement sur ordre d'un responsable militaire à Tombouctou au Mali. Les familles des victimes sont retenues en otage par l'armée pendant plus d’une année entière. Ce massacre de Tombouctou fut l'un des événements meurtriers qui a le plus marqué les Touareg, alors que la résistance et la lutte pour obtenir la reconnaissance de leur dignité et de leurs droits remontaient déjà à plusieurs années."

sources: ici

Au Mali, les gouvernements passent, pas l'armée, comme dans beaucoup de régimes politiques, celle-ci tend toujours vers une prise de pouvoir.

"L’Etat du Mali cherche à anéantir les Touaregs du Nord du Mali, à les décimer, à les transférer dans les villes du sud près de Bamako tout en les forçant à les sédentariser, afin de les acculturer et les engloutir dans l’africanisme sub-saharien sous la domination des noirs racistes…"
"En prenant son indépendance en septembre 1960, le Mali était décidé d’exterminer les Touaregs du nord du Mali en leur livrant en permanence des guerres.Aussi bien en 1963 que durant les années 70, les années 80 et les années 90, les soldats du Mali massacraient les Touaregs en les brûlant vivants. Les soldats du Mali  s’accaparaient les femmes des Touaregs, les transportaient dans leurs hélicoptères pour les violer et les tuer..Depuis 1960 et jusqu’à nos jours, le peuple Touareg subit le génocide des soldats noirs du Mali et du Niger.Combien d’enfants, de femmes et des personnes âgées touaregs se sont réfugiés sur les frontières de la Mauritanie et de l’Algérie fuyant le massacre des militaires maliens noirs sub-sahariens… Des accords et des pactes ont été conclus dans le passé par la médiation de l’Algérie entre les Touaregs et l’Etat du Mali mais ces accords n’ont pas été respectés par l’Etat du Mali qui préfère exterminer les Touaregs…
Dans l’ensemble, le noir sub-saharien de l’Afrique extermine le Touareg qu’il considère comme un Arabe, d’autant plus que les noirs sub-sahariens n’aiment pas les Arabes et ne veulent pas entendre parler d’Arabe mais plutôt des africains non arabes… C’est l’acculturation du Touareg et de l’Arabe par l’africanisme sub-saharien des noirs racistes."

"Le groupe ANSAR DINE dirigé par Iyad Ag GHALI et Omar HAMAHA a été monté en toutes pièces par les autorités de l’Etat du Mali pour s’opposer à l’indépendance du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) en prétextant vouloir l’établissement d’une république malienne islamique et non vouloir l’indépendance de l’Azawad des Touaregs. Le dirigeant du groupe islamiste ANSAR DINE Iyad Ag GHALI qui occupe la ville de Tombouctou, y  hissant le drapeau salafiste s’oppose à  l’indépendance des Touaregs du  MNLA dans le territoire proclamé Azawad mais proclame l’établissement de la Charia dans l’Etat du Mali. Cette opposition d’Ansar Dine à l’indépendance proclamée du MNLA dans le territoire de l’Azawad arrange l’Etat du Mali qui est un Etat majoritairement noir sub-saharien. D’ailleurs les dirigeants d’ANSAR DINE sont des anciens alliés de l’Etat du Mali ainsi que des membres de l’AQMI. De même, l’AQMI qui est une organisation islamique terroriste s’est établie dans le nord du Mali sur le territoire des Touaregs depuis environ cinq années et a reçu la complicité de l’Etat du Mali qui s’est abstenu de lui livrer la guerre tout en lui facilitant cet établissement…. "

source ici. Pour l'accusation de racisme, je pense qu'elle est à nuancer franchement, mais c'est une opinion, tout comme l'analyse de manipulation du gouvernement malien par rapport à Ansar-Din, mais c'est à prendre en compte dans une réflexion, je pense, afin de peser le pour et le contre.

Ici, on vous donne le chiffre des réfugiés Touaregs en Afrique, ayant fui le conflit :

"Ce conflit a poussé plusieurs centaines de milliers de Touaregs et Maures à fuir les massacres et se réfugier dans les pays voisins. C'est ainsi qu'on a dénombré jusqu'à 100 000 réfugiés en Mauritanie, plus de 100 000 en Algérie et environ 50 000 au Burkina-Faso. A ces chiffres, il faut ajouter des dizaines de milliers d'autres qui n'ont jamais pu se faire enregistrer parce que ne répondant par aux critères restrictifs du HCR (Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés).

Ces réfugiés se heurtent dans certains pays d'accueil au refus des autorités à leur reconnaître le statut de réfugiés, ce qui leur donnerait une protection juridique et un certain nombre de droits liés à cette reconnaissance. Ces populations sont donc pudiquement appelées "populations déplacées" expression utilisée généralement pour désigner des populations déplacées dans leur propres pays."


Il est bien trop facile, alors d'amalgamer les Touaregs qui ont pris les armes afin de se défendre contre les massacres,  les déportations, les privations de biens et de droits , à des terroristes que l'on doit chasser.

Le MNLA n'a rien à voir avec Ansar-Dine ni les groupes intégristes wahhabites venant de Libye, armés par l'OTAN, qui ont aidé à chasser Khadafi, et qui maintenant se promènent sur tout le Sahel, portant effectivement le germe d'une déstabilisation de toute la région : Niger, Nigéria, Sénégal,  Soudan, Somalie etc...
 


 le MNLA:

Tellement "terroriste" qu'il a demandé au gouvernement Malien qui l'opprime depuis des années de respecter le territoire du Nord, afin de ne pas faire de victimes civiles innocentes, et à même proposé son appui contre les intégristes, en expliquant que ses membres ont toujours respecté leurs engagements:

Communiqué de presse numéro 46:


Le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) attire l'attention de la communauté internationale que l'intervention armée étrangère contre les groupes terroristes ne doit pas permettre à l'armée malienne de franchir la ligne de démarcation entre l'Azawad et le Mali avant le règlement politique du conflit qui nous oppose. C'est dans ce cadre que le MNLA s'impliquera pour le succès des opérations de lutte contre le terrorisme et cela minimisera les risques des victimes civiles innocentes. Nous demandons à ce que la population civile de l'Azawad ne soit victime de l'intervention armée et qu'il n'y ait pas d'amalgame entre elle et les terroristes.

Nous rappelons que le MNLA a toujours respecté ses engagements notamment la cessation des hostilités entre le MNLA et l'armée malienne et reste disponible aux négociations.

 sources ici
Vous savez ce qui me fait le plus suer? C'est que c'est moi, petite blogueuse, qui soit obligée de diffuser en France ce genre d'infos, suite à des recherches et à une certaine connaissance du Monde réel . Oh, sans doute, grâce à cela, des journalistes un peu plus futés iront vous dire dans les médias, à grande audience,  la même chose que ce qui a déjà été expliqué ici ...
 

vendredi 30 novembre 2012

Merci, François Hollande

Ce soir, vous avez honoré votre promesse concernant la Reconnaissance de la Palestine et vous avez à nouveau introduit la France dans le concert des Nations.

Des millions de Palestiniens se trouvent reconnus enfin dans la législation internationale.

Mais n'oubliez pas, Monsieur le Président , que de terrorisme, il n'y en a pas que d'un côté, ne vous trompez pas, je vous en conjure. Je sais que vous devez, on ne sait pas trop pourquoi, faire bonne figure en adoptant le langage occidental du soutien à la sécurité d'Israël, alors que force est de constater que chaque roquette du Hamas ou d'un autre groupe répond toujours à une incursion israélienne.

Peut-on toujours répondre à la violence par la violence ?
La question se pose aux deux camps, aux deux états, de la me manière, il me semble...

Puisse un jour se trouver un interlocuteur qui désire réellement la Paix en Israël...Je le souhaite de tout coeur. En attendant, vous allez avoir une rue qui portera votre nom, derrière De Gaulle, Chirac, Mitterrand, en Palestine.

Vous avez aidé au renouveau d'un Etat millénaire, dont même les anciens Egyptiens parlaient et pour cela, merci, Monsieur le Président, je suis un peu plus fière d'être française!

Contributeurs

Citoyen Reporter

Palestine Libre Nouvelles

Rappel de la loi

Pour rappel : la provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une race ou une religion déterminée, est passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amendes (article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse).

La balise magique des liens en commentaires


Un bon truc afin de mettre des liens cliquables dans les commentaires: Vous mettez votre "lien" là où c'est indiqué et vous ajouté le texte qui l'illustre à la place de MOTS
http://www.commentcamarche.net/contents/496-les-liens-hypertextes

Pour me laisser un message par mail

About Me

Sites de référence

Compteur visites depuis le1/5/2012, mis en place le 10/6/2012

Compteur Global

scoop it

Nombre total de pages vues

Notre Devise Originelle

Notre Devise Originelle
A méditer